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Accusé de corruption, Netanyahu assure rester aux commandes

Reuters14/02/2018 à 21:55
    * La police israélienne recommande son inculpation 
    * La décision appartient au procureur général 
    * Netanyahu dément toute malversation 
    * Ses ministres le soutiennent 
 
 (Ajout résultats d'un sondage) 
    par Maayan Lubell 
    JÉRUSALEM, 14 février (Reuters) - Le Premier ministre 
israélien, Benjamin Netanyahu, a souligné mercredi la cohésion 
de son gouvernement qui, a-t-il dit, tient fermement les 
commandes du pays en dépit des accusations de corruption pesant 
sur sa personne. 
    La police israélienne a recommandé mardi au parquet 
d'inculper Benjamin Netanyahu pour corruption dans deux 
dossiers, disant disposer d'éléments suffisamment probants. 
  
    Le chef du gouvernement, âgé de 68 ans, a immédiatement 
rejeté des accusations "sans fondement", s'engageant à continuer 
à diriger le pays "avec loyauté et responsabilité" tant qu'il en 
aura la charge. 
    Lors d'une réunion mercredi à Tel Aviv, il s'est de nouveau 
adressé à la nation pour dire qu'il entendait exercer son mandat 
jusqu'à son terme. 
    "Personne, ni moi ni quiconque, n'envisage d'organiser des 
élections", a-t-il déclaré, ajoutant que le dossier de la police 
était "comme un fromage suisse, plein de trous". 
    "Nous continuerons à travailler (...) pour le bien des 
citoyens d'Israël jusqu'à la fin du mandat" en novembre 2019, 
a-t-il promis. 
    Les partis de la coalition gouvernementale ont fait savoir 
qu'ils restaient au côté du Premier ministre, dans l'attente de 
la décision du procureur général de l'inculper ou pas - décision 
qui pourrait prendre plusieurs mois. 
    Les marchés israéliens étaient à la hausse mercredi, signe 
que les milieux économiques et financiers ne s'inquiètent pas. 
     
    COHÉSION GOUVERNEMENTALE  
    Le ministre de la Défense Avigdor Lieberman, qui dirige le 
parti ultra-nationaliste Yisrael Beitenu, a déclaré qu'il 
resterait à son poste dans l'attente de la décision du procureur 
général. 
    "Vraiment, en ce moment, nous sommes sur la même longueur 
d'ondes. Il n'y a pas de place pour les manoeuvres politiques ou 
d'autres considérations", a-t-il dit lors de la réunion à Tel 
Aviv. 
    Le ministre de l'Education, Naftali Bennett, numéro un du 
parti d'extrême droite Foyer juif, a également précisé qu'il 
attendait la décision du procureur. "Pour ce qui est de la 
question morale, les gens se décideront le jour des élections", 
a-t-il déclaré. 
    Son collègue des Finances, Moshe Kahlon, chef du parti 
centriste Kulanu, a décidé de faire de même. 
    Avraham Diskin, professeur de sciences politiques à 
l'Université hébraïque de Jérusalem, explique qu'aucun des 
partenaires de Netanyahu au sein de la coalition gouvernementale 
n'a intérêt à provoquer une crise. "Je ne vois vraiment pas un 
éclatement de la coalition dans un avenir prévisible", a-t-il 
dit à Reuters. 
    Comme si de rien n'était, Benjamin Netanyahu se rendra à la 
conférence annuelle de Munich sur la sécurité, qui s'ouvre 
vendredi. 
    Le Premier ministre est soupçonné de fraude, d'abus de 
confiance et de corruption pour avoir accepté des pots-de-vin. 
    Dans l'une des deux affaires qui le visent, "l'affaire 
1000", il aurait reçu des cadeaux de la part de personnalités 
comme le milliardaire australien James Packer et le producteur 
de cinéma israélien Arnon Milchan. 
     
    CIGARES ET CHAMPAGNE  
    Le montant des cadeaux reçus entre 2007 et 2016 - cigares, 
champagne, bijoux notamment - serait d'environ un million de 
shekels (230.000 euros), selon la police. 
    Mardi soir, un avocat d'Arnon Milchan a affirmé sur la 
chaîne de télévision Channel 10 que des cadeaux avaient été 
faits de manière désintéressée par son client, en signe d'amitié 
et sans aucune contrepartie. 
    Dans un courriel, un porte-parole de James Packer a souligné 
que ce dernier n'avait rien à se reprocher et avait été entendu 
comme témoin, non comme suspect. 
    Le deuxième dossier, "l'affaire 2000", concerne les 
relations entre Benjamin Netanyahu et le propriétaire du journal 
Yedioth Ahronot, Arnon Mozes. Les deux hommes sont soupçonnés de 
s'être entendus pour freiner la croissance d'un quotidien rival, 
Israel Hayom. Pour la police, il y a lieu de penser que Mozes a 
offert un pot-de-vin au Premier ministre en échange de son aide. 
    Les avocats de Mozes, Navit Negev et Iris Niv-Sabag, ont 
affirmé que leur client n'avait commis aucun crime et se sont 
dits confiants dans la décision de la justice. 
    Pour le quotidien Haaretz, Benjamin Netanyahu se trouve 
désormais dans une position difficile. "Ce n'est peut-être pas 
la fin mais c'est le commencement de la fin", écrit 
l'éditorialiste Yossi Verter. 
    La moitié des électeurs israéliens croit aux accusations de 
la police et souhaite que Netanyahu soit condamné pour 
corruption, montre un sondage dévoilé mercredi par la chaîne de 
télévision privée Reshet. 
    Netanyahu a commis une infraction selon 49% des personnes 
interrogées, quand 25% d'entre elles disent croire en son 
innocence.  
    Cependant, 49% des sondés estiment que le Premier ministre 
doit rester en fonction, tandis que 43% d'entre eux pensent 
qu'il devrait lui-même se retirer. 
 
 (Avec Ari Rabinovitch et Dan Williams; Gilles Trequesser et Guy 
Kerivel pour le service français) 
 

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