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Des miliciens chrétiens attaquent un camp de l'Onu en Centrafrique
Reuters14/05/2017 à 17:16

    DAKAR, 14 mai (Reuters) - Des miliciens chrétiens 
anti-balaka ont attaqué un camp de l'Onu en Centrafrique pour la 
deuxième nuit consécutive, a annoncé dimanche un responsable des 
Nations unies, après une semaine de violences qui a coûté la vie 
à six casques bleus. 
    Selon l'organisation Médecins sans frontières (MSF), il 
n'est toujours pas possible d'accéder à la ville de Bangassou 
pour récupérer les blessés et les corps des victimes, même si 24 
blessés ont pu être soignés dans un hôpital voisin. 
    La région de Bangassou, frontalière de la République 
démocratique du Congo, avait jusqu'à présent été relativement 
épargnée par les violences dans lesquelles la Centrafrique s'est 
enfoncée en 2013. 
    Mais la situation s'est brutalement dégradée cette semaine 
après l'attaque d'un convoi de l'Onu dans laquelle cinq casques 
bleus ont été tués. 
    D'après Radio France Internationale, qui cite des sources 
sur le terrain, des centaines de miliciens ont participé aux 
attaques qui ont fait au moins 30 morts parmi la population 
civile. Reuters n'a pas pu confirmer ce bilan. 
    "Ils ont tiré sur le camp pendant la nuit et nous avons 
riposté", a déclaré Hervé Verhoosel, porte-parole de la mission 
de l'Onu en Centrafrique (Minusca), joint au téléphone à Bangui. 
"Nous ne pensons pas que ce soit terminé et nous nous attendons 
à ce que les assaillants reviennent." 
    Selon les travailleurs humanitaires, les milices constituées 
sur fond de rivalités ethniques et religieuses ont tiré avantage 
du départ, au cours des derniers mois, des soldats français et 
ougandais qui étaient déployés dans la région à la fin de leur 
mission. 
    Le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, s'est dit 
"scandalisé" par les attaques contre la Minusca. 
    Le Premier ministre centrafricain, Simplice Sarandji, a 
condamné ces attaques dans un communiqué lu dimanche à la radio 
d'Etat et promis que leurs auteurs auraient à rendre des comptes 
devant la justice.  
      
 
 (Emma Farge; Tangi Salaün pour le service français) 
 

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