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Valeurs de l'UE bafouées en Hongrie, le Parlement européen lance une procédure

AFP12/09/2018 à 20:23

Le Parlement européen vote en session plénière à Strasbourg (France), le 12 septembre 2018 ( AFP / FREDERICK FLORIN )

Le Parlement européen a dénoncé mercredi la menace "systémique" pesant sur les valeurs de l'UE en Hongrie, et activé une rare procédure qui pourrait à terme conduire à des sanctions contre Budapest.

C'est la première fois que le Parlement européen use de son droit d'initiative pour demander au Conseil (les Etats membres) de se prononcer sur la situation de l'Etat de droit d'un pays membre.

Décision politiquement symbolique, le vote du Parlement déclenche une longue procédure dont l'issue est incertaine mais qui peut en théorie mener à des sanctions sans précédent à l'encontre de Budapest.

"La décision d'aujourd'hui n'est rien de moins qu'une petite vengeance des politiciens pro-immigration contre la Hongrie", a réagi le ministre des Affaires étrangères Peter Szijjarto, à l'issue d'une réunion gouvernementale.

La procédure de l'article 7 est rarissime dans l'histoire de l'UE. Néanmoins, c'est la deuxième fois en un an qu'elle est déclenchée. En décembre, la Commission avait initié la procédure contre la Pologne.

Elle en est pour l'instant à un stade préliminaire, après l'audition de Varsovie fin juin par le Conseil des ministres des Affaires européennes.

Dans un communiqué, le Parlement explique que la phase de la procédure déclenchée est "préventive", et doit permettre un dialogue avec le pays concerné pour "éviter de possibles sanctions".

La rapporteure du dossier au Parlement européen, l'élue verte Judith Sargentini réagit à l'annonce du résultat le 12 septembre 2018. ( AFP / FREDERICK FLORIN )

"C'est un signe positif que ce Parlement prend ses responsabilités", s'est félicitée l'eurodéputée Judith Sargentini (Verts), rapporteure du dossier. Elle a reconnu qu'il n'y avait "pas de calendrier" pour la suite de la procédure mais s'attendait à une réponse "rapide" du Conseil.

- Opinion "déjà faite" -

La résolution est passée avec 448 votes pour et 197 contre (et 48 abstentions). Le résultat a été immédiatement contesté par le gouvernement de Viktor Orban. Dans un tweet, le porte-parole Zoltan Kovacs estime que l'abstention aurait dû être prise en compte.

La question avait été posée au service du juridique du Parlement avant le scrutin, qui avait confirmé la tradition appliquée dans l'hémicycle de ne pas considérer l'abstention comme un suffrage exprimé.

La résolution votée par le Parlement "invite le Conseil à constater s'il existe un risque clair de violation grave, par la Hongrie, des valeurs visées à l'article 2 du traité de l'UE et à adresser à la Hongrie des recommandations appropriées à cet égard".

Le débat précédant le vote a donné lieu à un âpre face-à-face entre le Premier ministre Viktor Orban, venu défendre "l'honneur" de son pays, et les parlementaires.

L'article 7 de l'UE, pour protéger l'Etat de droit ( AFP / Aude GENET )

M. Orban n'a pas cherché à convaincre son auditoire, dont il estimait que l'opinion était "déjà faite". "Je n'accepterai pas que les forces pro-immigration nous menacent, fassent un chantage et calomnient la Hongrie sur la base de fausses accusations", a lancé le dirigeant national-conservateur.

- Longue liste de préoccupations -

Le rapport Judith Sargentini établit une longue liste de "préoccupations" portant sur le bafouement des libertés et valeurs prônées par l'UE dans la presse, au sein des universités, contre les minorités, contre les migrants, mais aussi en matière de corruption et d'indépendance de la justice.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban montre un document durant un débat sur la Hongrie au Parlement européen à Strasbourg (France), le 11 septembre 2018 ( AFP / FREDERICK FLORIN )

Soutenue par les sociaux-démocrates, les libéraux, les Verts et la gauche radicale, mais dénoncée par les groupes souverainistes qui siègent au Parlement, le sort de la résolution dépendait surtout du vote du PPE (Parti populaire européen).

La principale formation politique dans l'hémicycle accueille en effet en son sein le Fidesz de Viktor Orban (12 représentants sur les 218 eurodéputés du groupe).

Incapable de s'accorder en interne, la formation de droite n'avait pas donné de consigne de vote. Mais son chef, l'Allemand Manfred Weber, avait annoncé son intention de voter personnellement en faveur de la résolution.

"J'ai toujours été favorable à construire des passerelles, et je veux continuer à le faire, mais hier (mardi) je n'ai vu aucune volonté de la part du Premier ministre hongrois de faire un pas vers ses partenaires de l'UE et de répondre à nos inquiétudes", a expliqué M. Weber sur Twitter.

Selon la liste des votes, 115 eurodéputés PPE ont voté pour la résolution, 28 se sont abstenus et 57 ont voté contre.

Le PPE compte parmi ses rangs la CDU de la chancelière allemande Angela Merkel, les Républicains en France et le parti chrétien-social du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

Dans une interview publiée dans la soirée sur le site du quotidien belge Le Soir, M. Juncker a répondu: "Si j'avais été membre du Parlement européen, j'aurais voté en faveur de l'activation de l'article 7 sur la Hongrie. Je suis totalement en harmonie avec le résultat du vote".

Interrogé sur la question de savoir si le Fidesz de Viktor Orban a toujours sa place au sein du PPE, le Luxembourgeois a estimé que "c'est une question à trancher par le parti".

Ligne dure anti-immigration, style autoritaire, prises de position anti-UE, Viktor Orban incarne la vague populiste qui déferle en Europe. Fin août, il avait désigné le président français Emmanuel Macron comme son ennemi en Europe. Mercredi, la présidence française a salué "un signal très fort" du Parlement.

5 commentaires

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  • sense78
    12 septembre18:46

    A. Merkel devrait remercier Orban sans qui des centaines de milliers d'immigrés illégaux auraient continué à déferler en Allemagne après 2015. Ce vote prouve que la bien-pensance contre la volonté des peuples n'est pas seulement l'apanage de la France.

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  • kurki
    12 septembre18:04

    En fait, la Hongrie défend les valeurs de l'Europe chrétienne, qui ne sont pas celles du machin européen ! Merci ORBAN !

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  • nextdoor
    12 septembre17:49

    eh les gars, vous pouvez aller vivre en HONGRIE si le pays vous attires . çà sert à çà l'Europe!

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  • padamalg
    12 septembre14:36

    La répression: riche idée pour réconcilier les peuples avec l'Europe !!!

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  • o258456
    12 septembre14:21

    Les peuples européens ne sont plus libres chez eux.

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