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SYNTHESE-Cameron obtient de Bruxelles un accord "anti-Brexit"

Reuters20/02/2016 à 02:05
    * Un accord à l'issue de difficiles négociations 
    * Cameron appelle les Britanniques à rester dans l'Union 
    * Le référendum devrait se tenir en juin au Royaume-Uni 
 
    par Jan Strupczewski et Elizabeth Piper 
    BRUXELLES, 20 février (Reuters) - Les dirigeants européens 
ont conclu vendredi un accord visant à persuader les 
Britanniques de rester dans l'Union européenne, pour lequel 
David Cameron a promis de faire campagne "de tout son coeur et 
de toute son âme".  
    Après deux jours de difficiles négociations avec ses 
partenaires de l'UE, le Premier ministre britannique s'est 
félicité d'un compromis qui donne selon lui un "statut spécial" 
à son pays au sein des Vingt-Huit, "statut spécial" dont Londres 
bénéficie depuis longtemps, a toutefois nuancé le président du 
Conseil européen Donald Tusk.  
    L'accord conclu vendredi soir à Bruxelles, lors d'un Conseil 
européen qui s'est prolongé plus tard que prévu, garantit 
explicitement à Londres une exemption concernant l'objectif 
d'une "Union sans cesse plus étroite", offre des concessions 
importantes sur les prestations sociales versées aux 
travailleurs européens installés dans le pays et préserve les 
avantages de la City. 
    David Cameron, qui doit faire face à un vaste mouvement 
eurosceptique au sein de son propre parti conservateur, a fait 
savoir qu'il le recommanderait dès samedi aux membres de son 
gouvernement et défendrait le maintien du Royaume-Uni dans l'UE 
lors du référendum qu'il compte organiser dans les prochaines 
semaines. Le Premier ministre britannique a promis d'annoncer 
rapidement la date de cette consultation, attendue le 23 juin.  
    "Je suis convaincu que nous serons plus forts, plus en 
sécurité et en meilleure posture à l'intérieur d'une Union 
européenne réformée", a dit David Cameron.  
    "C'est pour cela que je ferai campagne de tout mon coeur et 
de toute mon âme pour convaincre le peuple britannique de rester 
dans l'Union européenne réformée que nous avons réussi à obtenir 
aujourd'hui." 
     
    "COMPROMIS ÉQUITABLE" 
    La réaction des eurosceptiques n'a pas tardé, le mouvement 
"Vote Leave" dénonçant un "accord creux" mauvais pour le 
Royaume-Uni.  
    Lors de sa conférence de presse, David Cameron s'est dit 
déçu mais pas surpris par la décision d'un de ses plus proches 
alliés, le ministre de la Justice Michael Gove, de faire 
campagne pour la sortie de l'UE. Il a laissé entendre que 
d'autres membres du Parti conservateur pourraient prochainement 
rejoindre le camp du "Brexit" (sortie du Royaume-Uni de l'UE). 
    Les Britanniques restent partagés sur la question du 
maintien ou non dans l'Union européenne. Selon un sondage TNS 
publié vendredi, les personnes favorables à une sortie de 
l'Union européenne ont deux points d'avance sur les partisans du 
maintien, à 36% contre 34%.   
    "Désormais, l'accord est là et c'est au peuple britannique 
de décider", a résumé le président de la Commission européenne 
Jean-Claude Juncker au terme de ces discussions marathon. 
    La chancelière allemande Angela Merkel a salué un "compromis 
équitable" et le président français François Hollande un accord 
qui "ne gêne pas la marche vers l'avenir de l'Europe".  
    Les négociations ont longtemps bloqué sur deux sujets : la 
volonté de David Cameron d'obtenir un statut particulier pour la 
réglementation et la supervision des institutions financières 
britanniques et les limites de la réduction des prestations 
sociales, notamment des allocations familiales, dont bénéficient 
les salariés de pays de l'UE installés en Grande-Bretagne.     
    La persistance de divergences, après une série de réunions 
bilatérales vendredi s'est traduite par des reports successifs 
de la réunion plénière des chefs d'Etat et de gouvernement, 
d'abord à 14h30 (13h30 GMT), puis 15h30, puis 16h00, puis 20h00. 
Il a ensuite été demandé aux dirigeants des Vingt-Huit de 
réserver une nuit d'hôtel supplémentaire. La conclusion de 
l'accord a été annoncée vers 23h00.  
     
    BAISSE DES PRESTATIONS 
    Sur le plan de la régulation financière et bancaire, 
l'accord souligne la nécessité d'un "terrain de jeu équitable". 
Il donne au Royaume-Uni la possibilité de superviser ses 
institutions et marchés afin de préserver la stabilité 
financière, cela "sans porter préjudice" aux prérogatives 
actuelles de l'UE en la matière.  
    Concernant les prestations sociales, David Cameron a obtenu 
de pouvoir en priver les travailleurs des autres pays membres 
pendant une période de quatre années lorsqu'il s'agit de 
nouveaux arrivants.  
    Cette clause, un "frein d'urgence" que le Royaume-Uni pourra 
mettre en oeuvre sur une période de sept ans, ne s'appliquera 
pas aux migrants européens travaillant déjà dans le pays, dont 
le nombre est supérieur à un million.  
    Les allocations familiales seront également réduites pour 
les familles dont les enfants vivent dans un autre pays de l'UE, 
une disposition qui concernera dès maintenant tous les nouveaux 
requérants, et tous les allocataires à partir du 1er janvier 
2020. 
    François Hollande s'est félicité que les règles s'appliquent 
à tous. Le Royaume-Uni a des spécificités, a-t-il souligné, il 
n'est par exemple ni dans la zone Schengen ni dans la zone euro, 
"mais en même temps, ce sont les mêmes règles qui s'appliquent 
partout en Europe et qui continueront de s'appliquer. Il n'y a 
pas de dérogation, il n'y a pas de spécificité (...) ce sont les 
mêmes règles, c'est ce à quoi j'ai veillé particulièrement." 
    "Il ne faut pas donner le sentiment que l'Europe, c'est un 
'self service'", a poursuivi le président français. "Il peut y 
avoir une Europe différenciée, il ne peut pas y avoir une Europe 
où chaque Etat vient prendre ce qu'il veut."     
    Les pays du groupe de Visegrad, Pologne, Hongrie, République 
tchèque et Slovaquie, ont jugé que l'accord reflétait leurs 
principales exigences. 
 
 (Avec la rédaction européenne de Reuters; Jean-Baptiste Vey et 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 

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