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France-Griveaux et Mahjoubi hors du gouvernement pour mener bataille à Paris
Reuters27/03/2019 à 20:48

    * Griveaux, Mahjoubi et Loiseau quittent le gouvernement
    * Les deux premiers briguent la mairie de Paris
    * Compétition ardue pour obtenir l'investiture de LaRem 

    PARIS, 26 mars (Reuters) - En sortant mercredi du
gouvernement, Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi font le choix
de s'investir dans la campagne interne en vue d'obtenir
l'investiture de La République en marche pour les élections
municipales de 2020 à Paris, qui s'annonce disputée. 
    Le porte-parole du gouvernement, "marcheur" historique de 41
ans, et le secrétaire d'Etat chargé du Numérique, 35 ans, ont
profité du remaniement provoqué par l'entrée en lice de la
ministre des Affaires européennes, Nathalie Loiseau, comme tête
de liste pour les élections européennes, pour reprendre leur
liberté et mieux mener bataille pour l'hôtel de ville de la
capitale, que la majorité rêve de ravir à la socialiste Anne
Hidalgo. 
    Le triple départ a été officialisé par l'Elysée dans un
communiqué publié peu avant 20h00. Les remplaçants pourraient ne
pas être connus avant la fin de la semaine et le retour en
France du Premier ministre Edouard Philippe, en visite au Qatar,
ont laissé entendre des sources gouvernementales. 
    Dès l'annonce du remaniement, Benjamin Griveaux a posté un
message de reconnaissance sur les réseaux sociaux. 
    "Ces 21 mois passés au gouvernement ont été une formidable
aventure humaine au service des Français, parfois éprouvante,
mais toujours passionnante", a écrit celui qui n'est pas encore
officiellement candidat à l'investiture de son parti pour les
municipales, ce qui devrait être fait sous peu selon son
entourage. 
    Un pas déjà franchi par Mounir Mahjoubi et un autre candidat
sérieux, le député mathématicien Cédric Villani.  
    Après avoir fait figure de favori pendant des mois sans
dévoiler autre chose que son intérêt pour la ville où il vit
depuis 25 ans et où il a été élu député en 2017,
Benjamin Griveaux a vu récemment les choses se compliquer pour
lui, à plus d'un an de l'échéance pourtant.   
    
    FAIBLE AVANCE SUR LES AUTRES CANDIDATS LAREM
    "Il a une campagne interne à mener", confiait dimanche à
Reuters un proche, soulignant l'importance de ne pas se laisser
distancer au moment de la publication dans le Journal du
dimanche d'un sondage Ifop confirmant que rien n'est joué entre
les prétendants de la majorité tous placés derrière, mais non
loin, de la socialiste Anne Hidalgo en terme d'intentions de
vote. 
    La liste de La République en marche obtiendrait ainsi 22%
des voix si elle était menée par Benjamin Griveaux et 20% en cas
de candidature de Cédric Villani ou de Mounir Mahjoubi.
    Deux candidats au CV fourni - prestigieuse médaille Fields
pour l'un, longue expérience syndicale pour l'autre - bien
décidés à défendre leurs chances, comme ils l'ont fait savoir
lors d'une réunion organisée la semaine dernière autour du
délégué général de LaRem Stanislas Guérini.
    Ce dernier leur a confirmé qu'une commission d'investiture
serait mise en place pour désigner le poulain tout en écartant
l'idée, un temps envisagée, d'une primaire dans un parti
présidentiel dont une partie des militants réclame d'être
directement consultée. 
    Désormais libéré de ses obligations gouvernementales,
Benjamin Griveaux va pouvoir aligner des arguments et travailler
sur son image, durcie par le rôle de "bouclier" conféré par le
porte-parolat dans une équipe où il comptait des soutiens, comme
la secrétaire d'Etat Marlène Schiappa, et des collègues plus
critiques, à commencer par Mounir Mahjoubi, au profil plus
marqué à gauche que lui. 
    Les appétits s'aiguisent dans la capitale, où Anne Hidalgo
multiplie les interventions pour défendre son bilan critiqué sur
de nombreux thèmes, de la saleté au logement en passant par la
circulation. 
    A droite, l'ancienne ministre Rachida Dati s'est dite
intéressée, se plaçant de fait en concurrence avec la maire LR
du Ve arrondissement, Florence Berthout.  
    Parallèlement aux partis traditionnels, deux francs-tireurs
tentent leur chance en solo : le député centriste Pierre-Yves
Bournazel et l'ancien conseiller de François Hollande Gaspard
Gantzer, qui a créé son mouvement "Parisiennes, Parisiens" à
l'automne dernier. 
    Crédités d'environ 4% des voix dans le sondage JDD, tous
deux espèrent profiter des bouleversements de l'échiquier
politique pour percer le moment venu et créer la surprise. Comme
le fit, il y a trois ans, un certain Emmanuel Macron. 

 (Elizabeth Pineau, édité par Caroline Pailliez)
 

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