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Des lycéennes de Chibok ont refusé d'être libérées, selon un médiateur nigérian
Reuters08/05/2017 à 20:34

    par Adaobi Tricia Nwaubani 
    ABUJA, 8 mai (Fondation Thomson Reuters) - Certaines 
lycéennes de Chibok enlevées il y a trois ans par le groupe 
islamiste Boko Haram dans le nord-est du Nigeria ont refusé 
d'être libérées dans le cadre de l'accord qui a permis le retour 
de 82 autres d'entre elles ce week-end, a-t-on appris auprès 
d'un des médiateurs. 
    "Plusieurs filles ont refusé de rentrer", a dit l'avocat 
Zannah Mustapha, qui a participé aux dernières négociations en 
date entre le gouvernement nigérian et Boko Haram. "Je n'ai 
parlé de leurs raisons à aucune d'entre elles. Mais en tant que 
médiateur, il ne m'appartient pas de les contraindre", a-t-il 
ajouté. 
    Boko Haram a libéré samedi 82 jeunes filles enlevées en 
avril 2014 à Chibok en échange de membres du groupe islamiste 
détenus par les autorités. La Suisse et le Comité international 
de la Croix-Rouge (CICR) ont participé aux négociations. 
    Le 14 avril 2014, quelque 270 lycéennes avaient été enlevées 
par la secte islamiste dans une école de Chibok, suscitant un 
très vif émoi dans le monde. Une cinquantaine d'entre elles 
avaient pu échapper presque immédiatement à leurs ravisseurs. 
D'autres otages ont été progressivement libérées depuis, dont 
une vingtaine en octobre dernier à la suite d'une médiation 
menée par le CICR. 
    Les révélations de Zannah Mustapha sur le refus opposé par 
certaines d'entre elles à leur libération alimentent les 
craintes d'une radicalisation au contact de leurs ravisseurs 
islamistes ou de sentiments de peur et de honte qui les 
empêcheraient de songer à reprendre le cours de leur vie. 
Certaines jeunes filles ont aussi épousé des militants de Boko 
Haram durant leur captivité. 
    "Elles développent un syndrome de Stockholm, s'identifient 
avec leurs ravisseurs et veulent rester", explique Fatima Akilu, 
une psychologue nigériane qui a dirigé des programmes de 
déradicalisation de militants du mouvement islamiste et de 
femmes enlevées par le groupe armé. 
    "Certaines ont peur de ce qui les attend, de l'inconnu. Nous 
ne savons pas dans quelle mesure leurs époux exercent une 
influence pour les contraindre à ne pas rentrer", ajoute la 
présidente de la Fondation Neem, une ONG qui combat l'extrémisme 
au Nigeria. 
    On estime que 113 jeunes filles de Chibok sont toujours en 
captivité. 
    Plusieurs milliers d'autres adultes et enfants ont été 
enlevés depuis le début de l'insurrection de Boko Haram, il y a 
sept ans, dans le but de créer un califat dans le nord-est du 
Nigeria. Plus de 20.000 personnes ont été tuées et le conflit a 
entraîné le déplacement de plus de deux millions de personnes. 
    Et bien que l'armée nigériane ait repris une bonne partie de 
territoires conquis par la secte, des parts importantes du 
Nord-Est, notamment dans l'Etat de Borno, restent sous la menace 
des islamistes. 
 
 (Henri-Pierre André pour le service français; Thomson Reuters 
Foundation est la fondation caritative de Thomson Reuters dédiée 
à la couverture des sujets humanitaires et liés aux droits des 
femmes, à la lutte contre la corruption et au changement 
climatique.; http://www.trust.org) 
 

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