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ENCADRE-Les ambitions s'aiguisent pour succéder à Angela Merkel

Reuters12/02/2018 à 20:36
    par Andreas Rinke 
    BERLIN, 12 février (Reuters) - Angela Merkel se prépare à 
son dernier mandat de chancelière allemande, a reconnu lundi 
l'un de ses alliés laissant entendre que les manoeuvres 
s'intensifiaient en vue de la succession de la dirigeante la 
plus puissante d'Europe. 
    "Il est clair pour tout le monde que la chancelière va 
entamer son dernier mandat et qu'elle va habilement mettre en 
place, pendant ces quatre années, sa succession", a dit à la 
radio Deutschlandfunk l'un des responsables de son parti, 
l'Union chrétienne-démocrate (CDU), et commissaire européen au 
Budget, Günther Öttinger.   
    Mais aux yeux de certains, cette succession pourrait avoir 
lieu plus tôt que prévu alors que la grogne persiste après 
l'accord de gouvernement avec le SPD et se manifeste au sein 
même du bloc conservateur, où la décision de laisser le 
portefeuille des Finances à un social-démocrate a beaucoup de 
mal à passer. 
    Si Öttinger et Merkel elle-même, âgée de 63 ans, se 
projettent jusqu'en 2022, d'autres souhaitent une passation de 
pouvoir plus rapide. 
    Voici plusieurs groupes et personnalités qui pourraient 
jouer un rôle décisif au cours de cette période:  
     
    * L'AILE ENTREPRENEUR DU BLOC CDU-CSU 
    Les milliers de petites et moyennes entreprises du 
"Mittelstand" ne sont pas seulement l'ossature de l'économie 
allemande, elles constituent aussi la colonne vertébrale de la 
CDU et de son alliée bavaroise l'Union chrétienne-sociale (CSU). 
Des parlementaires représentant les intérêts du "Mittelstand" 
font partie de ceux qui critiquent Merkel de longue date. 
    Christian von Stetten, député CDU âgé de 47 ans qui 
représente les intérêts des entreprises, était un farouche 
opposant des mesures de Merkel pour renflouer la Grèce au moment 
de sa crise financière ou encore pour ouvrir les frontières 
allemandes à plus d'un million de migrants en 2015 au moment de 
la crise migratoire. 
    Carsten Linnemann, à la tête de l'association du 
"Mittelstand" au sein du bloc CDU-CSU, est lui allé jusqu'à 
s'abstenir lors du vote des dirigeants du parti sur l'adoption 
de l'accord de nouvelle "grande coalition". 
    D'autres courants au sein du bloc conservateur, qui 
défendent des différents intérêts - droits des femmes, 
politiques sociales, seniors -, constituent cependant de 
puissants soutiens pour Merkel. 
     
    * LA BRANCHE "JEUNESSE" 
    Jens Spahn, âgé de 37 ans, vice-ministre des Finances 
sortant, est considéré depuis un moment comme l'une des étoiles 
montantes de la CDU. Selon des rumeurs, il prétendrait depuis 
longtemps à la succession de Merkel. 
    "La chancelière devrait avoir le courage de nommer aussi 
comme ministres des personnes critiques à son égard", a affirmé 
au journal Bild am Sonntag l'un des alliés de Spahn, Paul 
Ziemiak.  
    Le dirigeant des jeunes du bloc CDU-CSU a aussi incité 
Merkel à donner des responsabilités à la nouvelle génération de 
la classe politique. 
    Daniel Günther, âgé de 44 ans, ministre-président du 
Schleswig-Holstein qui a signé une victoire surprise aux 
élections régionales de septembre dernier, est plus libéral et 
plus populaire, mais est perçu comme une menace moins importante 
pour la succession. 
     
    * LES VIEUX RIVAUX 
    Friedrich Merz et Wolfgang Bosbach, qui ont rivalisé un 
temps avec Merkel pour la tête de leur parti, disposent de plus 
de libertés que la plupart des critiques de la chancelière, mais 
les deux sexagénaires ne peuvent représenter le renouvellement 
désiré par de nombreuses personnes. Il en va de même pour Roland 
Koch, âgé de 59 ans. Tous les trois sont vus comme beaucoup plus 
conservateurs que Merkel. 
     
    * LES SOCIAUX-DEMOCRATES 
    Malgré sa chute terrible dans les sondages - seulement 16,5% 
d'opinions favorables selon une récente enquête, soit à peine 
plus que le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne 
(AfD)-, le SPD tient l'avenir de Merkel entre ses mains, alors 
que le nouvel accord de "grande coalition" sera soumis à 
l'approbation de ses 464.000 membres. 
    Si les plus radicaux écoutent leur coeur et votent "non", de 
nouvelles élections ou de nouvelles négociations avec des partis 
moins importants pour une coalition tripartite ne sont pas à 
exclure.  
    Dans ces différentes hypothèses, cela pourrait coûter sa 
place à Merkel.  
 
 (Avec Thomas Escritt, Jean Terzian pour le service français) 
 

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