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Divergences persistantes dans les discussions sur la Grèce
Reuters24/06/2015 à 12:54

POURSUITE DES DISCUSSIONS ENTRE ATHÈNES ET SES CRÉANCIERS

par Karolina Tagaris , Michele Kambas et Jan Strupczewski

ATHENES (Reuters) - Les discussions entre la Grèce et ses créanciers internationaux bloquent encore sur plusieurs points, dont les retraites, la TVA et la fiscalité des entreprises, mais les efforts se poursuivent en vue d'un accord, alors qu'une nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro est prévue dans la soirée avant le Conseil européen de jeudi et vendredi.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, doit rencontrer à la mi-journée à Bruxelles le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi et la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, qui communiqueront leur position officielle sur les nouvelles propositions qui leur ont été soumises par Athènes.

Le fait que le nouveau programme de réformes proposé par Athènes repose principalement sur des hausses des impôts et des cotisations sociales, plutôt que sur des réductions des dépenses, n'a pas convaincu ses créanciers, surtout au vu des défaillances avérées de la collecte de l'impôt en Grèce.

"Les positions avant cette rencontre avec Tsipras restent éloignées sur de nombreux points", a dit un responsable européen informé du contenu des discussions, en citant les retraites, la TVA et la fiscalité des entreprises. "Il n'y a pas eu beaucoup de progrès hier."

Il reste encore "beaucoup de travail", a également estimé le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

Un responsable gouvernemental grec a rapporté qu'Alexis Tsipras avait dénoncé l'attitude "étrange" de "certains" créanciers de la Grèce, qui rejettent les propositions de son gouvernement.

JUSQU'AU BOUT DE LA NUIT

"Il n'est jamais arrivé auparavant que des mesures de compensation ne soient pas acceptées. Ni en Irlande ni au Portugal. Nulle part", a déclaré Alexis Tsipras selon ce responsable. "Cette attitude étrange ne peut signifier qu'une chose: soit ils ne veulent pas d'un accord soit ils servent des intérêts particuliers en Grèce."

Ces divergences persistantes ont réveillé les inquiétudes des investisseurs et les Bourses européennes reculaient en milieu de journée après leur forte progression des deux jours précédents.

Intervenant à l'antenne de la chaîne Mega TV plus tôt dans la matinée, le ministre grec de l'Economie s'est néanmoins montré confiant sur la perspective de voir un accord être conclu lors du Conseil européen.

"Il y a deux ou trois points très précis (à régler) et comme vous le comprenez, c'est la dernière partie (des discussions), trois sur les 50 mesures qui ont été convenues", a dit Georges Stathakis, évoquant un allègement de la dette à long terme et l'exemption de TVA dont bénéficient les îles grecques.

De source européenne, la question d'une restructuration de la dette grecque n'est pas évoquée pour l'instant car elle n'entre pas dans le cadre du programme actuel d'aide financière dont bénéficie la Grèce.

Selon un responsable impliqué dans la préparation du sommet européen, "les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro s'attendent à ne pas négocier eux-mêmes". "Ils s'attendent à saluer un accord conclu au sein de l'Eurogroupe, même si les ministres des Finances doivent travailler durant la nuit pour parvenir à cet accord", a-t-il dit.

De son côté, le président du Conseil italien Matteo Renzi a déclaré que les négociations pourraient se prolonger au-delà du sommet européen, rappelant que "la date butoir est la fin du mois", la Grèce devant rembourser 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI) le 30 juin.

Les concessions consenties par le gouvernement n'ont pas fait l'unanimité non plus auprès des parlementaires de la coalition au pouvoir, y compris au sein du propre parti d'Alexis Tsipras, Syriza, vainqueur des élections en janvier sur la promesse de mettre fin à cinq ans d'une cure d'austérité drastique.

Malgré les réticences de certains parlementaires, Georges Stathakis estime pouvoir compter sur le soutien de la Vouli, le parlement monocaméral grec pour que le programme de réformes soit adopté avant l'échéance du 30 juin.

(Myriam Rivet pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

4 commentaires

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  • 445566ZM
    24 juin14:18

    Ils aiment bien le niveau de vie assuré par l'Europe. Nous pensions que le gouvernement de gauche fera payer les impôts aux grecs, surtout aux riches, mais il est apparemment plus facile de continuer à traire la vieille Europe.

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