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BILAN-Macron, un an d'activisme diplomatique pour un bilan mitigé
Reuters04/05/2018 à 13:10

    * Le "coup d'éclat permanent"?
    * Difficile rapprochement avec Poutine, "bromance" avec
Trump
    * Le multilatéralisme pour fil directeur
    * Le piège syrien
    * Peu d'essais transformés

    par Sophie Louet
    PARIS, 4 mai (Reuters) - Entre coups d'éclat et dialogue
multilatéral, Emmanuel Macron aura déployé depuis son élection,
le 7 mai 2017, une politique étrangère sous le sceau du
pragmatisme avec l'ambition de raviver l'influence de la France
dans le monde, mais sa "realpolitik" a pour l'heure produit peu
de résultats tangibles.
    L'approche du chef de l'Etat s'est d'abord forgée sur une
volonté de rupture avec les années Sarkozy et Hollande ("Avec
moi, ce sera la fin d'une forme de néoconservatisme importée en
France depuis dix ans") ainsi que d'un "aggiornamento" sur la
Syrie ou l'Afrique.
    Avec pour fil continu, cependant, une priorité sécuritaire,
celle d'une "lutte absolue contre les groupes terroristes" au
prix d'une surchauffe opérationnelle des armées.
    Moins d'idéologie donc, mais une doctrine qui s'inspirerait
du "gaullo-mitterrandisme" dans une tension constante entre
valeurs et intérêts, ces derniers déterminant alliances et
médiations sans états d'âme et sans "droits-de-l'hommisme".
    "Je peux me faire plaisir et donner des leçons. Ça n'a aucun
résultat", déclarait en janvier dernier Emmanuel Macron lors
d'une visite en Chine. Une "efficacité" défendue également pour
l'Egypte ou l'Arabie saoudite.
    Dans cette diplomatie présentée hâtivement comme celle du
"en même temps", l'expression favorite d'Emmanuel Macron, le
chef de l'Etat a revendiqué de "parler à tout le monde",
s'inscrivant finalement dans le sillon classique de
l'universalisme français.
    "Il nous faut réapprendre la complexité du dialogue, mais
aussi sa fécondité", avait-il déclaré en septembre dernier à la
tribune de l'Onu.
    Les débuts de son mandat furent ainsi marqués par un
syncrétisme diplomatique et médiatique qualifié de
"gesticulation" par ses détracteurs, mais rémunérateur pour
l'image de la France.
    
    UNE DIPLOMATIE DE "COUPS"
    "France is back" ("La France est de retour"), clamait le
président, une affirmation d'autant plus aisée qu'Emmanuel
Macron a tiré profit des difficultés politiques de la
chancelière allemande Angela Merkel et de l'accaparement de la
Première ministre britannique Theresa May par le Brexit.
    Pour saisir le leadership européen, le président français a
mis la barre très - trop? - haut, s'attelant non sans résistance
au grand oeuvre d'une "Europe qui protège" dotée d'une politique
de défense et de sécurité et d'un budget de la zone euro.
    "Le leadership ne se décrète pas, il se construit en
entraînant d'autres pays, d'autres acteurs". Un credo éprouvé à
l'échelle de l'Europe comme du monde.
    Dans des mises en scène pesées, le dirigeant français a
ainsi commencé par tenter un rapprochement avec Vladimir Poutine
au château de Versailles fin mai 2017. Un président russe qui
n'avait pas caché sa proximité avec François Fillon et Marine Le
Pen et faisait face à des accusations d'immixtion dans la
campagne présidentielle française.
    Syrie, Ukraine, Tchétchénie..., tous les dossiers qui
fâchent furent abordés, avec "franchise" et "pragmatisme".   
"C'est ça, ma ligne. Dire les choses avec beaucoup de fermeté à
tous mes partenaires ", justifiera Emmanuel Macron.
    La "robustesse" présidentielle n'a pourtant pas fléchi le
chef du Kremlin, maître du jeu dans le conflit syrien.
    Cette diplomatie de "coups", pour reprendre un terme de
Christian Lequesne, auteur d'"Ethographie du Quai d'Orsay",
Emmanuel Macron l'a portée à son apogée au contact de Donald
Trump, avec lequel il a noué une relation paradoxale, mélange
d'amitié surjouée et de rappels à l'ordre multilatéralistes.
    Poignée de main musclée en marge d'un sommet de l'Otan à
Bruxelles en mai 2017, opération séduction à Paris à l'occasion
du 14-Juillet, "bromance" ("amitié virile") à Washington en
avril dernier, il a tenté le pari de l'atlantisme affectueux
pour arracher des concessions au champion de l'unilatéralisme.
    Mais sur le climat, le nucléaire iranien, le libre-échange :
autant de tentatives, autant d'échecs.
    "Macron essaye d'agir en catalyseur, pour tenter de relancer
le dialogue entre la Russie et les Etats-Unis, il ne doit pas
relâcher ses efforts", juge un ancien haut responsable de l'Onu.
"Sont-ce juste des paroles? C'est encore trop tôt pour le dire."
    
