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Un petit garçon de cinq ans, "vrai visage" de la guerre en Syrie

Reuters19/08/2016 à 09:29
 (Actualisé avec département américain d'Etat § 1-7-8-11) 
    BEYROUTH, 18 août (Reuters) - Une vidéo montrant un petit 
garçon syrien couvert de sang et de poussière, secouru après ce 
qui semble être une frappe aérienne à Alep, a déclenché 
l'émotion sur les réseaux sociaux tandis que Washington le 
présentait comme le "vrai visage" de la guerre en Syrie. 
    Assis seul dans une ambulance après le bombardement de 
l'immeuble où il vivait, ce petit garçon de cinq ans, identifié 
par les médecins sous le nom d'Omran Daqneesh, apparaît 
silencieux et choqué, semblant ne pas réaliser qu'il est blessé. 
    La vidéo, enregistrée mercredi dans le quartier de Katerji à 
Alep, un secteur tenu par les rebelles, montre un travailleur 
humanitaire porter l'enfant hors d'un bâtiment détruit par des 
bombardements et l'asseoir dans une ambulance avant de retourner 
vers les décombres.  
    Sous le choc, le petit garçon est bientôt rejoint par deux 
autres enfants amenés dans le véhicule. Un homme au visage 
couvert de sang les rejoint. 
    Photographe indépendant basé à Alep, Mohammed Raslan Abu 
Sheikh, témoin de la scène, raconte que les secours se sont 
réjouis lorsqu'ils sont parvenus après plusieurs heures 
d'efforts à extraire Omran vivant des décombres, ainsi que cinq 
autres membres de sa famille. 
    "Il était choqué, il ne pleurait même pas, il nous a fait 
pleurer, il était silencieux, il nous regardait", a dit le 
photographe à Reuters.  
    A Washington, le porte-parole du département d'Etat, John 
Kirby, a observé que "ce petit garçon n'avait jamais connu dans 
son existence un seul jour sans guerre, sans mort, sans 
destruction ou pauvreté". Le conflit syrien a débuté en mars 
2011, il y a plus de cinq ans. "Voilà le vrai visage de ce qui 
se passe en Syrie", a-t-il poursuivi lors de son point de 
presse. 
    "C'est l'une des raisons pour lesquelles le secrétaire (John 
Kerry) éprouve une telle frustration face à ce qui se passe sur 
le terrain en Syrie et continue de presser la Russie à 
travailler avec lui (...) pour tenter de parvenir à une 
cessation des hostilités qui soit davantage applicable sur toute 
l'étendue de la Syrie et durable, de sorte que nous n'ayons plus 
à regarder de photos comme celle de ce petit garçon", a-t-il 
ajouté. 
    Des centaines de milliers d'habitants d'Alep sont pris au 
piège des combats acharnés que se livrent rebelles et forces 
pro-gouvernementales syriennes appuyées par l'aviation russe. 
L'Onu estime qu'il reste entre 250.000 et 275.000 habitants dans 
les quartiers Est, tenus par la rébellion, et plus d'un million 
et demi dans la partie gouvernementale. 
    En septembre dernier, une autre photo dramatique avait fait 
la une des journaux du monde entier: celle d'Aylan Kurdi, un 
petit Syrien de trois ans mort noyé en mer Egée et échoué sur 
une plage turque après le naufrage du bateau qui le transportait 
vers la Grèce. 
    Khalid Albaih, un caricaturiste établi au Qatar, a relié ces 
deux images en les présentant comme l'alternative à laquelle 
sont réduits les enfants syriens s'ils restent ou s'ils s'en 
vont. 
    Jeudi, le hashtag #Syrianboy était l'un des plus relayés sur 
Twitter aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne jeudi.      
 
 (avec Reuters TV et Angela Moon à New York; Julie Carriat et 
Henri-Pierre André pour le service français) 
 

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