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FRANCE 2017-Macron assume la mise à l'écart de RT et Sputnik
Reuters27/04/2017 à 18:15

    * L'équipe de Macron évoque des "informations mensongères" 
    * Moscou dénonce une décision "scandaleuse" 
    * En Marche! visé par une série de cyberattaques 
 
    par Michel Rose et Marine Pennetier 
    PARIS, 27 avril (Reuters) - L'équipe du candidat à 
l'élection présidentielle française Emmanuel Macron a assumé 
jeudi la mise à l'écart de la campagne  des médias russes 
Sputnik et RT France qui, selon En Marche!, agissent comme des 
"agences de propagande d'Etat" en faisant circuler de "façon 
méthodique" des "informations mensongères". 
    Les deux organes de presse, financés par l'Etat russe, ont 
indiqué avoir été refoulés du QG de campagne d'Emmanuel Macron 
où ils souhaitaient se rendre dimanche pour couvrir les 
résultats du premier tour de la présidentielle.  
    Cette décision a suscité l'ire de Moscou qui, par la voix de 
la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a dénoncé 
jeudi une violation "scandaleuse" de la liberté de la presse.  
    "Il s'agit d'une discrimination ciblée et éhontée des médias 
russes de la part du candidat à la présidentielle d'un pays qui 
a toujours été vigilant en matière de liberté d'expression", a 
dit Maria Zakharova lors d'un point presse.      
    Elle a appelé les autorités françaises à prendre des mesures 
pour éviter que des violations similaires se reproduisent lors 
du second tour de la présidentielle le 7 mai.  
    Contacté par Reuters, un porte-parole d'Emmanuel Macron a 
indiqué que le mouvement était "à la disposition" des autorités 
russes pour leur "expliquer pièces à l'appui" leur choix de ne 
pas accréditer Sputnik et RT France. 
    "Il font partie d'un dispositif destiné à nous atteindre", 
a-t-il dit. "S'il faut clarifier les choses avec eux on le fera, 
mais en l'état nous ne considérons pas RT France ni Sptunik, 
cette entité bicéphale, comme un organe de presse ni comme un 
média, mais réellement comme une agence de propagande d'Etat."   
  
    "C'est un phénomène assez singulier", a-t-il ajouté. "C'est 
vraiment la volonté délibérée - pas seulement l'agressivité 
parce que sinon on n'accréditerait pas Valeurs actuelles 
(hebdomadaire conservateur-NDLR) - et systématique de donner de 
fausses nouvelles, de fausses informations." 
    "Que les gens prennent parti ce n'est pas un problème, mais 
par contre qu'ils fassent circuler des informations mensongères 
de façon méthodique et systématique, ça c'est un problème", 
a-t-il dit.  
     
    "DISCUSSION OUVERTE" 
    A la question de savoir s'il craignait que cet incident pèse 
sur les relations entre Moscou et Emmanuel Macron si ce dernier 
était élu, il a répondu : "Si ca doit créer des problèmes avec 
le Kremlin, en cas d'élection du candidat, ce sera l'objet d'une 
discussion ouverte". 
    "Pour l'instant, on n'a pas eu le sentiment pendant la 
campagne que les autorités russes souhaitaient rentrer dans le 
débat que nous avons avec ses agents, a-t-il ajouté.  
   Ce n'est pas la première fois que l'équipe de Macron accuse 
les deux organes de presse de propager de fausses informations. 
    En février, le secrétaire général d'En Marche ! Richard 
Ferrand avait demandé aux "plus hautes autorités de l'Etat" de 
"garantir qu'il n'y aura it  pas d'ingérence d'une puissance 
étrangère dans notre vie démocratique". 
    "Aujourd'hui il faut regarder les faits : deux grands 
médias, Russia Today et Sputnik, qui appartiennent à l'Etat 
russe, font leur quotidien de la diffusion, de la propagation, 
de fausses nouvelles. Ensuite ces nouvelles sont reprises, sont 
citées et viennent peser sur notre vie démocratique", avait-il 
déploré. 
    Des accusations rejetées "catégoriquement" à l'époque par RT 
et Sputnik qui s'étaient dit consternés par des attaques "sans 
fondement" et des "accusations sans preuves".     
     
    LE KREMLIN RÉFUTE TOUTE PRÉFÉRENCE 
    La Russie a été accusée l'an dernier d'être derrière les 
piratages informatiques qui ont visé le Parti démocrate 
américain et sa candidate Hillary Clinton, battue par le 
républicain Donald Trump dans la course à la Maison blanche. 
    Berlin a également exprimé sa crainte d'être la cible de 
tentatives de "déstabilisation" de Moscou avant les élections 
législatives de septembre.  
    La Russie est soupçonnée d'être derrière la série de 
cyberattaques qui ont visé ces derniers mois le mouvement En 
Marche !.  
    Selon un rapport de l'entreprise de cybersécurité Trend 
Micro présenté mardi, le mouvement du candidat centriste a été 
en mars la cible de cyberattaques qui pourraient avoir été 
menées par un groupe de hackers russes.    
    Le Kremlin, où la candidate du Front national a été reçue en 
mars par Vladimir Poutine, a réfuté lundi toute préférence pour 
Marine Le Pen, qui prône un rapprochement avec la Russie et qui 
affrontera Emmanuel Macron le 7 mai prochain.  
 
 (avec Andrew Osborn à Moscou, édité par Yves Clarisse) 
 

5 commentaires

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  • charleco
    28 avril09:33

    Les atteintes à la liberté commencent qu'il n'est même pas encore élu. Qu'Est-ce que ce sera s'il est élu?

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