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SYNTHESE-Ukraine-L'Ouest diverge sur le ton à adopter face à Poutine

Reuters07/02/2015 à 18:20

par Stephen Brown et Noah Barkin MUNICH, 7 février (Reuters) - La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu samedi que la livraison d'armes à l'Ukraine ne réglerait pas la crise provoquant les vives critiques d'un éminent sénateur américain qui a accusé Berlin de tourner le dos à ses alliés. L'échange plutôt musclé s'est produit à Munich où est organisée samedi une conférence de sécurité qui a mis en exergue l'absence de consensus chez les Occidentaux. La dernière offensive des rebelles pro-russe a déclenché un nouveau ballet diplomatique, incitant Angela Merkel et François Hollande à se rendre à Moscou pour tenter de convaincre Vladimir Poutine de conclure un accord de paix. De nombreux représentants occidentaux doutent toutefois que le président russe ait une quelconque volonté de négocier dès à présent et ils pensent qu'il préfère sans doute attendre et observer les séparatistes continuer de gagner du terrain en Ukraine au mépris total du protocole de Minsk qui prévoyait un gel du front. ID:nL5N0VH01T A Munich, le président ukrainien Petro Porochenko a une fois de plus réclamé un soutien politique, économique, mais également militaire de la part de ses alliés, faute de quoi, la question ukrainienne ne sera jamais réglée. ID:nL5N0VH08R L'armée ukrainienne a déclaré samedi que des séparatistes pro-russes avaient amplifié le bombardement des forces régulières et qu'elles massaient des troupes apparemment pour lancer s'attaquer aux ville de Marioupol et Debaltseve. ID:nL5N0VH0GS De retour à Berlin, Angela Merkel a admis qu'elle n'avait aucune certitude quant aux chances de succès du plan franco-allemand présenté à Kiev et Moscou. Elle a toutefois catégoriquement rejeté l'idée selon laquelle l'envoi d'armes à Kiev, auquel on commence à songer à Washington, soit de nature à aide à résoudre le conflit. "Je comprends ce débat, mais je crois qu'un surcroît d'armes ne conduira pas aux avancées dont l'Ukraine a besoin. J'en doute fort", a-t-elle dit à Munich. "C'est un fait qu'il (le conflit ukrainien) ne peut pas être résolu militairement, aussi je pense que nous devrions concentrer nos efforts sur d'autres aspects. Il y a déjà une grande quantité d'armes dans la région et je ne crois pas que cela rende plus plausible une solution militaire", a poursuivi la chancelière. MENSONGES S'exprimant après la chancelière, le sénateur américain Lyndsey Graham un républicain présenté comme un "faucon", a remercié Angela Merkel pour les efforts qu'elle a déployés tout en déclarant qu'il était temps qu'elle se réveille et réalise la portée de ce qu'il a qualifié d'agression de Moscou. "En fin de compte, je dis à nos amis européens que cela ne fonctionne pas. Vous pouvez aller à Moscou aussi longtemps que vous le voudrez. Levez vous face à ces mensonges et à ce danger", t-il dit. Il a ensuite accusé la chancelière de tourner le tos à une démocratie qui lutte pour sa survie en rejetant les demandes d'armes présentées par Kiev. Egalement à Munich, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dit avoir de bonnes raisons d'être optimiste après les discussions entre Merkel, Hollande et Poutine. Il a toutefois fustigé l'attitude des occidentaux qu'il a accusés d'avoir soutenu un coup d'Etat responsable de la chute de Viktor Ianoukovitch et de fermer les yeux sur les agissements des nationalistes qui ont selon lui entrepris un nettoyage ethnique dans l'est de l'Ukraine. "Il y a de plus de plus de voix qui s'élèvent à l'Ouest pour soutenir la politique de militarisation de Kiev, de remplir l'Ukraine d'armes létales et de la faire rentrer dans l'Otan", a-t-il dit. "Cette attitude n'aura d'autre conséquence que d'accentuer la tragédie ukrainienne." A Tulle, en Corrèze, François Hollande a estimé que l'initiative qu'il a défendue avec Angela Merkel vendredi à Moscou devant le président russe Vladimir Poutine représentait une des dernières chances pour la paix en Ukraine. "Nous faisons tout avec la chancelière pour qu'il y ait un accord. Mais pour qu'il y ait un accord, il faut que les acteurs eux mêmes l'admettent, le veulent. Ils le cherchent. A nous de les mener vers la conclusion (...)", a dit le président français. Si nous ne parvenons pas à trouver, non pas un compromis, mais un accord durable de paix, nous connaissons parfaitement le scénario. Il a un nom, il s'appelle la guerre", a continué François Hollande. Autre signe témoignant des divergences dans l'approche occidentale vis à vis de la Russie, le commandant en chef de l'Otan, le général Philip Breedlove, également présent à Munich, a déclaré que l'Occident ne doit pas exclure une option militaire en Ukraine, sous la forme de livraisons d'armes et de matériel. ID:nL5N0VH08R "Je ne pense pas que nous devions écarter l'option militaire", a dit le général américain à la Conférence de Munich sur la sécurité, en s'adressant à un groupe de journalistes qui lui demandaient s'il était partisan de la livraison d'armes défensives à l'armée ukrainienne. (Nicolas Delame pour le service français)

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