Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Plus de 40 000 produits accessibles à 0€ de frais de courtage
Découvrir Boursomarkets

ANALYSE-Après Elliott, Pernod Ricard devrait muscler ses ambitions
information fournie par Reuters21/12/2018 à 10:51

    * Un nouveau plan stratégique attendu en 2019
    * Des analystes tablent sur un objectif de marge de 30% en
2021
    * Une minorité de blocage pour la famille Ricard et son
allié GBL 
 

    par Pascale Denis
    PARIS, 21 décembre (Reuters) - En faisant irruption chez
Pernod Ricard  PERP.PA , le fonds activiste Elliott a mis le
doigt sur des points sensibles qui devraient inciter le groupe
de spiritueux français à muscler les objectifs de son nouveau
plan stratégique, estiment des    analystes.
    Certaines des critiques du fonds américain concernant la
rentabilité du propriétaire de la vodka Absolut ou du cognac
Martell - nettement inférieure à celle du numéro un mondial
Diageo  DGE.L  - font en effet écho à celles de certains 
spécialistes du secteur.
    "Elliott a raison sur certains points, comme l'écart de
marge et le rendement des capitaux investis", relèvent les
analystes de Liberum, pour qui Pernod Ricard pourrait se fixer
un objectif de marge opérationnelle de 30% d'ici à 2021.
    Pour ceux de Credit suisse, "il y a du potentiel
d'amélioration des marges, même si une poursuite d'un rythme de
croissance soutenu peut lui permettre d'être progressif dans
l'évolution de ses résultats".
    Depuis son arrivée à la tête du groupe, en février 2015,
Alexandre Ricard a fait de l'accélération de la croissance sa
première priorité et Pernod Ricard a largement dépassé les
objectifs de moyen terme qu'il s'était fixés, la dynamique de
Martell en Chine et les performances de son whisky Jameson aux
Etats-Unis ayant compensé les faiblesse de la vodka Absolut
outre Atlantique.
    La croissance organique du groupe est ainsi passée de 2% à
l'issue de l'exercice annuel 2014-2015 à 6% en 2017-2018. 
    Pour l'exercice en cours, il pourrait encore accélérer et
dégager une croissance organique de 6,7%, selon Bryan Garnier, 
faisant ainsi largement mieux que les 4,7% attendus chez Diageo.
    Dans le même temps, la marge opérationnelle est restée
quasiment stable à 26,2%, tandis que celle de Diageo a atteint
31,4% en 2017.
    
    GÉOGRAPHIE ET PORTEFEUILLES DE MARQUES 
    "Il pourrait y avoir une plus grande focalisation sur la
marge", renchérissent les analystes de Jefferies, pour qui le
groupe ne devrait toutefois pas dévier de sa stratégie de long
terme consistant à investir pour sa croissance future, ni
modifier son modèle décentralisé.
    La question centrale consistera à savoir comment ils
pourront piloter accroissement de la rentabilité et forte
croissance organique, relèvent ceux de Liberum.
    Certains soulignent toutefois que l'écart de rentabilité
entre Pernod Ricard et Diageo s'explique en partie par leur
exposition géographique - Diageo est très exposé au marché
américain, le plus rentable au monde - et par leur portefeuille
de marques - la bière (Guinness) détenue par le britannique ne
nécessitant par les mêmes investissements que les stocks
d'eaux-de-vie nécessaires à la fabrication du cognac.
    "L'écart tient plus au mix géographique qu'à une mauvaise
gestion des coûts", notent ainsi les analystes de Bryan Garnier.
    De la même façon, le retour sur capitaux employés (7% chez
Pernod, 14% chez Diageo) tient au coût de financement des stocks
d'eaux-de-vie, précisent-ils.
    Pour doper la rentabilité, Elliott réclame des réductions de
coûts massives de 500 millions d'euros, en sus des plans
d'économies de 350 millions d'euros déjà engagés depuis 2014.
    Chez Pernod Ricard, on indique que le nouveau plan
stratégique à trois ans a été présenté aux cadres dirigeants le
24 octobre - donc avant qu'Elliott n'annonce au groupe avoir
pris 2,5% de son capital - et que le management n'a pas attendu
le fonds américain pour se fixer des objectifs ambitieux.
    "Le plan contient 21 grands projets visant à améliorer la
croissance et la rentabilité, avec toujours le souci du meilleur
équilibre entre performance à court terme et création de valeur
à long terme", a indiqué Olivier Cavil, directeur de la
communication du groupe.
    Ce plan devrait être détaillé à la communauté financière
dans le courant du premier semestre 2019.
       
    MINORITÉ DE BLOCAGE 
    Les critiques d'Elliott sur la gouvernance rejoignent aussi
celles des investisseurs, qui estiment que sur sept
administrateurs indépendants, deux sont liés à la holding belge
GBL  GBLB.BR , allié historique de Pernod Ricard, et ne peuvent,
de ce fait, être considérés comme indépendants. 
    Nombre d'observateurs s'étonnent cependant du calendrier
choisi par Elliott pour s'attaquer à Pernod Ricard, dont le
cours de Bourse a flambé de près de 40% en trois ans et dont les
multiples de valorisation, jugés souvent élevés, dépassent
aujourd'hui ceux de Diageo.
    A 144,50 euros, le titre se traite sur un multiple de 21,57
fois les résultats estimés pour le prochain exercice, contre
20,71 fois pour Diageo.       

    "Compte-tenu du parcours boursier du titre et de ses
multiples, la valeur ne constitue pas une cible évidente pour un
fonds activiste", notent les analystes de Jefferies.
    Ceux de Credit suisse trouvent eux aussi "étrange" le moment
choisi par Elliott pour s'attaquer à un groupe qui génère
aujourd'hui "la plus forte croissance du secteur".
    En outre, la famille héritière du fondateur Paul Ricard
détient aujourd'hui 21,9% des droits de vote et dépasse la
minorité de blocage de 33% avec son allié GBL, qui détient 12%
des droits de vote et qui vient de renouveler son soutien à la
stratégie et au management du groupe.  
    Mais Elliott est connu pour sa ténacité. Il peut aussi se
montrer très patient. 
    En rendant publique sa position, il va tenter de rallier
d'autres actionnaires, à commencer par les fonds américains
Capital Group Companies et MFS Investment Management, qui
détiennent respectivement 8,7% et 7,3% des droits de vote de
Pernod Ricard.
    "Il y a beaucoup de schémas possibles", souligne un avocat
sous couvert d'anonymat. Un fonds activiste peut prendre son
temps, continuer à monter au capital, demander un siège au
conseil et parvenir à rallier suffisamment de voix pour exercer
des pressions très fortes.
    "Il n'y a pas de majorités indéfectibles dans le temps",
ajoute-t-il.
     Du côté des pouvoirs publics, le message est clair:  
"L'Etat souhaite que les grandes entreprises françaises (...) ne
soient pas soumises à un actionnariat dont l'objectif est la
rentabilité a court-terme", a-t-on indiqué au ministère de
l'Economie. 

    <^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^
Performance des vins & spiritueux européens     https://tmsnrt.rs/2Rg6rSs
GBL défend la stratégie et le management de Pernod Ricard    
 
    ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^>
 (Pascale Denis, édité par Jean-Michel Bélot)
 

Valeurs associées

Euronext Paris -2.09%
Euronext Paris -0.51%
LSE +1.11%
GBL
Euronext Bruxelles +1.10%

0 commentaire

Mes listes

Cette liste ne contient aucune valeur.