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FRANCE 2017-La droite édulcore le projet Fillon pour les législatives

Reuters09/05/2017 à 20:36
    * LR et UDI espèrent en une majorité absolue 
    * Les stratèges électoraux plus pessimistes 
    * Le projet de Fillon vidé de sa substance 
    * La tentation Macron ébranle Les Républicains 
 
 (Actualisé avec fin du bureau politique de LR) 
    PARIS, 9 mai (Reuters) - A un mois du premier tour des 
élections législatives, les  Républicains et leurs alliés 
centristes de l'UDI lancent  mercredi "la mère des batailles" 
sur un projet conçu comme un contrepoids au programme d'Emmanuel 
Macron, un "contrat d'alternance" qui édulcore les propositions 
de François Fillon. 
    François Baroin, qui mènera la campagne, vise officiellement 
la majorité absolue en juin (289 sièges), en caressant l'espoir 
d'une cohabitation. Un "troisième tour" de sursaut pour une 
famille politique encore sonnée par la défaite du premier tour 
et tentée dans ses rangs par l'ouverture nouvelle manière qui se 
dessine avec l'élection d'Emmanuel Macron. 
    En privé, des sources au sein de LR évoquent un scénario 
plus pessimiste - quelque 150 sièges - sans compter les 
débauchages que le nouveau président pourrait susciter en vue de 
la formation de son gouvernement la semaine prochaine. 
    "Il peut y avoir cette tentation mais elle est relativement 
marginale", a dit François Baroin mardi sur Europe 1. 
    "Il y a des trajectoires personnelles, mais ça aurait pu 
être bien pire, l'unité du parti, elle est là", renchérit Eric 
Woerth, dans une allusion aux offres de service de Bruno Le 
Maire ou des rumeurs sur l'entrée de "juppéistes", notamment 
Edouard Philippe, dans le futur gouvernement. 
    Les explications, qui ne manqueront pas d'advenir dans un 
parti plus que jamais tiraillé entre les tenants d'une ligne  
"sarkozyste" et un centre-droit "juppéiste", sont théoriquement 
renvoyées à l'après-législatives, mais les "pro-ouverture" 
n'entendent pas éteindre le débat. 
    "J'ai dit que je n'étais pas partisan au stade actuel de 
laisser entendre que, quoi qu'il arrive, nous étions décidés à 
nous engager dans une opposition brutale", a martelé Alain Juppé 
lors d'une conférence de presse à Bordeaux, ajoutant que 
l'exclusion à laquelle s'exposeraient les dissidents "est 
toujours un aveu de faiblesse".   
    Le sujet était sur la table du bureau politique de LR qui 
s'est réuni mardi après-midi afin d'adopter le "contrat 
d'alternance" pour le scrutin de juin.     
    Après avoir été discuté et amendé par les différents 
courants, le projet législatif a été adopté à l'unanimité et 
sera présenté mercredi au siège du parti, a fait savoir un 
participant.  
    Le Bureau national a en outre adopté une déclaration qui 
stipule que "tout membre des Républicains qui rejoindrait un 
autre parti politique se placerait de lui-même en dehors de 
notre famille politique". 
     
    "PROGRAMME RÉALISTE" 
    La nouvelle mouture du projet législatif, qui promet baisses 
d'impôts et hausse du pouvoir d'achat, a tout du règlement de 
comptes avec François Fillon, muet depuis la victoire d'Emmanuel 
Macron, et auquel son camp, au-delà des affaires, reprochait 
l'absence d'inflexions sociales dans son programme. 
    Exit l'augmentation de deux points du taux de TVA, 
l'abrogation sine die de la durée légale du temps de travail, 
les 500.000 fonctionnaires en moins sur cinq ans, l'allègement 
de charges de 25 milliards d'euros pour les entreprises...: la 
radicalité du projet présidentiel est enterrée. 
    Les 100 milliards d'euros d'économies sur cinq ans sont 
toutefois maintenus. 
    "Au fond la synthèse du projet de la primaire n'avait pas 
été faite", a plaidé François Baroin sur Europe 1. 
    Ainsi la défiscalisation des heures supplémentaires dont 
François Fillon ne voulait plus entendre parler après 
l'expérience du mandat de Nicolas Sarkozy est-elle réintroduite, 
ou la baisse de 10% de l'impôt sur le revenu que proposait 
l'ancien président durant la primaire, de même que la modulation 
du temps de travail prônée par Alain Juppé. 
    "Nous souhaitons garder une référence légale et la porter 
progressivement de 35 heures à 39 heures. On ne fera pas ça en 
instantané comme c'était prévu", a expliqué Gilles Carrez, qui 
avait participé à la rédaction du projet de François Fillon, sur 
BFM Business. "Nous souhaitons que les discussions sur le temps 
de travail puissent se dérouler au niveau de l'entreprise" comme 
des branches. 
    L'objectif de réduction du nombre de fonctionnaires - 
500.000 sur cinq ans pour François Fillon - est élargi à un 
horizon de sept à huit ans, dont 300.000 sur la législature. 
    "Ça correspond au non-remplacement d'un départ en retraite 
sur deux, pas seulement dans l'Etat comme on l'a fait entre 2007 
et 2012, mais également dans les collectivités territoriales", a 
précisé Gilles Carrez. "Je préfère un programme réaliste, un 
petit peu plus étalé". 
    En outre, les allègements de charges sur les entreprises ne 
seraient plus de 25 mais "d'une dizaine de milliards" sur cinq 
ans. 
    La réforme des retraites, avec pour mesure-phare le 
relèvement de l'âge légal de départ à 65 ans en 2022, est 
maintenue, mais l'échéancier va être revu. 
 
 (Sophie Louet, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 

1 commentaire

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  • M8637171
    09 mai21:00

    Avec ce nouveau programme, la France va s'enfoncer dans le néo communisme. Tous les espoirs reposent sur la mutation de macron en un vrai schroeder.

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