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France-Castaner refuse de retirer les lanceurs de balles de défense
Reuters18/01/2019 à 11:31

    PARIS, 18 janvier (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur a
annoncé vendredi, veille d'un dixième samedi de mobilisation des
"Gilets jaunes", que les policiers continueraient à utiliser des
"lanceurs de balles de défense" (LBD), armes intermédiaires
contestées en raison des blessures qu'elles infligent.
    "Quand il y a un blessé, où qu'il soit, que ce soit un
manifestant, même s'il est violent dans son comportement, ou un
policier ou un journaliste, c'est quelque chose d'extrêmement
grave", a dit Christophe Castaner à Europe 1.
    "Mais vous avez assisté comme moi à cette violence dans
chacune des manifestations, avec des attaques systématiques
contre les institutions, contre les forces de l'ordre", a-t-il
ajouté. "Alors les policiers ont des moyens de défense (...) et
le LBD est seulement un moyen de défense qui est organisé, qui
fait l'objet d'un agrément pour celui qui l'utilise."
    Le collectif "Désarmons-les" a fait état sur son site
internet d'une explosion du nombre de personnes blessées par des
tirs de LBD à l'occasion du mouvement des "Gilets jaunes".
    "En un mois, 15 personnes ont été éborgnées et quatre ont eu
la main arrachée, tandis que plusieurs centaines d'autres
présentent des blessures diverses", écrit ce collectif qui dit
lutter "contre les violences de l'Etat".
    Libération évalue pour sa part à plus d'une soixantaine le
nombre de blessés graves depuis le début du mouvement du fait de
tirs de LDB 40, dont 13 auraient perdu un oeil.
    La Défenseur des droits, Jacques Toubon, a demandé jeudi au
gouvernement de suspendre l'usage des Flash-Balls et autres
"balles de défense" par les forces de l'ordre.  
    Mais pour Christophe Castaner, supprimer les armes
intermédiaires comme les LBD de l'arsenal des forces de l'ordre
ne laisserait plus à celles-ci que le recours au contact
physique, voire dans des cas extrêmes à leurs armes de poing.
    Il y aurait alors "certainement beaucoup plus de blessés", a
fait valoir le ministre de l'Intérieur.
    "Nous avons besoin de pouvoir utiliser des lacrymogènes, des
outils comme les LBD (...) L'objectif est de continuer à
protéger l'ordre public", a-t-il ajouté, tout en admettant qu'il
pouvait y avoir aussi un mauvais usage de ces armes de défense.
    "Dans ce cas-là, nous faisons des enquêtes", a-t-il assuré
en faisant état de 81 saisies judiciaires de l'IGPN (la police
des polices) depuis le début du mouvement.
    Il a par ailleurs dit que le ministère de l'Intérieur
mettrait de nouveau "beaucoup de forces de l'ordre dans la rue"
samedi pour faire face à d'éventuels débordements.
    Samedi dernier, quelque 80.000 policiers et gendarmes
avaient été mobilisés dans toute la France, presqu'autant que de
manifestants, selon le décompte du ministère, dont 5.000 à Paris
où une partie des "Gilets jaunes" ont prévu de défiler samedi
sur une boucle de 14 km, des Invalides aux Invalides.
    Un parcours situé à proximité du quartier des ministères et
de l'Assemblée nationale, sur la rive gauche de la Seine.  

 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)
 

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