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France-Durdur, réfugié irakien, cobaye des nouvelles formations
Reuters11/07/2018 à 13:40

    * Former un million de jeunes éloignés de l'emploi 
    * Et un million de chômeurs peu qualifiés 
    * La France, pays du chômage élevé pour les jeunes dans
l'OCDE
    * Le gouvernement veut révolutionner la formation
    * Les partenaires sociaux pas convaincus
    * 

    par Caroline Pailliez
    MONTREUIL, Seine-Saint-Denis, 11 juillet (Reuters) - Penché
sur son écran d'ordinateur, Julian Durdur se concentre sur le
prochain code qu'il va devoir écrire. Son formateur lui a
demandé de créer un programme pour prédire la météo du
lendemain. A lui de trouver le moyen de réussir. 
    "Ici, on nous apprend à apprendre", explique ce réfugié
originaire d'Irak de confession chrétienne dans un français un
peu hésitant. "On nous a expliqué comment bien chercher sur
internet, comment trouver les réponses par nous-mêmes." 
    Julian Durdur, 23 ans, arrivé avec sa famille sur le sol
français il y a un an et demi pour échapper aux persécutions,
suit depuis le mois de janvier une formation à l'école Simplon,
spécialisée dans les métiers du numérique pour des publics
éloignés de l'emploi (59% des élèves y ont un niveau bac ou
inférieur au bac et 80% sont des demandeurs d'emplois).
    L'école Simplon fait partie des organismes de formation que
le gouvernement souhaite subventionner dans le but de former un
million de jeunes éloignés de l'emploi et un million de chômeurs
peu qualifiés d'ici la fin du quinquennat dans le cadre du plan
d'investissement dans les compétences (PIC).
    Le cursus de huit mois intensifs que suit Julian Durdur lui
permettra de devenir développeur web. Il poursuivra ensuite en
alternance avec un contrat de professionnalisation de 13 mois.
    "C'était mon but de venir en France, avoir une vie sans
guerre, aller à l'école pour apprendre de nouvelles choses, une
nouvelle culture, avoir un travail", dit-il, une motivation
forte partagée par les réfugiés qui bénéficient du programme de
formation Hope lancé par les autorités.  
    Son projet, c'est de créer une application portable qui lui
permettrait d'apprendre sa "langue maternelle", l'araméen, "la
langue de Jésus". "Il n'y a pas beaucoup de monde qui le parle."
    La France connaît l'un des taux de chômage des jeunes les
plus élevés des pays de l'OCDE. Il était de 22,3% en 2017,
contre 16,9% en moyenne dans l'Union européenne. 
    La part des jeunes et des adultes ayant un faible niveau de
compétences élémentaires y est plus élevée que dans la plupart
des autres pays de l'OCDE. Les possibilités de formation
offertes aux adultes sont aussi plus limitées, en particulier
pour les personnes ayant de faibles compétences, selon l'OCDE. 
    
    INQUIÉTUDES 
    Le gouvernement a annoncé en septembre la mise en place d'un
"plan d'investissement dans les compétences" de 15 milliards
d'euros sur cinq ans, en plus d'entreprendre une grande réforme
de l'apprentissage et de la formation professionnelle, dont
l'examen par les sénateurs a commencé mardi. 
    Sur cette enveloppe, 13,8 milliards iront à l'accompagnement
de jeunes décrocheurs et aux demandeurs d'emplois. Le reste vise
à rénover le premier cycle universitaire et favoriser
l'innovation pédagogique au sein de l'Éducation nationale.
    Des appels à projet ont été lancés. Le ministère du Travail
a déjà signé des conventions d'amorçage avec les régions pour
148.700 entrées en formation en 2018, soit un montant de 670
millions d'euros. Il a aussi annoncé des programmes spécifiques
dans les métiers du numérique ou à finalité environnementale. 
    Simplon a été retenu pour une dizaine de nouvelles
formations dans le numérique. 
    Mais si le plan d'investissement dans les compétences est
présenté par l'exécutif comme ambitieux, les partenaires sociaux
sont plus sceptiques quant à ses réelles retombées. 
    "On est un peu inquiets", a déclaré à Reuters Florence
Poivey, jusqu'à tout récemment présidente de la commission
éducation, formation et insertion du Medef. "Ça fait un an que
le projet est dans les tuyaux sans qu'on en ait encore les
grandes lignes directrices". 
    Elle dit voir un "saupoudrage" de formations, mais "rien de
révolutionnaire, rien de disruptif". 
    La CFDT aussi s'interroge. "Il y a une dynamique dans ce
plan-là qui n'est pas à la hauteur des ambitions", a déclaré à
Reuters Yvan Ricordeau, secrétaire nationale du syndicat,
spécialiste de la formation. 
    
