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France-Buzyn espère des débats "sereins" sur la bioéthique
information fournie par Reuters23/06/2019 à 00:01

    PARIS, 23 juin (Reuters) - Permettre à un enfant d'avoir
accès à ses origines : tel est l'un des objectifs du projet de
loi de bioéthique, comprenant l'ouverture à toutes les femmes de
la procréation médicalement assistée (PMA), défendu par la
ministre de la Santé. 
    Dans un entretien au Journal du dimanche, Agnès Buzyn espère
un débat "serein" sur ces questions sensibles, qui font déjà
débat jusqu'au sein de la majorité, lors de l'examen du texte
prévu fin septembre au Parlement. 
    "Nous ne souhaitons heurter personne. Je fais confiance aux
parlementaires pour que les débats soient sereins et qu'ils nous
aident à enrichir le texte", dit-elle.
    Alors que le projet de loi est actuellement examiné par le
Conseil d'Etat, Agnès Buzyn pose la question de l'établissement
d'une filiation, dans le cas d'une PMA, ayant "la même portée et
les mêmes effets que la filiation biologique ou adoptive sans
bouleverser le droit de la filiation actuel", et qui "reposerait
sur une ­reconnaissance de filiation avant la naissance du
bébé." 
    Agnès Buzyn se dit "favorable à l'idée de lever le voile sur
l'origine de la filiation pour tous", sans créer de cas
particulier pour les couples homosexuels. 
    Pour ce qui est des dons de sperme et d'ovocyte, Agnès Buzyn
explique que "l'anonymat au moment du don sera préservé, mais il
s'agit ensuite de permettre à l'enfant d'avoir accès à son
histoire et à l'identité de son donneur quand il aura atteint
ses 18  ans." 
     "Ça peut être un accès à des informations non identifiantes
sur le donneur voire connaître son identité si le donneur y a
consenti soit au moment du don, soit au moment où l'adulte en
fait la demande", explique-t-elle.
    Elle dit ne pas redouter une chute des dons en sachant que
"dans les pays qui ont généralisé cet accès aux origines, les
dons ont diminué avant de remonter parce que ce ne sont pas les
mêmes personnes qui donnent." 
    "Les jeunes qui demanderont à connaître l'identité de leur
donneur ne prendront pas ce dernier pour un parent. Être parent,
ce n'est pas des gamètes mais de l'amour", ajoute Agnès Buzyn.
    La ministre confirme que la PMA pour les couples de femmes
ou les femmes seules sera remboursée par la Sécurité sociale
jusqu'à l'âge de 43 ans, comme pour les couples hétérosexuels. 
    Le gouvernement entend par ailleurs autoriser la congélation
des ovocytes, comme cela se fait en Espagne ou en Belgique.
    "Nous allons le faire, de façon très encadrée pour éviter
une baisse de la natalité due notamment à l'allongement des
études. La conservation des ovocytes pourrait être ouverte à
partir de 30 ou 32 ans", explique Agnès Buzyn. 
    Le projet de loi soumis au Conseil d'État ne comprend pas de
disposition permettant une PMA post-mortem. "Ça mérite débat,
car le projet parental d'une femme célibataire ne peut pas se
comparer au projet d'un couple frappé par le deuil", dit la
ministre.
    Le projet de loi de bioéthique doit être présenté en juillet
en conseil des ministres. 
    Pour prévenir les crispations dans la majorité, le président
du groupe LaRem à l'Assemblée, Gilles Le Gendre, vient
d'annoncer le lancement d'un groupe de travail animé par les
députés Thomas Mesnier, Jean-François Mbaye et Monique Limon. 
    "J'ai une ambition : que non seulement le groupe mais aussi
l'Assemblée nationale soient extrêmement fiers du débat instauré
en son sein", a-t-il déclaré mardi lors d'une conférence de
presse au Palais-Bourbon.

 (Elizabeth Pineau, édité par Jean Terzian)
 

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