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Unedic-Le Medef lâche un peu de lest, séance décisive mardi

Reuters23/03/2017 à 20:03
    * Le Medef fait des concessions 
    * De nombreuses divergences demeurent 
    * La question des contrats courts reste la clef d'un accord 
    * Réunion décisive du conseil exécutif du Medef le 27 mars 
 
 (Avec fin de la séance, concessions du Medef, commentaires) 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 23 mars (Reuters) - Les organisations patronales ont 
lâché juste assez de lest, jeudi, pour sauver les négociations 
sur l'assurance chômage d'un nouvel échec et promis de compléter 
leurs propositions d'ici l'ultime séance, mardi prochain. 
    Les discussions butent toujours sur le traitement des 
contrats de travail de moins d'un mois sur lequel avaient échoué 
les précédentes négociations, en juin dernier. Le Medef avait 
transmis aux syndicats un projet d'accord révisé à la marge et 
sans changement sur cette question. ( ) 
    "Ça a failli mal tourner ce matin", a confié le négociateur 
de la CFTC, Eric Courpotin, dont les homologues CGT, CFDT et  
Force ouvrière (FO) avaient laissé éclater leur frustration. 
    A la pause déjeuner, Véronique Descacq (CFDT) avait dénoncé 
une "méthode" de négociation apportant "de l'eau au moulin de 
ceux qui pensent que le paritarisme, c'est du cirque". 
    "On a l'impression qu'ils attendent le dernier jour de la 
négociation pour nous mettre un fusil sur la tempe et nous dire 
'si vous voulez sauvegarder le paritarisme, signez'. Eh bien ça, 
il n'en est pas question. Moi, je prends le risque qu'on aille à 
l'échec", avait renchéri Michel Beaugas (FO). 
    Les syndicats avaient demandé au Medef, à la CPME et à l'U2P 
de revenir de la pause déjeuner avec un texte modifié. 
    En début d'après-midi, la délégation patronale a présenté 
plusieurs concessions qui ont quelque peu détendu l'atmosphère. 
    Le patronat s'est ainsi dit prêt à se rapprocher des 
propositions de la CFDT et de FO pour calculer le salaire de 
référence qui sert de base aux indemnisations, à condition 
d'unifier les conditions d'affiliation du régime général et des 
intérimaires selon ses propres termes. 
    Il s'est également dit prêt à examiner une proposition de la 
CFE-CGC visant à corriger les effets négatifs du décalage du 
paiement des allocations chômage lors du versement d'importantes 
indemnités de licenciements. 
    Il a enfin renoncé à baisser le plafond d'indemnisation des 
chômeurs proches de la retraite et révisé à la baisse sa 
proposition d'augmentation de l'âge d'entrée dans la filière 
senior, à 53 ans au lieu de 50 ans aujourd'hui (les syndicats ne 
veulent pas, pour leur part, aller au-delà de 52 ans). 
     
    UN "GESTE" DU MEDEF ? 
    Le Medef s'est par ailleurs engagé à revoir l'article par 
lequel les partenaires sociaux renonceraient, sous certaines 
conditions, à la garantie de l'Etat pour la dette de l'Unedic.  
    Il reste en revanche opposé au déplafonnement des 
cotisations pour les hauts salaires et reste vague sur les 
contrats courts, dont les syndicats veulent réduire l'usage. 
    Le patronat, hostile à une mesure générale de type 
bonus-malus, propose dans son projet d'accord d'"inciter" les 
secteurs économiques concernés à ouvrir des négociations pour 
mettre en place des dispositifs permettant de "modérer 
l'utilisation des contrats très courts (...) lorsque cela est 
possible". 
    Le négociateur du Medef, Alexandre Saubot, s'est dit prêt à 
revoir la rédaction de cet article, tout en gardant l'"esprit", 
et a promis "une mesure complémentaire pour crédibiliser le 
dispositif", sans en révéler la teneur. 
    Selon Michel Beaugas et son homologue de la CGT, Denis 
Gravouil, le patronat pourrait proposer une légère hausse 
générale des cotisations patronales mais compensée par une 
baisse de celles versées par les entreprises à l'Assurance 
garantie des salaires (AGS), qui prend en charge les salaires et 
indemnités de licenciement des entreprises défaillantes. 
    Une hypothèse qui n'a pas été confirmée par le patronat. 
    Aiguillonnés par la proximité de l'élection présidentielle 
et la crainte de voir leur échapper la gestion de l'assurance 
chômage, les partenaires sociaux s'étaient donné six semaines, 
le 15 février, pour s'accorder sur une nouvelle convention. 
    Mais le chemin reste très long avant un éventuel accord, 
sont convenus syndicats et patronat. 
    "On peut s'attendre à ce que la réunion du 28 mars soit 
compliquée", a commenté Jean-François Foucard, de la CFE-CGC. 
"Tout va reposer sur le problème des contrats courts", qui 
reste, selon Michel Beaugas, "la grande inconnue". 
    La séance de mardi prochain, qui pourrait le cas échéant se 
prolonger le lendemain, sera précédée de discussions entre les 
organisations patronales "pour voir ce qui est possible", avant 
une réunion décisive du conseil exécutif du Medef, lundi, a dit 
le négociateur de l'U2P, Patrick Liébus. "Le week-end pourrait 
être actif", a renchéri Alexandre Saubot.  
 
 (Edité par Elizabeth Pineau) 
 

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