    LA DIALECTIQUE SYRIENNE
    Ses "coups de force" ont permis un accord de cessez-le-feu
en juillet 2017 entre les rivaux libyens Fayez al Sarraj et
Khalifa Haftar, sans que la situation évolue significativement
sur le terrain, et d'éviter en novembre une crise au Liban grâce
à l'"exfiltration" du Premier ministre Saad Hariri de Ryad.   
    L'équilibrisme "macronien" a touché ses limites en Syrie, où
la détermination à rompre avec l'inertie de François Hollande a
nourri une dialectique risquée affirmant la nécessité d'intégrer
le régime de Damas au processus de paix tout en le vouant à la
justice internationale pour crimes contre l'humanité.
    "Je n'ai pas énoncé que la destitution de Bachar al Assad
était un préalable à tout. Car personne ne m'a présenté son
successeur légitime", dit-il en juin 2017. La phrase choque,
semblant donner le coup de grâce à l'opposition syrienne.
    Quant aux "lignes rouges" fixées en mai 2017 au régime
syrien - pas de recours aux armes chimiques, accès à l'aide
humanitaire -, elles ont mené à la première décision martiale du
président, qui a ordonné en avril des frappes, en dehors du
cadre de l'Onu, aux côtés des Américains et des Britanniques.
    Une intervention "pour l'honneur de la communauté
internationale" dont il a convenu qu'elle "ne règle rien".
    "Sur la Syrie, la pensée du président est compliquée",
observe un haut diplomate français. "Garder Bachar al Assad tout
en disant qu'il devra répondre de ses crimes, ce n'est pas
vraiment une approche 'pragmatique'. Ce n'est pas compatible". 
    "En matière de politique étrangère, il en est encore au
stade de l'apprentissage", ajoute ce diplomate, qui regrette
aussi une attitude "agressive" envers les autorités iraniennes.
    En novembre dernier, Emmanuel Macron avait provoqué l'ire de
l'Iran en le pressant d'adopter "une stratégie régionale moins
agressive" et de "clarifier" une politique balistique "non
maîtrisée". Les propos parfois abrasifs du président ont aussi
brouillé ses messages de renouveau à l'Afrique.
    Il avait reconnu en novembre à Ouagadougou une "erreur"
après l'évocation au G20 de l'été 2017 du "défi civilisationnel"
de la démographie africaine : "Quand des pays ont encore
aujourd'hui 7 à 8 enfants par femme, vous pouvez décider d'y
dépenser des milliards d'euros, vous ne stabiliserez rien".
    Appelant de ses voeux "une nouvelle page", le chef de l'Etat
a promis de porter l'aide publique au développement à 0,55% du
PIB français en 2022 (contre un peu moins de 0,4% actuellement).

 (Avec John Irish, édité par Yves Clarisse)
 

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