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Echec à Bruxelles des négociations autour du budget européen à long terme
Reuters21/02/2020 à 19:45

    BRUXELLES, 21 février (Reuters) - Les dirigeants européens
se sont séparés vendredi soir à Bruxelles sans avoir pu
s'accorder sur le budget à long terme 2021-2027 de l'Union
européenne, les débats ayant buté sur la volonté de maîtrise des
dépenses exprimée par le groupe des Etats "frugaux".
    Les divergences étaient trop importantes pour que les Etats
membres s'entendent, a déploré la chancelière allemande Angela
Merkel, ajoutant qu'aucune date n'avait été fixée pour la
reprise des discussions.  "Il nous faut plus de temps", a
confirmé le président du Conseil européen, le Belge Charles
Michel.
    Fixer le cadre financier pluriannuel de l'UE est toujours un
exercice compliqué, mais la sortie du Royaume-Uni, qui prive le
budget communautaire d'une contribution de 75 milliards d'euros
sur sept ans, a encore accentué les tensions.
    Le Danemark, l'Autriche, la Suède et les Pays-Bas -
surnommés le "quatuor frugal" - étaient arrivés jeudi au premier
jour de ce conseil européen extraordinaire avec une ligne rouge:
pas question d'accepter un budget européen qui dépasserait 1% du
revenu national brut (RNB) européen.
    Les bénéficiaires des politiques communes réclamaient, eux,
un budget supérieur à 1,074% du RNB européen, la base proposée
par Charles Michel, qui représente 1.094 milliards d'euros de
dépenses.
    Après une première journée infructueuse, ils sont revenus à
la charge vendredi.
    Viktor Orban, Premier ministre hongrois, a débarqué vendredi
dans le centre de presse où il a insisté: les pays bénéficiaires
des "fonds de cohésion" du budget communautaire veulent que le
cadre financier pluriannuel soit fixé à 1,3% du RNB.
    
    NOUVELLES PRIORITÉS
    "Ce matin, nous, les amis de la cohésion, nous sommes réunis
et nous avons présenté une contre-proposition", a-t-il dit à la
presse. "Si nous voulons un budget ambitieux, il doit être d'au
moins 1,3% ou proche de ce seuil."
    Le chef du gouvernement hongrois ajoutait alors qu'il ne
pensait pas qu'un seul sommet européen suffirait à combler le
fossé séparant les Vingt-Sept. 
    Même son de cloche du côté de son homologue estonien Jüri
Ratas, qui rapportait que les chefs d'Etat et de gouvernement de
l'UE restaient "loin" d'un compromis. 
    Le président du Conseil européen a tenté de débloquer la
situation en soumettant vendredi soir lors d'une nouvelle séance
de travail plénière un nouvel objectif à 1,069% du RNB.
    En recul par rapport à sa proposition initiale, ce nouvel
objectif représenterait une économie d'une dizaine de milliards
d'euros sur sept ans.
    Il n'a pas réussi à concilier les positions et les
Vingt-Sept se sont séparés sans accord peu avant 19h30 (18h30
GMT).
    En plus de l'objectif financier, la discussion budgétaire se
heurte également à des divisions sur la nature des dépenses
communautaires à engager.
    Les pays les plus pauvres de l'Est et du Sud réclament que
l'aide au développement soit maintenue. Ils sont rejoints par la
France, l'Irlande et d'autres qui entendent préserver la
Politique agricole commune (Pac).  
    Le club des "frugaux" et l'Allemagne, principal contributeur
net au budget européen, veulent pour leur part que les dépenses
aillent à de nouvelles priorités, à commencer par la lutte
contre le dérèglement climatique, mais aussi la gestion des flux
migratoires et la transition de l'économie vers le numérique.
    L'actuel cadre financier, qui a débuté en 2014, expire en
décembre prochain.

 (Gabriela Baczynska, Michel Rose et Andreas Rinke
version française Henri-Pierre André)
 

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