L'Europe, hormis Paris, finit en baisse une séance volatile
information fournie par Reuters 09/06/2026 à 18:34

Le graphique de l'indice allemand DAX

par Claude Chendjou

Les principales Bourses européennes, hormis Paris, ont terminé dans le rouge mardi une séance volatile, tandis ‌que Wall Street était également en baisse à mi-parcours dans une session dominée par un attentisme relatif aussi bien au Moyen-Orient que sur l'évolution de la politique monétaire des grandes banques centrales.

À Paris, le CAC 40 a ​grappillé en clôture 0,05% à 8.203,43 points après avoir passé une grande partie de la séance nettement dans le vert. Le Dax allemand a reflué de 0,80%. Le Footsie britannique a reculé de 1,41%, largement pénalisé dans sa forte pondération en valeurs liées aux hydrocarbures, dans le sillage du repli des cours du pétrole.

L'indice EuroStoxx 50 a perdu 0,21%, le FTSEurofirst 300 0,53% et le Stoxx 600 0,50%.

Le secteur bancaire, en lien avec les mouvements ​de concentration en Italie, a porté pendant un temps les grands indices en Europe, avant d'effacer pratiquement tous ses gains à la clôture.

Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones recule de 0,49%, le Standard & Poor's 500 de 0,99% et le Nasdaq de 1,69% après avoir ouvert ​tous les trois dans le vert, tirés initialement par la bonne orientation des valeurs liées aux semi-conducteurs.

Mais des prises ⁠de bénéfice dans le secteur, au fur et à mesure des échanges, ont eu raison du rebond entamé depuis lundi après la forte correction de vendredi. Intel, Broadcom et Micron Technology perdaient entre ‌1,7% et 2%, tandis que l'indice des semi-conducteurs abandonnait 2% après avoir grimpé en séance de 3%.

Les poids lourds de la "tech" comme Nvidia <NVDA.O, Apple et Microsoft cèdaient entre 1,1% et 3%.

Sur le plan géopolitique, l'optimisme quant à un accord de paix prochain au Moyen-Orient s'est légèrement estompé au fil de la journée alors que Israël a mené mardi une ​frappe contre la ville portuaire de Tyr, dans le sud du Liban, tandis que ‌l'Iran a menacé de riposter à toute nouvelle offensive de l'État hébreu sur le territoire libanais.

"Une situation de 'pas d'accord, pas de guerre' entre les Etats-Unis ⁠et l'Iran ne pourra probablement pas durer indéfiniment", prévient Thierry Wizman, stratégiste chez Macquarie Group. Selon lui, l'administration américaine voudra rouvrir le détroit d'Ormuz par la force à un moment donné, vraisemblablement lorsque les réserves mondiales visibles de pétrole brut atteindraient un niveau critique.

Le pétrole est cependant resté dans le rouge, tandis que l'or et le dollar, actifs refuge, s'affichaient en repli. Les rendements obligataires longs en Europe et aux Etats-Unis, étaient quant à eux ⁠quasiment stables.

L'indice VIX de la volatilité à Wall ‌Street et celui sur l'EuroStoxx 50 grimpaient parallèlement respectivement de 6,50% à 20,13 points et 6,38% à 20,65%.

VALEURS EN EUROPE

Valeo a fini en repli d'environ 4% dans une séance ⁠volatile après avoir annoncé avoir conclu un accord avec le fabricant belge de systèmes de refroidissement Calyos pour des centres de données d'IA.

Le groupe pharmaceutique GSK a perdu près de 0,5% après l'annonce du rachat du laboratoire ‌spécialisé dans l'oncologie Nuvalent pour 10,6 milliards de dollars.

Le secteur financier en Italie a de nouveau été au centre de l'attention, Intesa (+1,45%) ayant fait part d'un accord visant à céder 635 succursales ⁠Monte dei Paschi di Siena (+3,48%) et la marque à l'assureur Unipol (+4,77%).

Cette annonce intervient après que Monte dei Paschi di Siena a reçu la semaine dernière ⁠deux propositions de rachat de la part d'Intesa (+2,84%) et ‌Banco BPM (+2,03%) dans un contexte de lutte pour des gains de parts de marché en zone euro.

UBS a grappillé 0,70%, réagissant à une information de Reuters selon laquelle les députés suisses envisagent un texte moins stricte en ​matière de fonds propres.

LES INDICATEURS DU JOUR

La production industrielle allemande a rebondi à 0,4% en avril par rapport au mois ‌précédent, alors qu'une hausse de 0,4% était attendue, selon l'Office fédéral de la statistique.

La croissance des exportations de la Chine a accéléré en mai, de 19,4% sur un an, battant le consensus qui ressortait à +15,0% après une hausse de 14,1% en avril, selon ​les données officielles.

CHANGES

Le dollar, se déprécie mardi, de 0,15%, face aux principales devises dans un contexte de trêve fragile entre l'Iran et Israël et dans l'attente des chiffres de l'inflation américaine prévus mercredi.

L'euro avance de 0,18%, à 1,155 dollar, tandis que la livre sterling s'échange à 1,338 dollar (+0,36%), après être tombés tous deux à un plus bas en deux mois lors de la séance précédente.

TAUX

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans ⁠s'affiche à 4,530%, faisant du surplace, à une semaine de la réunion de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed) et à la veille des chiffres mensuels des prix à la consommation aux Etats-Unis.

Le rendement du Bund allemand de même échéance a fini pratiquement inchangé, à 3,05%, alors que la BCE devrait relever son principal taux directeur de 25 points de base, à 2,25% jeudi, soit sa première variation de taux en un an. La principale question pour les marchés est cependant de savoir ce qui se passera ensuite.

PÉTROLE

Le marché pétrolier est en fort repli après que l'Iran et Israël ont déclaré avoir cessé leurs attaques mutuelles à la suite d'un appel du président américain Donald Trump.

Le Brent reflue de 3,84% à 90,64 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) décline de 4,48% à 87,22 dollars.

A SUIVRE MERCREDI :

LA SITUATION SUR LES MARCHÉS

(Certaines données peuvent ​accuser un léger décalage)

(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)