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Trente otages tués lors de l'assaut en Algérie

Reuters18/01/2013 à 09:00

TRENTE OTAGES ET ONZE DJIHADISTES TUÉS DANS L'ASSAUT DES FORCES ALGÉRIENNES

par Lamine Chikhi

ALGER (Reuters) - Trente otages et au moins 11 islamistes ont été tués jeudi lors de l'assaut donné par les forces spéciales de l'armée algérienne sur le complexe gazier de Tigantourine dans l'est du pays, pour libérer plusieurs dizaines d'Algériens et d'étrangers retenus prisonniers, a-t-on appris auprès de la sécurité algérienne.

Selon cette source, huit Algériens, deux Japonais, deux Britanniques et un Français figurent parmi les otages tués. La nationalité des autres victimes dans les rangs des otages ainsi que de ceux qui se sont échappés restait inconnue jeudi soir.

D'après cette même source de la sécurité algérienne, onze djihadistes au moins, dont un ressortissant français, ont également trouvé la mort lors de l'opération.

Dans ce groupe figurent deux Algériens, dont le chef du commando djihadiste, Tahar ben Chened, décrit comme un éminent djihadiste au Sahara, de même que trois Egyptiens, deux Tunisiens, deux Libyens et un Malien.

Peu de détails ont été fournis sur cette opération, y compris aux pays dont sont originaires les otages qui, pour certains, n'ont pas cherché à dissimuler leur irritation.

Les gouvernements américain, norvégien, roumain et autrichien ont annoncé que leurs ressortissants figuraient parmi les otages.

L'opération a semble-t-il duré huit heures. Les ravisseurs avaient demandé à quitter le pays avec leurs otages, mais les autorités algériennes ont refusé, selon les déclarations du ministre de la Communication Mohamed Saïd à l'agence APS.

"Quand le groupe terroriste a insisté pour quitter le site, et emmener avec lui les otages étrangers dans les pays voisins, l'ordre a été émis aux unités spéciales d'attaquer la position où les terroristes étaient retranchés", a déclaré le ministre à l'agence, qui a indiqué que 600 employés algériens avaient été libérés.

Les installations gazières de Tiguentourine, près d'In Amenas, étaient occupées depuis mercredi matin par des membres de la "Katiba des Moulathamine", issue d'Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui réclamait la fin de l'opération Serval, entamée vendredi dernier au Mali, selon ce qu'ils ont déclaré à une agence de presse mauritanienne.

PAS DE "CHANTAGE"

Mais selon des sources américaine et européenne dans le domaine de la sécurité, il est plus vraisemblable que leur but premier était d'obtenir une rançon, si possible en espèces, ainsi qu'éventuellement la libération d'activistes emprisonnés.

Selon ces sources, les djihadistes avaient prévu leur prise d'otages bien avant l'intervention française au Mali. Selon leurs plans originels, ils avaient prévu de prendre des otages et de les emmener ensuite dans un endroit discret.

Le président français François Hollande a indiqué que cette affaire dramatique montrait qu'il avait eu raison d'envoyer des militaires français au Mali pour empêcher les islamistes, qui tiennent le nord du pays, de progresser vers le sud jusqu'à la capitale Bamako.

Jay Carney, le porte-parole de la Maison blanche, a déclaré que les Etats-Unis partageaient "l'objectif de la France consistant à ne pas permettre aux terroristes de transformer le Mali et l'ensemble de la région (du Sahel, ndlr) en sanctuaire".

Un porte-parole du gouvernement algérien, qui n'a pas donné de bilan précis du nombre de morts, a évoqué l'attitude "intransigeante" des activistes pour expliquer l'intervention des forces algériennes. Il a indiqué que, comme durant la guerre civile menée par les autorités algériennes contre les islamistes dans les années 90, l'Algérie ne négocierait pas, ni ne céderait au "chantage" des "terroristes".

Selon un employé algérien du complexe ayant réussi à s'échapper, les preneurs d'otages avaient indiqué qu'ils n'avaient pas l'intention de s'en prendre aux musulmans mais qu'ils tueraient les otages "chrétiens et infidèles". Selon le témoignage de cet homme, les activistes semblaient avoir une bonne connaissance de la configuration des lieux et employaient le vocabulaire de l'islamisme radical.

Jeudi, le président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP) a annoncé que des entreprises françaises envisageaient de rapatrier leurs employés des "zones à risque" dans le monde, notamment d'Algérie, en raison du conflit au Mali et de la prise d'otages dans l'Est algérien.

Les installations gazières de Tiguentourine sont exploitées par un consortium comprenant British Petroleum, le Norvégien Statoil et la compagnie algérienne Sonatrach.

Avec Mark Hosenball à Washington; Jean-Loup Fievet et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Pierre Sérisier


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