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Benalla-Contacté par Macron, Larcher défend la souveraineté du Sénat
Reuters13/09/2018 à 13:04

    PARIS, 13 septembre (Reuters) - Emmanuel Macron a appelé
mardi soir Gérard Larcher à la veille de la reprise des
auditions de la commission des Lois du Sénat dans l'affaire
Benalla, a-t-on confirmé jeudi dans l'entourage du président de
la haute assemblée.
    Selon l'Obs, qui a révélé cet appel téléphonique, le chef de
l'Etat a invité Gérard Larcher à garantir les équilibres
institutionnels, critiquant en filigrane le travail de la
commission constituée en commission d'enquête dirigée par
Philippe Bas (Les Républicains).
    De nombreux élus de la majorité La République en Marche
accusent Philippe Bas d'"instrumentaliser" ce dossier
judiciaire, jugé "mineur", à des fins politiques pour "atteindre
Emmanuel Macron".
    La commission, qui veut entendre Alexandre Benalla, a repris
mercredi ses travaux, auditionnant notamment un des policiers
mis en examen dans l'affaire. Après avoir fait savoir qu'il
entendait réserver ses premières déclarations à la justice, le
28 septembre, Alexandre Benalla a fait volte-face mardi soir,
déclarant être "contraint" à une audition au Sénat. 
    Il a qualifié sur France Inter les sénateurs de "petites
personnes, qui n'ont aucun droit et aucun respect pour la
République française et la démocratie" et décrit Philippe Bas
comme un "petit marquis".  
    Au lendemain de l'appel du président de la République, le
président de la chambre haute a fustigé mercredi sur LCI "des
propos déplacés, offensants à l'égard des sénateurs" de la part
d'Alexandre Benalla et s'est posé en défenseur de l'institution.
    "Je ne laisserai pas insulter l'institution qu'est le
Sénat", a-t-il dit. "La commission, elle est totalement
souveraine, c'est elle qui écoutera, entendra et décidera."
    Dans son entourage, on confirme l'appel du chef de l'Etat,
tout en précisant que "Gérard Larcher a pour habitude de ne
jamais livrer la teneur de ses conversations avec le président".
    L'Elysée s'est pour sa part refusé à tout commentaire.
    Pour le sénateur socialiste Rachid Temal, l'appel
présidentiel est le signe d'une "pression" coupable sur le
pouvoir législatif. "Je condamne cette volonté de Macron de ne
pas respecter la séparation des pouvoirs et de faire pression",
a-t-il dit à Reuters. "La 'Macronie' semble en transe avec cette
convocation de Benalla."
    La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait justifié
en début de semaine le refus d'audition d'Alexandre Benalla,
estimant qu'au nom de la séparation des pouvoirs, il ne devait
"pas y avoir d'interférence entre une commission d'enquête
parlementaire et une information judiciaire".
     Ces propos lui ont attiré de vives répliques des sénateurs
et d'autres élus de l'opposition, qui accusent la ministre de se
poser en "conseil juridique" de M. Benalla. Le Syndicat de la
magistrature avait déploré pour sa part une "contradiction
polémique".

 (Elizabeth Pineau, avec Julie Carriat et Marine Pennetier,
édité par Sophie Louet)
 

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