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Cambodge-L'opposition autorisée à demander la reprise de ses activités
Reuters13/12/2018 à 06:43

    PHNOM PENH, 13 décembre (Reuters) - Le parlement cambodgien
a amendé jeudi la loi interdisant aux membres de l'opposition
d'exercer des activités politiques, autorisant ceux-ci à
soumettre une demande individuelle afin de pouvoir reprendre
leurs activités.
    La Cour suprême avait dissous en novembre 2017 le Parti du
sauvetage national du Cambodge (CNRP), principale formation
d'opposition, et interdit aux 118 membres de l'opposition
d'exercer des activités politiques pendant une durée de cinq
ans, laissant la voie libre au Premier ministre Hun Sen pour
prolonger plus encore son long règne au pouvoir.
    Cette dissolution faisait suite aux accusations du
gouvernement de Hun Sen selon lesquelles les responsables du
CNRP conspiraient pour renverser le gouvernement avec la
complicité des Etats-Unis.
    La totalité des 115 parlementaires du Parti du peuple
cambodgien (CPP) au pouvoir ont voté en faveur de cette révision
de la loi.
    Dans un discours, Hun Sen a déclaré mercredi que les membres
de l'opposition pourraient reprendre leurs activités politiques
après en avoir fait la demande individuelle auprès de lui ou du
ministre de l'Intérieur.
    Il s'agit d'une tentative pour diviser le CNRP, a dit le
vice-président du parti.
    "Cette loi amendée donne les pleins pouvoirs à M. Hun Sen
pour déterminer qui peut être réhabilité", a dit Mu Sochua à
Reuters jeudi.
    "La communauté internationale ne doit pas accepter de
solutions fragmentaires mais des solutions acceptables pour
toutes les parties concernées", a-t-il ajouté.
    Emprisonné en septembre 2017 pour des accusations de
trahison, le dirigeant du CNRP, Kem Sokha, se trouve en
résidence surveillée dans la capitale Phnom Penh depuis sa
remise en liberté sous caution en septembre dernier.
    Certains y ont vu un geste d'apaisement après les critiques
venues de l'étranger vis-à-vis des élections législatives
organisées en juillet dernier.
    Un membre du CPP a déclaré devant le parlement que
l'amendement n'avait pas été décidé sous la pression
internationale.   

 (Prak Chan Thul; Jean Terzian pour le service français)
 

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