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Trump ou Cruz, un choix difficile pour les républicains

Reuters07/03/2016 à 18:03
    par Ginger Gibson et Andy Sullivan 
    WASHINGTON, 7 mars (Reuters) - A huit mois de l'élection 
présidentielle américaine, les membres du Parti républicain 
hostiles à Donald Trump hésitent à se ranger derrière Ted Cruz, 
le jeune sénateur du Texas dont les positions sont parfois 
jugées trop conservatrices au sein même du Grand Old Party. 
    Ted Cruz, 45 ans, a remporté samedi les caucus du Kansas et 
du Maine, tandis que le tonitruant Donald Trump, 69 ans, 
s'imposait en Louisiane et dans le Kentucky.  
    Pour l'instant, l'homme d'affaires new-yorkais est en tête 
de la course à l'investiture républicaine pour le scrutin de 
novembre, avec 372 délégués, contre 295 pour Ted Cruz. (voir: http://tmsnrt.rs/1QHZulM) 
    La direction du GOP, désarmée face au comportement 
imprévisible de Trump, n'a pu que se désolidariser de ses 
propositions sur la construction d'un mur à la frontière avec le 
Mexique, sur l'expulsion de 11 millions de migrants sans papiers 
et sur l'interdiction provisoire du territoire américain aux 
musulmans. 
    Mais il n'est pas certain que la perspective d'une victoire 
de Ted Cruz, proche des thèses conservatrices de la mouvance 
"Tea Party" et des évangélistes, et qui mise lui aussi sur un 
rejet des élites de Washington, ferait les affaires du parti. 
    En 2013, Ted Cruz avait agacé nombre de ses collègues 
républicains au Congrès pour son rôle offensif lors du bras de 
fer avec le gouvernement démocrate, qui avait conduit à seize 
jours de "shutdown", la fermeture des administrations fédérales. 
    Pour le sondeur républicain Neil Newhouse, Ted Cruz n'a 
toujours pas démontré qu'il était en mesure de "ratisser large", 
au-delà de la frange la plus conservatrice du parti. "Au train 
où vont les choses, je juge très hautement improbable que le 
sénateur Cruz puisse rassembler tous ceux qui veulent barrer la 
route à Trump", déclare-t-il. 
     
    TROIS CAMPS 
    Kim Reem, membre du comité exécutif de la Fédération 
nationale des femmes républicaines, estime que Trump et Cruz 
sont des personnalités clivantes au sein du parti, où 
apparaissent aujourd'hui trois camps: ceux qui soutiennent 
Trump, ceux qui appuient Cruz et les partisans de 
l'"establishment", les élites du GOP. 
    "Pour les amis de Cruz, pas question de soutenir Trump, pour 
ceux de Trump, pas question de soutenir Cruz... Quant aux 
partisans de l'establishment, beaucoup ne veulent ni de l'un, ni 
de l'autre", ajoute Kim Reem. "Je ne vois vraiment pas comment 
arranger tout le monde..." 
    Certains républicains font remarquer que Ted Cruz, selon les 
sondages, ne semble guère en mesure de s'imposer en Floride et 
dans l'Ohio, deux Etats qui se prononceront le 15 mars. 
    Pour être désigné candidat du Parti républicain à l'élection 
présidentielle, il faut avoir le soutien de 1.237 délégués. Pour 
l'instant, derrière Trump (372) et Cruz (295), arrive le 
sénateur de Floride Marco Rubio, 44 ans, le favori de 
l'"establishment", qui peut compter sur 151 délégués après sa 
victoire dimanche à Porto Rico. Vient ensuite le gouverneur de 
l'Ohio, John Kasich, avec 35 délégués. 
    Le meilleur moyen de barrer la route à Trump, pour les 
partisans de l'élite du Parti républicain, serait que Rubio 
remporte les 99 postes de délégués en Floride et que Kasich 
obtienne les 66 délégués de la primaire de l'Ohio. 
    Si Cruz, Rubio et Kasich parviennent ensemble à empêcher 
Trump d'atteindre les 1.237 délégués, on aboutira à une 
"convention négociée" du GOP en juillet à Cleveland, mais sans 
garantie aucune que Ted Cruz, même s'il arrive en deuxième 
position, sera choisi à la place du magnat de l'immobilier. 
    "Pour moi, les idées du sénateur Cruz ne représentent que 
celles d'un tout petit groupe au sein de notre parti", commente 
Slater Bayliss, un républicain de Floride qui faisait campagne 
pour Jeb Bush avant que celui-ci ne se retire de la course le 
mois dernier. 
    Et bien que sénateur depuis quatre ans, Ted Cruz n'a pour 
l'instant obtenu le soutien officiel d'aucun de ses collègues. 
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur les primaires:  ID:nL8N15G1ZD  
 
 (Avec Megan Cassella, Alana Wise et John Whitesides; 
Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français) 
 

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