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UE-La commission Juncker entrera bien en fonction le 1er novembre

Reuters21/10/2014 à 18:10

* La Commission à l'heure malgré un incident de parcours slovène * Vote mercredi à Strasbourg grâce à l'alliance gauche-droite (Actualisé avec précision, § 4) par Gilbert Reilhac STRASBOURG, 21 octobre (Reuters) - La Commission européenne présidée par Jean-Claude Juncker devrait obtenir mercredi un vote favorable du Parlement de Strasbourg, permettant au nouvel exécutif de l'UE d'entrer en fonction le 1er novembre comme prévu. La dernière incertitude a été levée mardi avec l'avis favorable donné par les membres de la commission des Transports à la nomination dans ce domaine de la Slovène Violeta Bulc, chargée de remplacer au pied levé sa compatriote Alenka Bratusek, jugée incompétente par les députés européens. Cette centriste libérale, qui a travaillé dans la Silicon Valley et créé dans son pays une entreprise de télécommunication avant d'entrer le mois dernier au gouvernement, a eu droit à l'indulgence des eurodéputés eu égard aux quatre jours de préparation qui lui ont été accordés. Favorable aux investissements dans les infrastructures de transports et "totalement opposée au dumping social", cette ancienne basketteuse, ceinture noire de taekwondo, a pris soin de ne pas se faire d'ennemis lors de son audition lundi soir. "Elle nous a convaincu qu'elle pouvait faire le job", a résumé l'Allemand Manfred Weber, président du Parti populaire européen (PPE), la principale formation au sein du Parlement. De leur côté, les socialistes sont d'autant moins mécontents que l'éviction d'Alenka Bratusek, initialement pressentie pour être vice-présidente en charge de l'Energie, permet au social-démocrate slovaque Maros Sefcovic, d'abord pressenti pour les transports, de prendre sa place. "La majorité du groupe va soutenir cette Commission. Tous les portefeuilles de la relance sont entre les mains des socialistes et on a obtenu un nouveau vice-président", a dit à Reuters une source proche des socialistes et démocrates (S&D). Jean-Claude Juncker, une personnalité du centre-droit, sera entouré à la tête de la Commission par sept vice-présidents, dont trois sociaux-démocrates. Les socialistes, notamment français, considèrent en outre comme une victoire le fait d'avoir imposé Pierre Moscovici aux Affaires économiques et financière en dépit de la mauvaise réputation de la France en ce domaine. LES ÉCOLOGISTES FURIEUX Cette position fait hurler les écologistes. Ils rappellent que la contrepartie est l'acceptation du conservateur espagnol Miguel Arias Canete à l'Energie et à l'Action pour le climat, en dépit d'une situation de conflit d'intérêts selon eux avérée, même si le futur commissaire a revendu à un beau-frère ses actions dans une compagnie pétrolière. "C'est ça qui fait monter le scepticisme et l'extrémisme en Europe", a estimé lors d'une rencontre avec la presse Pascal Durand, ancien secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts, qui votera contre la nouvelle Commission. Le fait qu'aucune majorité ne soit possible au Parlement, du fait d'une présence renforcée des partis eurosceptiques et extrémistes, sans une alliance entre le PPE et le S&D, a de facto gelé les velléités offensives de ces deux formations. La gauche devrait néanmoins demander d'ultimes garanties à l'ancien Premier ministre luxembourgeois lors du débat qui précédera le vote, mercredi matin, notamment sur la nature et le contenu du plan de relance de 300 milliards qu'il avait annoncé après sa nomination, en juillet dernier. L'attribution des portefeuilles de la Citoyenneté, de l'Education et de la Culture au Hongrois Tibor Navracsics dont le parti, la Fidesz du Premier ministre Viktor Orban, membre du PPE), est accusé de dérives autoritaires et populistes, reste aussi une arrête dans la gorge de la gauche et des libéraux. "Nous partons du principe que M. Navracsics n'est pas en mesure d'assurer la responsabilité pour la citoyenneté et même pour la culture", a affirmé mardi Guy Verhofstadt, président du groupe Alliance des libéraux et démocrates européens (ALDE). Interrogé sur ces questions restées en suspens, Manfred Weber a fait part de son optimisme : "Je suis sûr que demain, Jean-Claude Juncker répondra comme il le doit", a-t-il dit. (Edité par Yves Clarisse)

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