Trump affirme que l'espace aérien du Venezuela doit être considéré comme "entièrement fermé"
information fournie par AFP 29/11/2025 à 20:05

Le président américain Donald Trump participe à un appel vidéo avec des militaires depuis sa résidence de Mar-a-Lago à Palm Beach, en Floride, le 27 novembre 2025 ( AFP / Jim WATSON )

Le président américain Donald Trump a lancé samedi un avertissement selon lequel l'espace aérien au-dessus et à proximité du Venezuela devait être considéré comme "entièrement fermé", dans le cadre de sa confrontation croissante avec le dirigeant de gauche Nicolas Maduro.

"À toutes les compagnies aériennes, pilotes, trafiquants de drogue et trafiquants d'êtres humains," a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social, "veuillez considérer L'ESPACE AÉRIEN AU-DESSUS ET AUTOUR DU VENEZUELA COMME ENTIÈREMENT FERMÉ".

Le président américain n'a pas donné de détails.

Cette déclaration intervient alors que l'administration Trump, dans sa lutte contre les cartels de la drogue, intensifie la pression sur le Venezuela avec un déploiement militaire majeur dans les Caraïbes, incluant le plus grand porte-avions du monde.

Donald Trump accuse en particulier le Venezuela d'être un artisan du trafic de drogue qui inonde le marché américain.

Caracas dément et insiste sur le fait que l'objectif véritable est un changement de régime et la mainmise sur les réserves pétrolières du pays.

Samedi, l'aéroport de Maiquetia qui dessert Caracas fonctionnait normalement, a constaté un journaliste de l'AFP qui a assisté à plusieurs atterrissages et décollages.

Six compagnies aériennes, dont Iberia, TAP et Turkish Airlines, ont toutefois suspendu cette semaine leurs liaisons avec le Venezuela pour des raisons de sécurité, ce qui leur a valu de se voir retirer leurs licences par Caracas.

Ces annulations perturbent les voyageurs. "C'était horrible, ce voyage est une odyssée et j'ai dépensé beaucoup d'argent", explique Yusmaicar Salabarria 35 ans, médecin vénézuélienne vivant au Chili et revenue au pays pour les vacances.

"Je suis partie du Chili mais mon vol Bogota-Caracas a été annulé. Depuis Bogota, je suis allé à Cucuta (frontière entre les deux pays). J'ai traversé par voie terrestre (la frontière) et j'ai pris un avion de San Cristobal (sud-ouest) à Caracas ce matin à 9h30. Je suis arrivée à 10h30 avec (la compagnie vénézuélienne) Estelar sans problème", raconte-t-elle. "J'ai mon vol pour Puerto Ordaz (nord-est) avec Rutaca (autre compagnie) à 19h40".

- Rencontre Trump Maduro? -

Elle dit avoir voyagé "sans peur": "ils (Etats-Unis) disent toujours qu'ils vont attaquer, il faut vivre au jour le jour, seul Dieu sait ce qui va se passer", conclut-elle.

A Marakay, à une centaine de kilomètres de Caracas, des avions de combat Sukhoi et F-16 ont pris part à un meeting aéronautique, survolant la région, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Au pouvoir depuis 2013, le président socialiste Nicolas Maduro, héritier politique de Hugo Chavez, figure de la gauche radicale en Amérique latine, a été réélu en 2024 à l'issue d'un scrutin contesté, marqué par des troubles et des arrestations massives.

Capture d'écran d'une vidéo postée sur X par le ministre américain de la Défense Pete Hegseth le 6 novembre 2025 montrant selon lui une frappe aérienne sur un bateau accusé de narcotrafic ( US Secretary of Defense Pete Hegseth's X Account / Handout )

Les forces américaines ont mené des frappes contre plus de 20 navires vénézuéliens soupçonnés de trafic de drogue dans la mer des Caraïbes et l'océan Pacifique Est depuis début septembre, tuant au moins 83 personnes.

Washington n'a pas encore fourni de preuves que les navires ciblés étaient utilisés pour le trafic de drogue ou représentaient une menace pour les États-Unis.

Ces derniers jours, une activité constante d'avions de combat américains a été enregistrée à quelques dizaines de kilomètres des côtes vénézuéliennes, selon des sites de suivi des aéronefs.

La République dominicaine, voisine du Venezuela, a par ailleurs autorisé cette semaine les États-Unis à utiliser des installations aéroportuaires dans le cadre de son déploiement, tandis que l'État insulaire de Trinité-et-Tobago, éloigné d'une dizaine de kilomètres seulement du Venezuela, a accueilli récemment des exercices des Marines américains.

Le New York Times a indiqué vendredi que MM. Trump et Maduro s'étaient récemment entretenus par téléphone et avaient discuté d'une possible rencontre aux États-Unis.

Pourtant, avant le déploiement, la justice américaine avait porté à 50 millions de dollars la récompense pour des informations conduisant à la capture de Nicolas Maduro.

Un écran d'information sur les vols à l'aéroport international Simon Bolivar de Maiquetia, dans l'État de La Guaira, au Venezuela, le 27 novembre 2025, après la décision du gouvernement d'interdire l'accès à son territoire aux compagnies aériennes étrangères qui avaient cessé de desservir le pays en raison des inquiétudes liées aux activités militaires américaines ( AFP / Federico PARRA )

Washington a désigné comme organisation terroriste étrangère le Cartel des Soleils, une organisation dont l'existence reste à démontrer selon de nombreux experts et qui, d'après Washington, serait dirigée par le président Maduro.

Jeudi, le président américain avait déclaré que ses forces allaient très bientôt commencer à cibler des "trafiquants de drogue vénézuéliens" lors d'opérations terrestres, accentuant encore la pression.