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FRANCE 2017-Le FN "seule force de résistance", selon Le Pen
Reuters18/06/2017 à 23:03

    * La présidente du FN élue pour la première fois 
    * Mais son parti ne pourra pas former de groupe 
    * Gilbert Collard s'irrite 
 
 (Actualisé avec autres déclarations, précisions) 
    PARIS, 18 juin (Reuters) - Marine Le Pen, qui fait son 
entrée à l'Assemblée nationale avec une demi-douzaine de députés 
du Front national, a présenté dimanche son parti comme "la seule 
force de résistance à la dilution de la France" face à la 
majorité donnée à Emmanuel Macron. 
    Le résultat ambivalent pour la formation d'extrême droite, 
qui espérait mieux mais craignait le pire, marque la fin d'une 
séquence de déceptions électorales et le début d'un cycle 
périlleux de refondation promise par sa présidente. 
    Elle emmènera avec elle sept autres députés, dont Louis 
Aliot, Sébastien Chenu, Ludovic Pajot, Bruno Bilde ou Gilbert 
Collard (apparenté), réélu dans le Gard, mais pas son conseiller 
et vice-président Florian Philippot, battu en Moselle par un 
candidat de La République en marche. 
    Le FN augmente donc le nombre de ses députés par rapport à 
la législature écoulée - Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert 
Collard étaient alors isolés sur les bancs de l'Assemblée - mais 
ne remplit pas son objectif de départ, qui était d'atteindre le 
seuil de 15 élus requis pour former un groupe. 
    "Nous sommes la seule force de résistance à la dilution de 
la France, de son modèle social et de son identité", a dit 
Marine Le Pen lors d'une déclaration depuis Hénin-Beaumont, au 
coeur de sa circonscription, avant d'esquisser les grandes 
lignes de son mandat dans l'opposition. 
    "Nous combattrons de toute nos forces les projets délétères 
du gouvernement, qui n'est en place que pour appliquer la 
feuille de route que lui a envoyée Bruxelles", a-t-elle déclaré. 
    "Nous contesterons haut et fort la nouvelle loi Travail, qui 
doit saccager la protection des salariés (...) Nous nous 
opposerons sans faillir à la hausse massive de la fiscalité sur 
les revenus des retraites et des salariés", a poursuivi la 
présidente du FN. 
    "Nous combattrons la politique migratoire qui vise à 
accélérer les arrivées de migrants en accord avec l'Allemagne 
d'Angela Merkel", a encore dit Marine Le Pen, pour qui la 
légitimité de l'exécutif est fragile. 
     
    "COUP DANS LA TÊTE" 
    "La véritable opposition sera (...) autour de Marine le 
Pen", lui a fait écho, sur France 2, le directeur de sa campagne 
présidentielle, David Rachline. 
    Dans les faits, les Républicains, la gauche coalisée autour 
du Parti socialiste ou La France insoumise seront représentés 
par des délégations plus nombreuses dans la prochaine Assemblée. 
    Mais le FN joue sur les divisions à droite et à gauche, où 
certains plaident pour une opposition souple à Emmanuel Macron, 
pour justifier le titre qu'il se donne de première opposition. 
    "Nous ne devons pas crier victoire parce que le FN a quand 
même pris un sacré coup dans la tête", a cependant jugé Gilbert 
Collard devant la presse.  
    "Il va falloir maintenant réfléchir très sérieusement au 
fonctionnement du mouvement et à la manière dont on doit 
s'organiser", a également dit le député au verbe haut, qui 
promet désormais de poser des "questions" à haute voix. 
    "Ce n'est pas concevable que dans une région comme le Gard 
(...), j'ai eu tant de difficultés (...) alors que j'avais un 
élan extraordinaire qui s'est arrêté en plein vol." 
    S'ouvre désormais le chantier de la "refondation" que Marine 
Le Pen a annoncé au soir du second tour de la présidentielle, 
qui s'est soldé par une première déception (33,9%), avant celle 
du premier tour des législatives (13,20%), la semaine dernière. 
    Un bureau politique doit se réunir dans les jours qui 
viennent, première étape vers un congrès lors duquel doivent 
être tranchés tous les sujets de controverse, du programme 
économique à l'organigramme. 
    Entre les deux principaux courants, celui incarné par 
Florian Philippot, attaché à la sortie de l'euro et à un 
souverainisme farouche, et celui des opposants au 
vice-président, le clivage s'est accentué ces dernières 
semaines, au point de s'exposer en public.   
 
 (Simon Carraud avec Ingrid Melander, édité par Yves Clarisse) 
 

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