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Syrie-Pas de frappes US contre Assad après l'appel de diplomates

Reuters 18/06/2016 à 03:10
    par Arshad Mohammed et Matt Spetalnick 
    WASHINGTON, 18 juin (Reuters) - Le département d'Etat 
américain a cherché vendredi à contenir les retombées de la 
diffusion d'une note interne très critique sur la position 
américaine en Syrie et ne s'est pas montré favorable à des 
frappes contre le régime de Bachar al Assad, réclamées par les 
signataires. 
    Plusieurs responsables diplomatiques ont estimé que la 
Maison blanche était prête à entendre le point de vue des 51 
diplomates signataires, mais que la note n'était pas susceptible 
de changer la stratégie adoptée par le président Barack Obama en 
Syrie à sept mois de la fin de son mandat. 
    La note, qui utilise un canal de communication interne qui 
permet aux fonctionnaires du département d'Etat d'exprimer des 
vues différentes de façon confidentielle, illustre les 
dissensions au sein de l'administration américaine sur la 
politique menée en Syrie depuis le début de la guerre il y a 
cinq ans.  
    Elle appelle à des "frappes militaires ciblées" contre le 
gouvernement syrien, auxquelles Barack Obama s'oppose depuis 
longtemps, au vu du non respect d'une trêve mise en place fin 
février.     
    Des frappes militaires contre le gouvernement Assad 
représenteraient un changement majeur dans la politique du 
gouvernement Obama qui concentre pour l'instant ses opérations 
aériennes en Syrie sur les positions de l'Etat islamique, via la 
coalition internationale. 
    Rédigée en secret par un groupe réduit, le document 
entendait "déclencher des discussions en interne" mais n'était 
pas supposé devenir public, précise-t-on de source proche du 
dossier. 
    Les 51 signataires, pour la plupart des employés de rang 
modeste, ont peut-être risqué leurs carrières, ont fait valoir 
un certain nombre de diplomates et d'ex-diplomates. Le 
porte-parole du département d'Etat John Kirby a assuré qu'il n'y 
aurait pas de mesure de rétorsion. 
    "Même le département d'Etat du président Obama pense que la 
politique du gouvernement en Syrie est un échec", a commenté Ed 
Royce, président républicain du comité des Affaires étrangères 
de la Chambre des représentants.  
    "L'Iran, la Russie et Assad tiennent les rênes, ils ignorent 
le cessez-le-feu et permettent à Assad de poursuivre des crimes 
de guerre contre son propre peuple", a-t-il ajouté. 
     
    BUT A LONG TERME 
    Conçue pour éviter une implication militaire plus poussée au 
Moyen-Orient, la stratégie du président a été souvent critiquée, 
pour sa prudence jugée excessive. 
    Les dissensions sont marquées depuis août 2013, quand Barack 
Obama a surpris son entourage, John Kerry et le secrétaire à la 
Défense d'alors, Chuck Hagel, en annulant brutalement les 
frappes aériennes qu'il avait promises si les forces d'Assad 
dépassaient la "ligne rouge", à savoir l'usage d'armes 
chimiques. Neuf jours plus tôt, une attaque au gaz sarin avait 
tué près de 1.400 Syriens. 
    "Cette décision a détruit toute crédibilité du gouvernement 
auprès de la Russie, de l'Iran ou d'Assad lui-même", a estimé un 
ex-responsable du département de la Défense impliqué dans les 
décisions en Syrie.    
    Un autre responsable américain, sous le sceau de l'anonymat, 
a souligné qu'il était naturel que "sur une question aussi 
complexe et compliquée que la Syrie, nous ayons une variété 
d'opinions".  
    Jen Friedman, porte-parole de la Maison Blanche, a dit 
qu'Obama était ouvert à une "solide discussion" à propos de la 
Syrie, tout en soulignant que l'équipe du président avait déjà 
étudié un grand nombre d'options. 
    Les responsables de la fuite ont pu avoir un but à long 
terme, au-delà du mandat de Barack Obama. Hillary Clinton, 
probable candidate du Parti démocrate pour l'élection 
présidentielle du 8 novembre, compte en effet parmi ceux qui ont 
encouragé le président, dès le début du conflit, à adopter une 
réponse militaire plus forte contre Bachar al Assad. 
    En visite à Copenhague, le secrétaire d'Etat John Kerry a 
estimé que cette note constituait un "document important" qui 
serait discuté à son retour à Washington. 
    "C'est un document important et je respecte très fermement 
le processus. J'aurai l'occasion de rencontrer les auteurs à mon 
retour", a ajouté le chef de la diplomatie américaine, qui a 
lui-même demandé avec insistance à Obama, sans succès jusqu'ici, 
de se montrer plus ferme envers Assad. 
    Ce sera à John Kerry de voir s'il faut "élever" le câble à 
l'attention du président, indique-t-on dans son entourage. 
    Le directeur de la CIA, John Brennan, a estimé jeudi devant 
le Congrès que Bachar al Assad bénéficiait d'une position plus 
favorable qu'il y a un an de cela, grâce notamment aux frappes 
russes menées contre l'opposition. Il a également indiqué que 
"la capacité terroriste" de l'EI n'avait pas été entamée. 
 
 (Julie Carriat pour le service français, édité par Danielle 
Rouquié) 
 

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