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Brexit: Le bras de fer entre Johnson et l'opposition va se poursuivre la semaine prochaine
Reuters06/09/2019 à 16:38

 (Actualisé avec adoption de la proposition de loi des anti-No
Deal par la Chambre des Lords, § 9)
    par Kylie MacLellan et Guy Faulconbridge
    LONDRES, 6 septembre (Reuters) - Le Parti travailliste et
d'autres formations de l'opposition britannique ne voteront pas
lundi la motion que Boris Johnson entend soumettre à la Chambre
des communes pour obtenir la tenue d'élections anticipées dès le
15 octobre.
    L'initiative du Premier ministre semble donc une nouvelle
fois mathématiquement vouée à l'échec, les règles en vigueur au
Royaume-Uni exigeant que la motion soit approuvée par les deux
tiers de l'assemblée, soit 434 voix. Or, le Labour représentant
à lui seul 247 des 650 élus, sans les voix de ses députés, ce
seuil est hors de portée.
    Mercredi soir déjà, une première tentative avait échoué,
seuls 298 députés s'y étant déclarés favorables. 
    Les 35 élus du Parti national écossais (SNP) feront de même,
a annoncé leur leader à Westminster, Ian Blackford, au micro de
la BBC. 
    A l'instar des autres formations de l'opposition, le SNP est
partant pour un scrutin anticipé mais pas aux conditions fixées
par Johnson. "Nous aurons ces élections quand le moment sera
opportun mais je vais vous faire cette promesse: nous n'aurons
pas attendre longtemps", a-t-il dit.
    Interrogée sur Sky News, la cheffe de file des élus gallois
du Plaid Cymru aux Communes, Liz Saville Roberts, a déclaré que
cela signifiait que les élections n'auraient pas lieu avant le
31 octobre.
    Les partis d'opposition redoutent que des élections à la
mi-octobre puissent permettre à Boris Johnson de réussir tout de
même à faire sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne sans
accord.
    Ils veulent d'abord que leur proposition de loi visant à
empêcher un Brexit sans accord le 31 octobre ait été
définitivement adoptée et promulguée.
    Ce texte, voté mercredi soir par la Chambre des communes, a
sans surprise été approuvé vendredi par la Chambre des Lords. Il
devrait être promulgué sans doute lundi par la reine Elizabeth. 
    Il donne au gouvernement jusqu'au 19 octobre pour conclure
un nouvel accord de divorce avec Bruxelles - la date retenue
suit le prochain conseil européen des 17 et 18 octobre à
Bruxelles - ou pour obtenir l'aval du Parlement à une sortie
sans accord, alors que la Chambre des communes a déjà voté à
plusieurs reprises contre la perspective d'un "no deal".
    Si le gouvernement Johnson ne remplit pas l'une ou l'autre
de ces conditions, la proposition de loi engage le Premier
ministre à demander un nouveau report du Brexit jusqu'au 31
janvier prochain.
    
    "NOUS PARTIRONS LE 31 OCTOBRE", MARTÈLE JOHNSON
    En déplacement en Ecosse au terme d'une semaine marquée par
une série de revers cinglants à la Chambre des communes et le
départ spectaculaire de son frère Jo, Boris Johnson a exclu
vendredi de démissionner dans l'éventualité où il ne pourrait
tenir sa promesse de quitter l'Union européenne "coûte que
coûte" le 31 octobre. 
    "Ce n'est pas une hypothèse que je souhaite envisager",
a-t-il dit.
    Le chef du gouvernement conservateur a dans le même temps
dit vouloir prendre contact avec les 21 élus tories qu'il a
exclus du parti pour avoir mêlé leur voix à celle de l'alliance
des anti-No Deal. 
    "Ce sont mes amis. J'ai travaillé avec eux pendant de
nombreuses années. Mais nous devons faire le Brexit et nous
avons été très clairs sur les risques que ferait peser
l'enlisement de la procédure devant le Parlement", a-t-il dit.
    "Bien sûr, je vais prendre contact avec ces collègues, pour
trouver des moyens de renouer des liens, mais je dois être
clair: nous devons faire le Brexit."
    Plus de trois ans après le référendum du 23 juin 2016 par
lequel un peu moins de 52% des électeurs ont opté pour une
sortie de l'Union européenne, le divorce est comme figé,
suspendu à l'issue du bras de fer que se livrent Johnson et les
anti-No Deal en cette rentrée parlementaire.
    Tout est envisageable, d'un Brexit brutal le 31 octobre à
l'abandon pur et simple de la procédure de divorce.
    "Je vais aller à Bruxelles, je vais obtenir un accord et
nous allons nous assurer que nous partirons le 31 octobre. C'est
ce que nous allons faire", a martelé vendredi sur l'antenne de
Sky News le Premier ministre britannique lors de son déplacement
en Ecosse.
    La veille, à Wakefield, il avait dit préférer "crever la
gueule ouverte" plutôt que de demander aux Européens un nouveau
report du Brexit.

    VOIR AUSSI
    ENCADRE Vingt-quatre heures dans la saga du Brexit
 
    ECLAIRAGE Dominic Cummings, le conseiller de Johnson qui
inquiète les conservateurs modérés  
    CHRONOLOGIE L'interminable feuilleton du Brexit  

 (avec Elizabeth Piper
Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service
français)
 

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