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Transformation d'ammoniac: Maxam Tan en liquidation judiciaire
AFP13/01/2021 à 21:21

L'usine de transformation d'ammoniac Maxam-Tan, qui emploie 73 personnes à Mazingarbe (Pas-de-Calais), a été placée mercredi en liquidation judiciaire avec prolongation d'activité pour trois mois, a-t-on appris auprès des représentants du personnel et du tribunal de commerce de Lille.

Filiale du groupe espagnol Maxam, contrôlé par le fonds d'investissement américain Rhône Capital, l'entreprise classée Seveso "seuil haut" et dont les produits entrent dans la composition d'explosifs civils et d'engrais, était en redressement judiciaire depuis le 26 octobre.

Cette décision de mise en liquidation était attendue depuis une audience du tribunal de commerce le 16 décembre.

La période de trois mois doit permettre de vider une cuve où sont stockées environ 1000 tonnes d'ammoniac, matière toxique, qui "engage la sécurité de plusieurs dizaines de milliers de personnes des communes environnantes", selon le préfet du Pas-de-Calais Louis Le Franc à l'AFP.

Le vidage interviendrait après demande du juge-commissaire et du liquidateur aux salariés, qui auront alors une semaine pour dire s'ils l'acceptent ou non. "J'ai l'espoir" qu'ils l'acceptent, a poursuivi M. Le Franc, saluant leur "esprit de responsabilité".

En cas de refus, le préfet ferait appel à "des tiers", une perspective que les salariés jugent "impensable" sur le plan de la sécurité.

Consultés mercredi par le CSE, ils ont par ailleurs voté à 45% en faveur d'une prime de "sécurisation" proposée par le liquidateur judiciaire, et à 18% contre, 35% s'en remettant à la décision du tribunal, selon Stéphane Hugueny, l'un des porte-parole du CSE. Elle serait abondée par la vente de matières premières encore sur le site.

A cette prime, la direction de la maison-mère MaxamCorp a proposé d'ajouter 1,4 million d'euros d'indemnités supra-légales lors d'une réunion dans l'après-midi en préfecture d'Arras.

Les salariés jugent ce montant insuffisant et rejettent le caractère transactionnel, c'est-à-dire non susceptible de recours, de cette prime. Une prochaine réunion de négociation en préfecture est prévue lundi, "sur la base d'une éventuelle nouvelle proposition du groupe Maxam", a indiqué M. Le Franc. L'avocat de la direction de MaxamCorp, Me Laurent Cotret, a dit à l'AFP qu'il allait lui proposer "de travailler sur l'hypothèse de transactions individuelles".

Dans ce dossier, les salariés n'ont eu de cesse de dénoncer une "faillite organisée" de MaxamCorp, qui "nous prend pour des imbéciles, alors qu'on assure depuis des mois la sécurité du site", selon M. Hugueny.

La ministre de l'Industrie Agnès Pannier-Runacher, dans un courrier à la direction le 7 décembre, l'avait vivement mise en cause: "il ne fait pas de doute que la responsabilité du groupe Maxam et de ses dirigeants sera recherchée, dans les mois qui viennent, au titre de différentes fautes et manquements".

La ministre s'interrogeait notamment "sur les conditions dans lesquelles Maxam a cessé brutalement de passer commande" à sa filiale Maxam Tan.

Le préfet, lui, a effectué un signalement au parquet de Béthune sur deux points, concernant "la responsabilité du groupe en matière de risque industriel" et "sur des questions économiques et financières".

Des accusations rejetées par Me Cotret: "rien ne permet d'étayer d'éventuelles responsabilités pénales ou civiles. La décision de fermer le site est claire, elle est liée à un problème de compétitivité. D'ailleurs, lorsqu'on essayé de le céder, aucun repreneur n'a manifesté d'intérêt à des conditions raisonnables".

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