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Une nouvelle attaque au gaz imputée aux forces syriennes

Reuters22/10/2016 à 17:02
 (Actualisé avec diplomatie française, deux derniers §§) 
    par Michelle Nichols 
    NATIONS UNIES, 22 octobre (Reuters) - Les forces 
gouvernementales syriennes se sont rendues coupables d'une 
troisième attaque au gaz toxique, selon un rapport d'enquête 
international remis au Conseil de sécurité des Nations unies, 
que Reuters a pu consulter vendredi. 
    Ce quatrième rapport dans l'enquête ouverte depuis 13 mois 
par l'Onu et l'Organisation pour l'interdiction des armes 
chimiques (OIAM) précise que cette attaque a été menée le 16 
mars 2015 à Qmenas, dans la région d'Idlib. 
    Dans leur troisième rapport remis en août, les enquêteurs 
ont déjà imputé au régime syrien deux attaques au chlore, à 
Talmenes le 21 avril 2014 et à Sarmine le 16 mars 2015, et ont 
accusé le groupe Etat islamique d'avoir eu recours à du gaz 
moutarde.   
    Les conclusions du quatrième rapport pourraient entraîner 
une nouvelle confrontation au sein du Conseil de sécurité entre 
les cinq membres permanents avec d'un côté la Russie, qui 
soutient militairement les forces syriennes, et la Chine et, de 
l'autre, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. 
    Après la présentation du troisième rapport, la Russie avait 
jugé qu'il ne pouvait servir de base à des sanctions de l'Onu. 
    Le rapport remis vendredi précise que les forces syriennes 
ont utilisé des hélicoptères pour larguer des barils 
d'explosifs, qui ont eux-même libéré du chlore. Ces hélicoptères 
ont décollé de deux bases accueillant les 253e et 255e escadrons 
de la 63e brigade héliportée. 
    Il est écrit que le 618e escadron, doté d'hélicoptères de la 
marine, est aussi installé dans l'une de ces bases. 
    L'enquête n'a toutefois "pas permis de confirmer les noms 
des individus qui exerçaient le commandement et le contrôle de 
ces escadrons d'hélicoptères sur le moment". 
     
    CHAPITRE 7 
    Le rapport ajoute néanmoins que les personnes "ayant un 
contrôle effectif de ces unités militaires (...) doivent être 
tenues responsables". 
    Cette commission d'enquête formée avec l'aval unanime du 
Conseil de sécurité effectue des recherches sur neuf attaques 
menées dans sept régions de Syrie, où une enquête distincte de 
l'OIAC a déjà établi que des substances chimiques ont 
probablement été utilisées. Huit de ces attaques comportent 
l'utilisation de chlore. L'enquête n'a pu aboutir à des 
conclusions dans cinq cas. 
    L'utilisation du chlore à des fins militaires est interdite 
par la convention de 1997 sur les armes chimiques, à laquelle la 
Syrie a adhéré en 2013. Inhalé, le chlore peut être mortel car 
il brûle les poumons et provoque l'étouffement des victimes. 
    La Syrie a accepté de détruire ses stocks d'armes chimiques 
en 2013 dans le cadre d'un accord conclu entre la Russie et les 
Etats-Unis pour éviter une intervention militaire américaine 
contre le régime syrien à la suite d'un bombardement chimique 
meurtrier sur la Ghouta orientale, près de Damas. 
    Le Conseil de sécurité a entériné cet accord dans sa 
résolution 2118 et décidé que, en cas de violation de ce texte, 
"y compris de transfert non autorisé ou d'emploi d'armes 
chimiques par quiconque" en Syrie, il "imposera des mesures" en 
vertu du chapitre 7 de la charte de l'Onu. 
    Ce dernier permet d'imposer des sanctions ou d'autoriser 
l'emploi de la force. Il faut pour cela une autre résolution du 
Conseil de sécurité, au sein duquel la Russie dispose d'un droit 
de veto. 
    "La France n'acceptera pas que l'emploi d'armes chimiques en 
Syrie, établi maintenant de manière incontestable par le 
mécanisme d'enquête et d'attribution des Nations unies, reste 
impuni", a réagi samedi le chef de la diplomatie française, 
Jean-Marc Ayrault, dans un communiqué. 
    "Ce que je souhaite, c'est une condamnation claire de ces 
crimes dans le cadre d'une résolution du conseil de sécurité des 
Nations unies, sous chapitre VII", a-t-il ajouté, appelant les 
membres du Conseil à "prendre leurs responsabilités".   
 
 (Avec Simon Carraud à Paris, Bertrand Boucey pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 

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