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FEATURE-Reprenant son souffle sur un "plateau", le Grand Est "ne crie pas victoire"
Reuters10/04/2020 à 13:25

par Tangi Salaün

PARIS, 10 avril (Reuters) - Sur le tarmac de l'aéroport de Luxembourg, le pilote d'un Airbus A330 MRTT de l'armée de l'air française patiente. Au pied de l'appareil médicalisé, cinq ambulances transportant des malades du coronavirus acheminés en ce matin du 6 avril depuis l'hôpital de Metz sont alignées.

Pendant les deux semaines précédentes, les transferts de centaines de malades par avion, hélicoptère et même TGV vers d'autres régions ou dans des pays voisins ont été le seul moyen pour les hôpitaux du Grand Est de faire face au "tsunami", selon le terme employé ce vendredi par le président de la région Jean Rottner, lui-même ancien médecin urgentiste à Mulhouse.

Quelque 200 malades ont été évacués de la seule préfecture du Haut-Rhin, épicentre français de l'épidémie depuis qu'un rassemblement dans une église évangéliste a contaminé des centaines de personnes en février.

Mais ce 6 avril, un mois après l'explosion à Mulhouse de ce que Jean Rottner qualifie de "bombe à fragmentation", le pilote de l'Escadron Esterel reçoit un ordre inattendu: le transfert des patients vers Brno, en République tchèque, est annulé, la région disposant de suffisamment de lits en réanimation pour les accueillir.

Pour les soignants du Grand Est, cette date marque un tournant symbolique dans la lutte contre l'épidémie. Le dernier transfert date de la veille, le 5 avril. Depuis, plus aucun transfert inter-hospitalier ne s'est avéré nécessaire. Ils y voient la récompense d'une résistance acharnée face à une vague qui a failli les submerger à plusieurs reprises.

"Je crois que ce que je retiendrai de cette crise, c'est l'énorme résilience des systèmes de santé", souffle Fabien Trabold, le médecin-chef des pompiers du Haut-Rhin.

"Pendant toute la crise, on a tout fait pour aider l'hôpital à tenir. On a observé l'augmentation des capacités d'accueil des structures médicales, en espérant résister un jour de plus. Chaque jour on croyait faire le maximum et le lendemain on en faisait encore plus", se souvient-il.

Le Grand Est compte désormais 1.219 lits de réanimation (dont 1.012 lits de réanimation Covid), soit presque trois fois plus que ses capacités initiales, selon les données de l'Agence régionale de Santé (ARS). Ce jeudi, 937 malades du COVID-19 y étaient encore soignés, soit 13 de moins que la veille.

Trois jours avant l'opération annulée du 6 avril, l'ARS avait estimé pour la première fois que l'épidémie avait atteint un "plateau" dans le Grand Est, tout en prévenant qu'il faudrait patienter encore une dizaine de jours avant que cela ne se traduise par une baisse significative des hospitalisations en réanimation.

"LE CONFINEMENT EST EFFICACE"

"Ça va mieux, on note un recul de l'activité qui se confirme depuis le début de la semaine. Ça permet au personnel de se reposer un peu, de souffler", confirme Marc Noizet, chef du pôle urgences du SAMU à l'hôpital de Mulhouse.

Mais le médecin décrit un service encore sous tension, avec "douze médecins là où il en faudrait 35" et un personnel épuisé après avoir passé un mois sur le pont.

"On ne crie pas victoire. On reste très prudent sur la sortie de crise", acquiesce le pompier Fabien Trabold.

Avec 1.854 morts au décompte arrêté jeudi, et un bilan redescendu à 82 décès ce jour-là, après un pic à 141 le 3 avril, la région Grand Est ressortira durement meurtrie de cette crise. Le Haut-Rhin en particulier, qui compte le taux de mortalité due au coronavirus le plus élevé du pays (7,4 habitants sur 1.000).

Pour autant, un petit vent d'optimisme commence à souffler sur la région, alors qu'au niveau national, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a lui aussi fait pour la première fois état jeudi soir d'une baisse - modeste - du nombre de personnes en réanimation.

"Avec le recul, on peut dire qu'on a franchi le pic le 28 mars", estime Laurent Tritsch, médecin-chef des pompiers du Bas-Rhin, depuis son bureau du Service département d'incendie et de secours à Strasbourg.

"Il y a eu une inversion très nette de la pente depuis cette date, avec un déclin continu de la prise en charge de patients graves et une amélioration de la disponibilité des lits en réanimation", témoigne-t-il.

Les interventions des pompiers, qui avaient bondi de 150% au plus fort de la crise, sont désormais nettement inférieures à la moyenne habituelle, précise Laurent Tritsch.

"On a le sentiment que le virus ne circule plus dans le Bas-Rhin. Le confinement est efficace."

Efficace, mais pas sur le point d'être levé, y compris dans le Grand Est, a prévenu Jean Rottner vendredi sur l'antenne de France Info, en plaidant pour le port du masque par toute la population lorsque le moment sera venu.

"J'ai dit au président Macron qu'il faut que le message soit très clair", a-t-il souligné, alors que le chef de l'Etat doit s'adresser lundi soir aux Français.

L'Elysée a d'ores et déjà prévenu que le confinement serait prolongé au-delà du 15 avril.

(Édité par Henri-Pierre André)

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