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Air France-KLM veut développer des coentreprises en Orient

Reuters18/11/2014 à 15:11

AIR FRANCE-KLM VEUT DÉVELOPPER DES COENTRPRISES EN ORIENT SUR LE MODÈLE DE DELTA

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Air France-KLM veut développer des coentreprises avec des compagnies en Asie et au Moyen-Orient sur le modèle de celle nouée avec l'américaine Delta Airlines sur l'Atlantique Nord, a déclaré mardi le PDG du groupe franco-néerlandais.

La montée en puissance dans le "low cost" à partir de la compagnie Transavia, freinée par la grève des pilotes de septembre, est d'autant plus indispensable pour attirer des compagnies chinoises et du Golfe, a souligné Alexandre de Juniac lors d'une rencontre organisée à l'European American Press Club.

La coentreprise avec Delta, mise en place en 2009 et renouvelée en 2012 pour dix ans, a réalisé en 2013 un chiffre d'affaires de plus de 12,5 milliards de dollars, revendiquant une part de marché de 23% sur l'Atlantique Nord.

"L'idée est, dans le long-courrier, de bâtir avec probablement plusieurs acteurs asiatiques (...) des partenariats de même intensité et de même nature qu'avec Delta", a précisé Alexandre de Juniac, soulignant que cette coentreprise affiche une "profitabilité à deux chiffres".

Cette coentreprise n'a pas entraîné la création d'une société commune mais la mise en place d'un contrat définissant à la fois un compte de résultat commun et des organisations pour gérer tous les aspects du partenariat.

Air France-KLM, qui regarde aussi au Moyen-Orient, a en particulier dans son viseur "une à deux" compagnies chinoises et plus largement dans le Sud-Est asiatique.

Alexandre de Juniac a qualifié d'"embryonnaires" les accords de coentreprises signés par Air France et KLM avec China Southern en 2010 et China Eastern en 2012, réalisant un chiffre d'affaires de plus de 700 millions d'euros en 2013.

Avec Etihad, Air France-KLM discute depuis des mois pour approfondir son partenariat mis en place fin 2012 et pour l'instant limité à des partages de code entre leurs vols. La compagnie du Golfe va succéder à Air France-KLM en tant que premier actionnaire d'Alitalia.

Pour couvrir l'Amérique du Sud, Air France-KLM a signé en février un partenariat avec la compagnie brésilienne GOL dans laquelle le groupe a pris une participation de 1,5%.

FLOTTE DE 150 AVIONS NÉCESSAIRE DANS LE "LOW COST"

Alexandre de Juniac a réaffirmé sa détermination à développer l'offre "low cost" d'Air France-KLM via sa compagnie Transavia, même si le projet d'origine, qui prévoyait des bases en Europe de l'Ouest, a été enterré par la grève historique des pilotes d'Air France durant la deuxième quinzaine de septembre.

"On ne peut pas prétendre amener le marché européen à des entreprises qui concluent un partenariat avec nous (...) si la moitié du marché européen nous échappe", a-t-il dit, faisant référence aux 40% du marché "low cost" pris principalement par easyJet et Ryanair.

Le projet revu à la baisse à partir de Transavia en France et aux Pays-Bas prévoit environ 80 avions contre 44 actuellement, encore loin du seuil d'environ 150 avions jugé nécessaire à terme par Alexandre de Juniac.

Conclure un partenariat ou une acquisition dans le "low cost" reste une option, mais pas une priorité dans l'immédiat, a-t-il souligné, la grève ayant repoussé d'un an les objectifs financiers du groupe.

"Pour l'instant les résultats du groupe Air France-KLM et sa structure de bilan ne permettent pas d'envisager des acquisitions significatives", a déclaré Alexandre de Juniac.

Il n'est pas certain qu'Air Berlin, dont Etihad est actionnaire, complète bien Air France-KLM dans l'est de l'Europe étant donné son caractère "un peu hybride" entre "low cost" et compagnie traditionnel, a-t-il dit à Reuters à l'issue de la rencontre.

Les retards de réservation du fait de la grève sont à peu près conformes aux estimations du groupe mais n'ont pas été entièrement rattrapés, a également précisé Alexandre de Juniac.

"Il n'y a pas de frémissement en plus ou en moins, c'est plutôt assez gris", a-t-il ajouté au sujet de la conjoncture.

Le numéro deux européen du transport aérien derrière Lufthansa a estimé fin octobre que la grève et la conjoncture amputeraient l'excédent brut d'exploitation d'Air France-KLM d'environ 500 millions d'euros en 2014.

Le groupe avait déjà abaissé début juillet son objectif d'Ebitda à 2,2-2,3 milliards d'euros pour 2014 au lieu de 2,5 milliards.

(Edité par Dominique Rodriguez)


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