    BESOIN D'ACCOMPAGNEMENT
    Ils craignent que l'on ne reproduise à grande échelle le
plan "500.000" de François Hollande, qui visait à porter à un
million les entrées en stages de formation sur l'année 2016 et
dont les résultats ont été très mitigés. 
    Seulement la moitié des personnes qui en ont bénéficié ont
trouvé un travail dans les six mois et 27,6% ont eux accès à un
emplois durable, d'après le rapport d'évaluation de Pôle emploi
publié en décembre 2017.  
    "Pour les plus éloignés de l'emploi, la formation n'est pas
toujours la solution première. Il faut avant tout les stabiliser
dans un contexte socio-économique, sinon la formation ne sert à
rien", explique Hélène Garner, directrice du département
Travail, emploi, compétences de France Stratégie. 
    Or, rien dans le PIC ne laisse pour l'instant de place à
"cette dimension d'accompagnement globale", dit-elle.
    L'autre raison de la faible réussite des politiques
publiques de ce genre est que les formations ne sont pas
toujours adaptées aux besoins des employeurs, dit Hélène Garner.
    Pour l'école Simplon, qui connaît un taux d'insertion dans
l'emploi de 79% six mois après la formation, l'accompagnement
fait partie du cursus d'apprentissage, que ce soit pour la
recherche d'emploi, une mise en relation avec des entreprises ou
un suivi administratif et pédagogique avec les formateurs. 
    Mais elle fait figure d'exception. "Certains organismes de
formations sont moins efficaces, il y a une nécessité de mieux
contrôler", dit Raphaël Roig, chargé de développement
territorial en Île-de-France de l'école. 
    Sa réussite provient aussi de sa capacité à sélectionner les
bons candidats. Julian Durdur a dû, par exemple, passer quatre
entretiens avant d'être sélectionné. L'école organise également
des mises en situation avec des candidats pour voir "comment ils
réagissent dans un cadre collectif". 
    "On demande aux entreprises de s'engager le plus tôt
possible sur des promesses d'embauche. (...) On va donc tout
miser sur la capacité à identifier une vocation, des habiletés,
des appétences", dit Raphaël Roig. 
    Pour Florence Poivey, la France a "tout un travail à faire"
pour bien cerner le profil des personnes concernées - connaître
"leur histoire", "leurs appétences", "leurs réussites" - et leur
proposer les formations les plus appropriées en fonction des
besoins des territoires. Certains grands groupes procèdent à ce
genre de profilage et obtiennent de très bon résultats,
ajoute-t-elle. 
    "On est à un moment charnière", estime Yvan Ricordeau. Pour
l'instant, les conventions d'amorçage signées avec les régions
reproduisent "grosso modo" ce qui se fait déjà dans les conseils
régionaux et les autres dispositifs annoncés "sont un peu sur
les procédés existants".
    Pour le syndicaliste, "reproduire l'existant, ce n'est pas
un problème, maintenant c'est de voir comment il y aura une
vraie montée en qualité." 

 (Edité par Yves Clarisse)
 

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