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Européennes-Macron souhaite une plateforme "progressiste" fin 2018
Reuters05/09/2018 à 21:07

    * Christophe Castaner (LaRem) en tournée en Europe 
    * Paris défend l'idée de "plusieurs chefs de file"
    * Macron au Luxembourg jeudi, voit Merkel vendredi

    PARIS, 5 septembre (Reuters) - Emmanuel Macron souhaite que
la plateforme "progressiste" qu'il appelle de ses voeux en vue
des élections européennes du 26 mai soit constituée à la fin de
l'année ou au tout début de l'année prochaine, a indiqué
mercredi une source à l'Elysée.
    A neuf mois du vote, qui constituera le premier test
électoral pour le chef de l'Etat depuis son accession au
pouvoir, les partis politiques européens commencent à fourbir
leurs armes avant ce scrutin qui devrait être dominé par la
question migratoire, source de crispations entre Etats membres.
    A Bruxelles, l'eurodéputé conservateur allemand Manfred
Weber a annoncé mercredi qu'il entendait être candidat du Parti
populaire européen (PPE) pour les élections et devenir le
prochain président de la Commission européenne  .  
    En France, le chef de file du parti présidentiel La
République en Marche (LaRem) Christophe Castaner a entamé cet
été une tournée européenne à la recherche d'alliés dans d'autres
pays de l'UE. Mardi, il s'est notamment entretenu à Bruxelles
avec plusieurs eurodéputés, dont président du groupe des
Libéraux et démocrates (Alde) Guy Verhofstadt.
    "L'idée c'est qu'il puisse y avoir une forme de coalition
pour l'élection qui rassemble les progressistes sur une
plateforme commune qui peut aller au-delà des appartenances
politiques bien structurées qu'on connaît", explique une source
à l'Elysée.     
    "On est dans un moment européen grave où il faut savoir se
recomposer parce que le camp nationaliste lui ne va pas hésiter
à se recomposer, il ne faut donc pas rester prisonnier des
étiquettes politiques", ajoute cette source. 
    Partant du principe que la campagne électorale ne débutera
véritablement qu'en début d'année, il faut avoir "une plateforme
commune" "vers décembre-janvier".
    
    OFFRE POLITIQUE    
    Les élections européennes, qui se dérouleront entre le 23 et
le 26 mai dans les 27 Etats membres, se tiennent dans un
contexte compliqué, marqué par la sortie programmée de la
Grande-Bretagne du bloc communautaire fin mars et la montée des
formations nationalistes dans plusieurs pays.
    La tension s'est avivée ces dernières semaines entre les
partisans d'une ligne dure en matière de migrations, défendue
notamment par des responsables italiens et autrichiens, et ceux
d'une ligne "progressiste", revendiquée entre autres par
Emmanuel Macron. 
    "Il s'agit de présenter une offre politique qui montre que
les progressistes savent se rassembler parce que sinon ils vont
se faire balayer, qu'ils savent proposer des solutions qui
répondent à la peur qu'exprime le vote nationaliste, sans
sombrer dans le repli généralisé", note la source à l'Elysée.
    A la question de savoir qui pourrait incarner cette
plateforme, cette source défend l'idée "d'un ou des chefs de
file" qui "porteraient cette plateforme un peu partout en
Europe".
    "Il ne faut pas être obsédé par l'idée qui a été mise sur la
table en 2014 selon laquelle il faille absolument une personne
pour toute l'Europe", dit-elle. "Ce n'est pas tellement la
question des Spitzenkandidaten qui est importante parce ce que
ce n'est pas ça que les électeurs veulent voir en priorité. Ce
qu'ils veulent voir c'est quel est le programme sur cinq ou six
grand thèmes que les gens qui se présentent à eux veulent faire
pour l'Europe et avec qui ils sont capables de le faire, c'est
là-dessus qu'on va travailler". 
    Un an après son discours de la Sorbonne dans lequel il avait
fait une série de propositions pour relancer l'UE, Emmanuel
Macron a poursuivi cet été et à la rentrée son offensive
diplomatique européenne dans un contexte toutefois nettement
moins favorable qu'au moment de son élection. 
    Une semaine après un déplacement en Europe du Nord et à la
veille d'une rencontre avec Angela Merkel à Marseille, il est
attendu jeudi au Luxembourg pour un déjeuner de travail avec
Premier ministre du Grand-Duché Xavier Bettel, le chef du
gouvernement belge Charles Michel et le Premier ministre du
Pays-Bas Mark Rutte, suivi d'une consultation citoyenne. 

 (Marine Pennetier, édité par Nicolas Delame)
 

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