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EUROPÉENNES-Loiseau sur une liste d'extrême droite, l'opposition attaque
Reuters23/04/2019 à 16:45

    * Nathalie Loiseau avait "oublié cet épisode"
    * Il faut "montrer un peu plus d'humilité", dit Bellamy (LR)
    * La députée LaRem Sonia Krimi dit avoir été "choquée"

 (Actualisé avec citations de Nathalie Loiseau §8 et §9)
    PARIS, 23 avril (Reuters) - La tête de liste de La
République en marche aux européennes, Nathalie Loiseau, a été la
cible de l'opposition mardi après des révélations sur son
engagement passé aux côtés de militants d'extrême droite, alors
qu'elle était étudiante.
    L'ancienne ministre des Affaires européennes s'était
présentée en 1984, lorsqu'elle était à Sciences-Po Paris, sous
l'étiquette de l'UED, un syndicat issu du Groupe union défense
(GUD) prônant l'union des droites, a révélé lundi le site
d'information Mediapart.
    Il s'agissait d'élections des délégués étudiants au conseil
de direction et à la commission paritaire de l'établissement. 
    Parmi les sept autres candidats sur cette liste figurait
Christophe Bay, un haut fonctionnaire ayant contribué
officieusement au programme de la candidate du Rassemblement
national (RN) en 2017, précise Mediapart. 
    La candidate aux élections européennes, qui se présente
comme un rempart contre Marine le Pen, chef de file du RN aux
élections de mai prochain, a d'abord nié les faits avant de
répondre qu'elle avait "complètement oublié cet épisode".
    Elle a expliqué au site d'information avoir été "approchée
pour participer à une liste qui voulait accentuer le pluralisme
à Sciences-Po, et qui cherchait des femmes" et ne s'est pas
"plus que cela intéressée à cette liste". 
    "J'aurais sans doute dû regarder de plus près de quoi il
s'agissait", a-t-elle dit à Mediapart. "Si ceux qui étaient sur
la liste avaient un agenda extrémiste, je ne les ai pas
fréquentés, je ne l'ai pas perçu, et si c'est le cas c'est une
erreur. Si j'avais identifié des membres du GUD sur cette liste,
évidemment que je n'aurais pas accepté d'y figurer."
    "C'est une erreur d'il y a 35 ans mais j'ai 35 ans de vie,
d'engagement personnel politique pour porter les valeurs de
liberté, de démocratie, de respect, de tolérance", a-t-elle
ajouté sur Twitter mardi à la mi-journée. 
    "J'entends certains aujourd'hui me prêter une proximité avec
l'extrême droite. C'est révoltant. C'est le contraire de ma vie,
 de mon engagement depuis 35 ans." 
    
    "ERREUR DE JEUNESSE", SELON UNE DÉPUTÉE LAREM
    "Pas surprenant qu'elle ne veuille débattre qu'avec Jordan
Bardella, cela doit lui rappeler sa jeunesse !", a réagi la tête
de liste de La France insoumise (LFI), Manon Aubry, sur Twitter.
    "Je regrette de découvrir que Mme Loiseau a tenté de nier
l'évidence avant d'être mise devant les faits", a réagi sur
Radio Classique la tête de liste des Républicains (LR),
François-Xavier Bellamy. 
   Selon lui, "il faudrait montrer un peu plus d'humilité quand
on a ces expériences passées." 
    "Comment mettre en scène cet espèce de discours moralisateur
qui voudrait opposer d'un côté les discours progressistes,
populistes, quand soi-même on a eu ce type d'engagement dans sa
jeunesse?", a-t-il ajouté. 
    Pour la tête de liste du Parti communiste français (PCF),
Ian Brossat, qui s'est exprimé sur Twitter, "on a le droit de
changer d'avis, mais pour une formation politique qui fait toute
sa com' autour de l'idée qu'elle constitue LE rempart face à
l'extrême-droite, ça fait drôle..."
    La députée LaRem Sonia Krimi a déclaré sur Sud Radio avoir
été "choquée" mais dit avoir compris les explications de Nicolas
Loiseau. 
    "C'était une liste qui rassemblait la droite, peut-être
était-elle comme Raphaël Glucksmann (candidat Place publique)
qui veut rassembler la gauche", a-t-elle ajouté. "Je considère
que c'est une erreur de jeunesse." 
    "Rien de mieux pour nuire à Nathalie Loiseau qu'une erreur
d'aiguillage qui remonte à 35 ans ? Rassurant, non ? Toute sa
vie de fonctionnaire et de politique démontre son aversion pour
les extrémismes", a plaidé sur Twitter le chef de file des
députés LaRem, Gilles Le Gendre. 

 (Caroline Pailliez, édité par Sophie Louet)
 

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