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Brexit-May s'en va mais le "backstop" demeure, prévient Barnier
information fournie par Reuters07/06/2019 à 18:02

    BRUXELLES, 7 juin (Reuters) - La démission de la Première
ministre britannique Theresa May, dont les fonctions à la tête
du Parti conservateur ont pris fin ce vendredi, ne fait pas
disparaître la question d'un éventuel rétablissement de la
frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, a
déclaré le chef des négociateurs européens Michel Barnier.
    Le successeur de Theresa May, qui devrait être désigné dans
la semaine du 22 juillet par le Parti conservateur, sera lui
aussi confronté au problème du "backstop" (la clause de
sauvegarde), dispositif destiné à éviter le retour à une
frontière physique en Irlande.
    "Le problème est là, créé par le Brexit", a déclaré Michel
Barnier lors d'une conférence en Slovaquie. "Nous devons
préserver la paix. La stabilité n'est pas un problème de
marchandises ou un problème douanier. Le problème est celui des
gens en Irlande, des deux côtés", a-t-il ajouté.
    La frontière entre la République d'Irlande et l'Irlande du
Nord a été supprimée par les accords de paix de 1998 qui ont mis
fin à trois décennies de violences communautaires dans la
province nord-irlandaise.
    "Dans tous les cas, un nouveau Premier ministre ne va pas
changer le problème", a poursuivi Michel Barnier. "Le problème
est là et le nouveau Premier ministre aura la responsabilité de
le résoudre avec nous."
    Cette question de la clause de sauvegarde s'est imposée
comme la plus épineuse et la plus âprement discutée dans les
négociations menées pendant deux ans par les Britanniques et les
Européens.
    L'ancien ministre des Affaires étrangères Boris Johnson
apparaît comme le favori dans la course à la succession de
Theresa May, une partie des élus conservateurs le voyant comme
le meilleur rempart contre la progression de Nigel Farage dont
le Parti du Brexit a réussi une spectaculaire percée lors des
élections européennes.
    Michel Barnier s'est refusé à faire un commentaire sur les
candidats en lice pour s'installer au 10 Downing Street, nombre
d'entre eux ayant promis d'être en mesure de renégocier l'Accord
de retrait conclu en novembre avec les Européens.
    Cette idée d'une renégociation est exclue par les dirigeants
européens.
    "La question est de savoir si le Royaume-Uni veut sortir
d'une manière ordonnée. Si la réponse est 'oui', l'Accord de
retrait est le seul possible", a rappelé Barnier.
    Un Brexit sans accord ("no-deal") ne sera jamais le choix de
l'Union européenne, a affirmé le négociateur, répétant que les
Vingt-Sept étaient déterminés à défendre le marché unique.
    "Ce qui est en jeu en Irlande est en premier lieu la paix,
les gens et la stabilité. En second lieu, le marché unique qui
est notre principal atout et personne ne peut nous demander de
l'affaiblir. Nous ne sommes pas prêts au compromis, au
marchandage sur le marché unique", a-t-il prévenu.
    Les partisans d'un Brexit sans concessions et sans accord
("hard brexiters"), défendant une position ultralibérale,
entendent transformer par la déréglementation le Royaume-Uni en
un "Singapour" européen, un paradis fiscal aux portes de
l'Europe.

 (Gabriela Baczynska; Pierre Sérisier pour le service français)
 

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