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Un quart de "décrocheurs" dans l'enseignement secondaire

Reuters14/11/2013 à 09:22

UN QUART DE "DÉCROCHEURS" DANS L'ENSEIGNEMENT SECONDAIRE

PARIS (Reuters) - Un quart des 800.000 jeunes Français entrés en classe de 6e en 1995 n'ont pas terminé avec succès leur formation dans l'enseignement secondaire et huit sur dix de ces "décrocheurs" sont sans diplôme, selon une étude de l'Insee.

Les vingt pour cent restant ont un BEP ou un CAP mais ont échoué dans la formation qu'ils ont poursuivie ensuite, montre l'étude présentée dans le cadre de l'édition 2013 du Portrait social de la France publié chaque année par l'institut.

La lutte contre le décrochage scolaire est aujourd'hui une priorité des politiques publiques, la France s'inscrivant dans le cadre de la stratégie "Europe 2020", qui vise à réduire le taux d'abandon scolaire et améliorer les niveaux d'éducation.

Selon l'Institut national de la statistique, les décrocheurs se distinguent par leurs difficultés scolaires comme par leur origine sociale.

Seuls 5% d'entre eux étaient de bons lecteurs, 6% avaient un bon niveau en mathématiques et 7% un bon niveau en français à leur entrée en 6e.

La proportion d'enfants de cadres est bien plus faible parmi les décrocheurs que parmi les non-décrocheurs (5% contre 18%), la proportion d'enfants d'ouvriers y étant, à l'inverse, plus élevée (48% contre 31%).

Ce sont plus souvent des enfants de familles nombreuses (29% vivent dans une famille de quatre enfants ou plus, contre 15% pour les non-décrocheurs), et un peu plus souvent des garçons (60% contre 48%).

Les jeunes décrocheurs ont aussi, en moyenne, connu un parcours de vie plus difficile que les autres: ils sont plus nombreux à avoir rencontré des problèmes de santé ayant perturbé leur scolarité (21% contre 13%), un événement grave (décès, maladie ou accident) survenu à l'un de leurs parents (22% contre 15%), ou encore le divorce ou la séparation de leurs parents (24% contre 18%).

NIVEAU TRÈS FAIBLE

L'Insee classe les décrocheurs en trois grands groupes.

Le premier, près de la moitié du total (46%), est constitué d'élèves en difficultés scolaires dès la 6e, qui redoublent "massivement" au collège. Ils sont issus de milieux peu favorisés: la moitié ont un père ouvrier et 60% une mère sans diplôme.

Les jeunes du deuxième groupe, un tiers des décrocheurs, ont le plus souvent abandonné un cursus préparant au baccalauréat. Mais 43% d'entre eux ont un CAP ou un BEP.

Quant aux décrocheurs du troisième groupe (21% du total), ils sont tous entrés en 6e âgés de 12 ans ou plus avec un niveau scolaire très faible.

Beaucoup sont issus de familles nombreuses (44% vivent dans une famille de quatre enfants ou plus) et ont plus souvent que les autres jeunes décrocheurs un parent de nationalité étrangère (24% pour le père et 20% pour la mère).

Seulement un tiers sont des filles et les trois quarts des élèves de ce groupe sont passés au collège par des classes spécialisées.

L'Insee prolonge cette étude dans l'enseignement supérieur, où le terme décrocheur n'a toutefois plus de définition légale.

Sur les 800.000 jeunes entrés en 6e en 1995, 500.000, soit 62%, ont obtenu le bac, dont 87% ont entamé ensuite des études supérieures.

Un cinquième de ces derniers en sont sortis sans diplôme, une proportion moindre que la moyenne des pays de l'OCDE (30%).

Un peu plus d'un quart d'entre eux sortent après la première année de formation et les deux tiers ne vont pas au-delà de la deuxième année.

Yann Le Guernigou, édité par Emmanuel Jarry

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