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Barack Obama va lancer les négociations sur le "mur budgétaire"

Reuters16/11/2012 à 11:03

BARACK OBAMA VA LANCER LES NÉGOCIATIONS SUR LA FISCALITÉ ET LE BUDGET

par Richard Cowan

WASHINGTON (Reuters) - Barack Obama et les principaux dirigeants démocrates et républicains du Congrès entament ce vendredi des discussions très attendues sur la fiscalité et le budget avec pour priorité affichée d'éviter une rechute de l'économie américaine dans la récession.

Les deux camps campent pour l'instant sur leurs positions respectives, les Démocrates prônant un relèvement des impôts des plus riches tandis que les Républicains se refusent à toute augmentation de la pression fiscale.

Dix jours après sa réélection face à Mitt Romney, le président réunit à 10h15 (15h15 GMT) à la Maison blanche le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid, le "speaker" républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, ainsi que la représentante démocrate Nancy Pelosi et le sénateur républicain Mitch McConnell.

Ce dernier a averti jeudi que son camp n'entendait pas céder d'un pouce en déclarant: "Ce que nous ne ferons pas, c'est augmenter les taux d'imposition."

Or, c'est précisément ce qu'entend faire Barack Obama pour réduire le déficit budgétaire, comme il l'a expliqué mercredi, lors de la première conférence de presse depuis sa réélection.

Jeudi, son porte-parole Jay Carney a assuré que l'opinion publique soutenait fermement le cap défendu par le président. Barack Obama, a-t-il dit, "ne signera en aucun cas une prolongation des allègements d'impôts pour les 2% des Américains qui ont les plus hauts revenus".

Si les deux camps du Congrès admettent la nécessité de coopérer pour débloquer un dossier qui, selon de nombreuses études, affecte déjà l'activité économique et l'investissement des entreprises, les négociations s'annoncent difficiles d'ici le 1er janvier.

UNE NÉGOCIATION À $600 MILLIARDS

C'est à cette date que doivent, d'une part, expirer nombre d'allègements d'impôts adoptés sous la présidence de George W. Bush et reconduits pour deux ans fin 2010 par Barack Obama et, d'autre part, entrer en vigueur des coupes importantes dans les dépenses publiques, le tout pour un montant global de 600 milliards de dollars. Une conjonction désormais bien connue sous l'appellation de "mur budgétaire" (fiscal cliff).

"Si nous ne faisons rien pour renverser ce 'mur budgétaire' et si nous ne parvenons pas à un accord immédiatement après, vous savez ce qui se passera l'année prochaine, en 2013 ? Nous retomberons dans la récession", a prévenu jeudi Erskine Bowles, ancien directeur de cabinet de Bill Clinton à la Maison blanche et co-auteur l'an dernier d'un rapport très remarqué - mais pas appliqué - sur la réduction des déficits.

L'enjeu des discussions est d'empêcher ce choc budgétaire et fiscal tout en assurant une réduction progressive du déficit public, qui a dépassé 1.000 milliards de dollars (780 milliards d'euros) chaque année depuis quatre ans et a porté la dette publique américaine à plus de 16.000 milliards de dollars.

"C'est au tour du président de proposer un plan spécifique qui rapproche les deux parties", a jugé jeudi Mitch McConnell. "C'est pour cela qu'un président est élu."

Mais alors qu'avant les élections du 6 novembre, Barack Obama passait pour privilégier un compromis rapide, la victoire plus ample que prévu de son camp semble l'avoir incité à durcir sa position, notent certains responsables démocrates.

La Maison blanche pourrait désormais chercher à obtenir des républicains qu'ils acceptent le texte démocrate adopté en juillet par le Sénat pour prolonger les allégements d'impôts sauf pour les foyer gagnant plus de 250.000 dollars par an.

"Si les républicains ont d'autres idées permettant d'augmenter les recettes, il faut qu'ils les amènent" à la Maison blanche, a dit un conseiller démocrate au Sénat.

Les tractations pourraient porter sur un relèvement du plafond de maintien des allègements ou l'ampleur de l'augmentation du taux marginal de l'impôt sur le revenu, que Barack Obama dit pour l'instant vouloir porter de 35% à 39,6%.

Autre piste de plus en plus fréquemment évoquée: la prolongation d'une exonération partielle des cotisations salariales qui concerne quelque 160 millions d'Américains et représente pour chacun d'eux environ 1.000 dollars par an.

Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten


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