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Une phrase d'Ayrault alimente le débat sur les 35 heures

Reuters30/10/2012 à 17:57

UNE PHRASE DE JEAN-MARC AYRAULT RELANCE LE DÉBAT SUR LES 35 HEURES

PARIS (Reuters) - Une phrase de Jean-Marc Ayrault sur un éventuel retour aux "39 heures" a alimenté mardi le débat sur la réduction du temps de travail, une mesure emblématique de la gauche, en pleine réflexion sur la compétitivité des entreprises françaises.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, a immédiatement précisé que telle n'était pas l'intention du gouvernement, tandis que des responsables syndicaux exprimaient leur désaccord et que le patronat saluait l'ouverture d'un débat.

Jean-Marc Ayrault, accusé par l'opposition d'un nouveau revirement sur ce sujet, a remis les points sur les "i" lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, où l'opposition a tenté d'exploiter à son profit ce qu'elle qualifie de nouveau "couac" au sein du gouvernement.

"La position qui est la mienne et qui a toujours été la mienne (...), c'est que la durée légale du travail est de 35 heures et qu'elle ne changera jamais quand la gauche sera au pouvoir", a dit le Premier ministre aux députés, après avoir accusé la droite de "manipulations" et de "mensonges".

A un lecteur du Parisien qui lui demande "si, demain, on revenait à 39 heures payées 39, des gens seraient peut-être ravis ?", il avait répondu : "Développez ce point de vue, mais vous verrez qu'il fera débat", lit-on mardi dans le quotidien.

"Mais pourquoi pas ? Il n'y a pas de sujet tabou. Je ne suis pas dogmatique", poursuit-il.

Après Michel Sapin, Martine Aubry, qui a présidé à l'instauration des 35 heures dans le gouvernement de Lionel Jospin, a minimisé la portée des propos de Jean-Marc Ayrault.

"Très franchement, j'ai lu ce qu'a dit le Premier ministre, il a dit 'vous voulez des débats? Eh bien pourquoi pas, allez-y, vous verrez ce que vous verrez!'", a-t-elle dit en marge d'une rencontre entre le Premier ministre et des élus locaux.

Une partie de l'opposition de droite et le patronat ont pourtant feint d'y voir une réelle ouverture.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a salué une "excellente nouvelle". "On peut enfin parler de la question de la durée du travail dans notre pays", a-t-elle dit sur Europe 1.

"PAS QUESTION", DIT LA CFDT

L'UMP Bernard Accoyer, ancien président de l'Assemblée nationale, a lui aussi estimé qu'"enfin" le débat était rouvert.

"Je suis heureux que le Premier ministre ouvre les yeux sur la situation du pays, quant à la compétitivité de la France qui est à l'origine de l'emploi, du pouvoir d'achat et du financement de notre protection sociale", a-t-il dit sur RFI.

Mais l'ancien Premier ministre François Fillon, tout en jugeant indispensable de "supprimer la référence à la durée légale du travail", ce que son gouvernement n'a pas fait, a surtout dénoncé la "cacophonie" au sein de l'exécutif.

"Je regrette que l'éclair de lucidité du Premier ministre ait été aussi éphémère", a-t-il dit dans un communiqué en demandant à Jean-Marc Ayrault "d'assumer ses propos".

Les syndicats, eux, sont vent debout.

Supprimer les 35 heures ? "Il n'en est pas question", a déclaré le numéro un de la CFDT, François Chérèque, sur France Info. "Si le gouvernement touche aux 35 heures, il aura la CFDT en travers de sa route."

Les 35 heures ne figureront pas non plus dans le rapport sur la compétitivité que Louis Gallois remettra au gouvernement le 5 novembre, a ajouté Jean-Marc Ayrault sur France Info.

En parallèle aux travaux sur la compétitivité, un sujet sur lequel François Hollande a promis des décisions au mois de novembre, les partenaires sociaux butent sur leurs différends dans la négociation sur la sécurisation de l'emploi. A la demande du patronat, les discussions ne reprendront que le 15 novembre.

"Je suis relativement confiante", a cependant déclaré Laurence Parisot sur Europe 1. "Les syndicats demandent de la sécurisation des parcours pour les salariés, nous disons OK."

"Mais nous voulons de la souplesse et il faut aussi qu'ils entendent ce besoin très fort des entreprises", a-t-elle ajouté. "Nous sommes sur un Titanic. Comme tout est encore confortable, nous ne nous rendons pas compte que le choc est peut-être près et que nous pouvons même couler."

Les syndicats ont rejeté la semaine dernière les propositions "inacceptables" des organisations patronales sur les licenciements collectifs, dans le cadre de cette négociation.

Le président François Hollande a demandé aux partenaires sociaux de trouver un accord sur le sujet d'ici fin 2012.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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