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Un rapport met en doute la réalité de l'emploi d'une ex-compagne de Collomb
AFP13/11/2019 à 15:22

La Chambre régionale des comptes affirme ne "pas disposer d'éléments matériels" justifiant de l'emploi pendant près de dix ans de l'ex-compagne de Gérard Collomb comme agent municipal, dans son rapport consacré aux finances de la ville de Lyon.

Ces conclusions ont été rendues publiques mercredi dans un contexte électoral sensible, Gérard Collomb, investi par la LREM, briguant la présidence de la métropole lyonnaise en 2020.

La justice s'était déjà saisie du dossier en début d'année.

Lors de leur enquête, les magistrats de la Chambre des comptes avaient en effet alerté en février le parquet de Lyon et Gérard Collomb sur la situation de cet agent, identifiée alors comme son ex-compagne, Meriem Nouri.

Le parquet national financier avait alors ouvert une enquête sur de "possibles détournements de fonds publics" au profit de l'ex-compagne du maire de Lyon.

Des perquisitions avaient été menées en juin à l'Hôtel de Ville et au domicile de Gérard Collomb.

Ce dernier a réaffirmé mercredi n'avoir eu "connaissance des faits qu'en février" 2019.

Cette agente, qu'il n'a pas nommée, "a travaillé à la mission Serin, à la mission Rives de Saône. Il y a des dizaines de personnes qui l'ont vue dans ce poste", a assuré le maire, en référence à une enquête administrative interne qu'il avait diligentée.

Mais selon le rapport définitif de la Chambre régionale des comptes (CRC), qui consacre trois pages à ce cas sur un rapport de plus de 300 pages, "l'activité alléguée par la ville de cet agent (...) durant la période 2010-2015 sur des fonctions d'accueil et d'information du public n'a fait l'objet d'aucune traduction administrative".

"De juillet 2015 à avril 2018, l'agent n'a été affecté à aucun emploi de la ville correspondant à son grade et à ses fonctions effectives", poursuit le rapport dont les grandes lignes ont été présentées lors d'une conférence de presse de la ville, avant de l'être le 18 novembre au conseil municipal.

"Dans ces conditions, la chambre ne dispose pas d'éléments matériels attestant du service fait par cet agent sur la période courant de l'année 2010 au mois d'avril 2018", conclut la CRC.

Pointant une "inertie administrative regrettable" mais qui ne permet "pas de conclure à un emploi fictif", Gérard Claisse, adjoint délégué aux ressources humaines, a souligné que cette situation ne pouvait "pas être imputée au maire" de Lyon.

Au cours de leur instruction, les magistrats de la Chambre ont notamment constaté que dans le logiciel des ressources humaines de la collectivité, l'ex-compagne de M. Collomb était la seule "à bénéficier d'un forfait mensuel de 25 heures supplémentaires", montant maximum autorisé par la loi. Sa rémunération brute mensuelle était de 2.480 euros.

Évoquant le problème des forfaits d'heures supplémentaires, "sorte de rémunération complémentaire", et celui des agents municipaux "en attente d'affectation" aujourd'hui, M. Claisse a affirmé que le cas de cette agente n'était "pas un cas singulier".

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