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Brexit-May soumise à d'intenses pressions de son camp
Reuters31/03/2019 à 15:02

    * Certains lui conseillent de convoquer des élections
    * 170 députés conservateurs la somment de sortir de l'UE
    * Des ministres pro- et anti-Brexit menacent de démissionner
    * La Première ministre pourrait mettre de nouveau son accord
aux
voix
    * Les Communes se prononcent lundi sur des solutions
alternatives

 (Actualisé avec citations, précisions, contexte)
    par Kylie MacLellan et Guy Faulconbridge
    LONDRES, 31 mars (Reuters) - A l'approche de nouvelles
journées décisives sur le Brexit, Theresa May doit faire face
aux pressions intenses et contradictoires de son gouvernement et
du Parti conservateur.
    La Chambre des communes a rejeté pour la troisième fois
vendredi l'Accord de retrait négocié par la Première ministre
britannique, qui avait pourtant mis sa démission dans la balance
dans l'espoir de le faire enfin ratifier. 
    Conséquence de ce nouveau rejet, le Royaume-Uni devrait
quitter l'UE sans accord le 12 avril à 22h00 GMT, sauf si
Londres présente d'ici là une alternative et demande un nouveau
report. 
    Aussitôt connue l'issue du vote, le président du Conseil
européen, Donald Tusk, a annoncé la tenue d'un sommet
extraordinaire de l'UE le 10 avril.
    Les députés britanniques se réuniront de nouveau lundi pour
voter sur des solutions alternatives au Withdrawal Bill conclu
entre May et l'UE, après un an et demi de négociations, en
novembre dernier.
    Une première série de "votes indicatifs" s'est déroulée
mercredi dernier, et aucune des huit options soumises au vote
des élus n'a réuni de majorité. Les motions qui ont obtenu pour
l'instant le plus de suffrages proposent soit des relations plus
étroites avec l'UE, avec notamment le maintien d'une union
douanière, soit un second référendum. 
    Le Parlement votera lundi soir aux alentours de 19h00 GMT.
Le président des Communes, John Bercow, choisira parmi neuf
propositions présentées par les élus. Theresa May pourrait
tenter une nouvelle fois le pari de soumettre son Accord de
retrait au vote des députés, peut-être dès le lendemain.
    "Aucune option n'est idéale et il y a de très bons arguments
contre toute éventualité mais il va falloir que nous fassions
quelque chose", a admis dimanche le ministre de la Justice David
Gauke, qui avait voté pour le maintien dans l'UE lors du
référendum de juin 2016, remporté par près de 52% des voix par
les partisans du Brexit. 
    "La Première ministre réfléchit aux options disponibles et
envisage les différents scénarios mais à ma connaissance, aucune
décision n'a été prise", a-t-il dit sur l'antenne de la BBC. 
    
    MENACES DE DÉMISSION
    De nombreux conservateurs perdent patience. Le journal
tabloïd The Sun a fait état ce week-end d'une lettre signée par
170 des 314 élus tories de la Chambre des communes adressée à la
dirigeante britannique, dans laquelle ils l'exhortent à refuser
un long report du divorce. 
    Au sein du gouvernement, plusieurs ministres opposés ou
favorables au Brexit menacent de démissionner si Theresa May ne
se contente pas de défendre son accord dans les prochains jours,
rapporte le Sunday Times.
    Au moins six ministres démissionneront si Theresa May
conduit le pays vers une sortie sans accord de l'Union
européenne mais d'autres quitteront leur poste si elle appuie
une union douanière avec l'UE ou cherche à reporter le Brexit,
écrit le journal dominical. 
    La question d'élections anticipées fait aussi l'objet de
profondes divisions au sein du cabinet.
    Toujours selon le Sunday Times, le responsable de la
communication de Theresa May, Robbie Gibb, ainsi que son
conseiller politique Stephen Parkinson, sont favorables à des
élections auxquelles s'oppose Julian Smith, le chef des
responsables de la discipline parlementaire au service du
gouvernement ("whip"). 
    Alistair Burt, qui a démissionné de ses fonctions de
secrétaire d'Etat au Foreign Office la semaine passée pour
soutenir la reprise en main de l'agenda parlementaire par les
députés, estime que la convocation d'élections législatives ne
serait pas une solution pour sortir le Brexit de l'impasse.
    "La Première ministre a déjà dit qu'elle se préparait à
partir après la conclusion de la première étape du Brexit. Je ne
pense pas qu'il y ait des élections générales avant cela",
a-t-il dit sur la chaîne Sky News.
    Le vice-président du Parti conservateur James Cleverly ne
prévoit pas d'élections tandis que le chef adjoint du Labour,
Tom Watson, dit s'y préparer activement.
    Emily Thornberry, porte-parole du Parti travailliste pour
les affaires étrangères, a résumé à sa manière la situation:    
"On ne sait pas si (May) va rester Premier ministre, si nous
allons avoir quelqu'un d'autre, qui sera cette personne : bref,
c'est la pagaille."

 (Henri-Pierre André, Pierre Sérisier et Jean-Stéphane Brosse
pour le service français)
 

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