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SYNTHESE-De nouveaux nuages sur les perspectives économiques en zone euro

Reuters 14/02/2017 à 13:10
    par Francesco Guarascio 
    BRUXELLES, 14 février (Reuters) - L'optimisme sur la vigueur 
de la reprise économique dans la zone euro a été douché mardi 
par une série de chiffres inférieurs aux attentes, qui 
pourraient s'expliquer par les incertitudes pesant sur le 
commerce international sur fond de regain de velléités 
protectionnistes. 
    La croissance économique de la région a été de 0,4% 
seulement au quatrième trimestre, montrent les statistiques 
publiées par Eurostat, un chiffre légèrement inférieur à 
l'estimation initiale. 
    Le produit intérieur brut (PIB) des 19 pays ayant adopté la 
monnaie unique avait initialement été donné en hausse de 0,5% 
sur la période octobre-décembre par rapport aux trois mois 
précédents. 
    Sa révision à la baisse s'explique principalement par une 
chute de 1,6% de la production industrielle en décembre, le 
recul le plus marqué enregistré depuis septembre 2012, due pour 
l'essentiel au ralentissement du secteur des biens d'équipement, 
très dépendant de l'investissement des entreprises.   
    Eurostat a également revu en légère baisse le chiffre de la 
croissance en rythme annuel, à 1,7% contre 1,8%.  
    Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient en 
moyenne une croissance de 0,5% d'un trimestre sur l'autre et de 
1,8% sur un an, comme estimé par Eurostat le 31 janvier. 
    Les chiffres publiés parallèlement mardi par plusieurs pays 
membres dessinent quant à eux des évolutions divergentes. 
L'économie allemande, la première d'Europe, a ainsi rebondi au 
quatrième trimestre avec une croissance de 0,4% - contre 0,5% 
attendu - après 0,1% seulement sur juillet-septembre. Elle 
affiche sur l'ensemble de l'année 2016 une croissance de 1,9%. 
    Le ministère allemand de l'Economie, dans son rapport 
mensuel, évoque un début d'année 2017 "solide" grâce à la bonne 
tenue des commandes à l'industrie et de l'activité dans la 
construction, même s'il souligne une nouvelle fois les 
incertitudes pesant sur le commerce extérieur. 
    Autre bon élève, le Portugal, l'un des pays les plus touchés 
par la crise de la dette au début de la décennie, affiche une 
croissance de 0,6% sur les trois derniers mois de l'année et de 
1,4% sur l'ensemble de 2016, supérieure à la prévision du 
gouvernement, qui tablait sur 1,2%. 
    L'Italie, elle, se classe en milieu de tableau avec une 
croissance modérée de 0,2% sur octobre-décembre et 1% sur 2016, 
conforme aux attentes.   
     
    LA GRÈCE DÉÇOIT 
    En revanche, la Grèce confirme le regain d'inquiétude 
qu'elle suscite chez certains de ses créanciers puisque son 
économie a rechuté fin 2016, se contractant de 0,4% après deux 
trimestres de hausse alors que le consensus donnait une 
croissance de 0,4%.   
    En rythme annuel, le PIB grec n'a augmenté que de 0,3% au 
quatrième trimestre, alors qu'il avait crû de 2,2% sur 
juillet-septembre grâce au soutien de l'activité touristique. 
    L'Union européenne et le FMI prévoient pour l'instant une 
croissance de 2,7% en Grèce cette année et la banque centrale 
grecque table sur un chiffre de 2,5%. Mais ces prévisions 
pourraient être remises en cause par le regain de tension entre 
Athènes et ses créanciers internationaux.   
    Plusieurs économistes se sont dits déçus par le chiffre 
publié pour la zone euro, en soulignant le risque d'une baisse 
de la contribution des exportations à la croissance. 
    Les données disponibles "suggèrent qu'une contribution 
positive de la demande intérieure pourrait avoir été annulée par 
la faiblesse de la balance commerciale", dit ainsi Jessica 
Hinds, de Capital Economics. 
    Pour Howard Archer, chez IHS Markit, "il semble que la 
croissance ait été principalement tirée par la demande 
intérieure; c'est sûrement le cas pour l'Allemagne, la France et 
l'Italie". 
    Dans ses dernières prévisions économiques en date, publiées 
lundi, la Commission européenne explique que les risques pesant 
sur les perspectives de croissance incluent le Brexit et les 
"perturbations potentielles des échanges commerciaux", référence 
à peine voilée au discours protectionniste du président 
américain, Donald Trump.   
    Les derniers chiffres pourraient fournir des arguments à la 
Banque centrale européenne (BCE) pour prolonger une politique 
monétaire très accommodante en dépit de la remontée récente de 
l'inflation, à 1,8% sur un an en janvier. 
    Pour l'ensemble de l'Union européenne, Eurostat a fait état 
d'une croissance de 0,5% au quatrième trimestre par rapport au 
troisième, et de 1,8% en rythme annuel. 
    De nouvelles estimations seront présentées le 7 mars. 
    Tableau   
    Les indicateurs de la zone euro en temps réel  ECONEZ  
 
 (avec les bureaux de Berlin, Lisbonne, Rome et Athènes; 
Véronique Tison et Marc Angrand pour le service français) 
 

Les Risques en Bourse

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