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ENTRETIEN-Les marchés émergents fourmillent d'opportunités-BlackRock
information fournie par Reuters21/05/2019 à 10:35

    * Les actions émergentes souffrent depuis plus de 10 ans
    * Elles ne sont pourtant pas chères, souligne BlackRock
    * Un potentiel haussier malgré des risques bien présents
    * La principale menace vient des marchés développés 

    par Patrick Vignal
    PARIS, 21 mai (Reuters) - Les marchés émergents traînent une
mauvaise réputation depuis plus d'une décennie mais offrent
aujourd'hui une large palette d'opportunités aux investisseurs,
qui devraient considérer cet univers avec un regard neuf,
conseille-t-on chez BlackRock.
    Ces marchés ont culminé en octobre 2007, alors que le marché
américain grimpe depuis plus de 10 ans, avec un record absolu
établi pour le S&P-500 il y a moins d'un mois, fait remarquer
Sam Vecht, gérant fondamental au sein de l'équipe actions
globales émergentes du numéro un mondial de la gestion d'actifs.
    "Il ne faut pas regarder ce qui s'est passé en 2018 ou 2019
mais élargir le champ de vision pour prendre en compte le fait
que depuis une décennie, les marchés émergents sont considérés
comme peu attrayants et décevants", dit-il à Reuters.
    "Il y a un important décalage entre les marchés développés
qui enchaînent les records depuis une décennie et les marchés
émergents qui, en gros, ne sont allés nulle part pendant cette
même période."
    Le peu de goût pour les actifs émergents vient d'une erreur
d'appréciation des investisseurs qui se focalisent à tort sur le
critère de la vitalité économique des différents pays, prolonge
le gérant.
    "La progression du PIB est une bonne mesure pour évaluer la
richesse d'une économie mais pas nécessairement une promesse de
richesse pour les investisseurs", dit-il en relevant l'absence
de corrélation sur le long terme entre croissance du PIB et
performance de marché.
    "La règle d'or sur les marchés émergents est d'acheter des
actions et des devises pas chères plutôt que de la croissance
rapide", dit-il.
    
    DES MARCHÉS "PLUTÔT PAS CHERS"
    En appliquant cette formule, les marchés émergents sont
aujourd'hui intéressants, après avoir fortement baissé fin 2018
et pratiquement effacé ces dernières semaines leurs gains du
début d'année, fait-il valoir.
    "Les marchés sont, dans l'ensemble, plutôt pas chers, comme
les devises, les politiques ne sont pas particulièrement
préoccupantes (...) et la manière dont les entreprises sont
gérées non plus". 
    Les tensions commerciales n'ont rien d'insignifiant mais la
question va traîner en longueur avant qu'une issue se dessine,
qu'elle soit positive ou négative, selon Sam Vecht.
    "L'histoire de l'année dernière, c'était la vigueur du
dollar et la montée des taux américains", dit-il. "L'histoire de
cette année, ce sont les tensions commerciales et dans six mois,
ce sera quelque chose d'autre qui sera considéré comme le
facteur critique."
    Partisan de l'investissement à long terme, le gérant de
BlackRock ne voit pas non plus la croissance chinoise atterrir 
brutalement dans l'immédiat, les autorités chinoises disposant
selon lui des outils appropriés pour maîtriser son
ralentissement.
    "Le marché pense que ce qui se passe en Chine est tantôt
fantastique, tantôt catastrophique mais la réalité est plus
ennuyeuse et se situe quelque part entre les deux", dit-il. 
    Des risques existent dans certains pays, notamment en
Turquie, certains marchés sont chers, comme l'Arabie saoudite ou
encore le Qatar, et la Corée du Sud paraît se diriger vers une
récession, même si ses exportateurs se comportent plutôt bien,
énumère le gérant, pour qui le tableau d'ensemble n'a cependant
rien d'inquiétant.
    
    LE RISQUE VIENT DE L'EXTÉRIEUR
    "Je ne suis pas considéré comme systématiquement haussier
sur les marchés émergents et pendant la majeure partie des 20
dernières années, j'ai dit à mes clients d'éviter certaines
parties des marchés émergents, voire la totalité", dit-il.
    "Mais en réalité, la grande majorité des pays offrent
maintenant de vraies opportunités, ce qui a très rarement été le
cas depuis 10 ans." 
    Le risque majeur pour les marchés émergents ne vient pas
d'eux-mêmes mais plutôt d'un retournement des marchés
développés, clairement entrés en fin de cycle avec des
valorisations parfois tendues, ajoute Sam Vecht.
    "Il est difficile d'imaginer les marchés émergents monter en
cas de forts mouvements vendeurs sur les marchés développés",
dit-il avant de préciser ne pas privilégier un tel scénario.
    "Si les marchés mondiaux restent à la hausse, vous pouvez
acheter les marchés émergents", dit-il.
    Plus robustes que naguère, les actifs émergents pourraient
même résister à une baisse modérée de leurs homologues
développés, estime-t-il. 
    "On a vu l'an dernier, lorsqu'il y a eu une correction assez
sévère sur les marchés mondiaux, certains marchés émergents que
l'on croyait particulièrement vulnérables s'en sortir plutôt
bien", dit-il en notant que les banques grecques montaient en
octobre dernier alors que le S&P baissait fortement, un fait
qu'il qualifie d'anecdotique mais significatif.
    "Ma position sur la situation pour les marchés émergents est
que si les marchés mondiaux demeurent haussiers, et c'est une
condition importante, je pense que nous aurons vraiment une
amélioration significative, particulièrement après la correction
que nous venons d'avoir", résume le gérant de BlackRock.
    

 (édité par Blandine Hénault)
 

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