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SYNTHESE-Berlin réaffirme son soutien à la Grèce, Moscovici à Athènes

Reuters13/02/2017 à 17:24
    par Jan Strupczewski et Joseph Nasr 
    BRUXELLES/BERLIN, 13 février (Reuters) - Berlin a réaffirmé 
lundi sa volonté que la Grèce reste dans la zone euro et le 
commissaire européen aux Affaires économiques et financières, 
Pierre Moscovici, a fait savoir qu'il se rendrait à Athènes 
mercredi pour tenter de convaincre le pays de s'engager sur de 
nouvelles réformes en vue de sauver son plan de sauvetage. 
    Ces déclarations interviennent alors que la Commission 
européenne a annoncé une prévision de croissance grecque à 2,7% 
cette année et à 3,1% en 2018, après des années de récession. 
    Le gouverneur de la banque centrale grecque, Yannis 
Stournaras, a plaidé de son côté pour un accord rapide entre 
Athènes et ses créanciers, affirmant que de nouveaux retards 
relanceraient l'incertitude et pourraient remettre en cause le 
retour à la croissance du pays cette année. 
    "Les négociations sur le plan de sauvetage en sont à une 
phase très critique. La dynamique positive de l'économie doit 
être confortée par la conclusion rapide de la revue", a-t-il dit 
devant la commission des affaires économiques du Parlement grec. 
    "La situation pourrait être bien plus mauvaise par la suite, 
il pourrait être trop tard", a-t-il ajouté, appelant la Grèce et 
ses bailleurs de fonds à finaliser la "revue" des réformes 
entreprises par le pays, préalable au déblocage d'une nouvelle 
tranche d'aide du plan de sauvetage, d'ici la fin du mois. 
    Faute de cette nouvelle tranche du plan de renflouement de 
86 milliards d'euros accordé à l'été 2015, la Grèce se 
retrouverait en défaut de paiement dès le mois de juillet. 
    Au conflit qui s'éternise autour des réformes à mener sur 
l'emploi et l'énergie s'ajoute un désaccord entre la Fonds 
monétaire international et les gouvernements de la zone euro sur 
la viabilité de la dette grecque.     
    Le FMI ne participe pas au troisième plan d'aide de la Grèce 
et ne veut pas y participer tant qu'il n'aura pas l'assurance 
que la Grèce pourra sortir de la spirale de sa dette.  
     
    BERLIN TENTE DE RASSURER     
    Selon le fonds, la dette est insoutenable et un allègement 
est nécessaire. Mais les créanciers de la zone euro jugent le 
FMI trop pessimiste et estiment que si toutes les réformes sont 
mises en oeuvre, il n'y aura pas besoin d'alléger la dette.      
  
    "Le programme lui-même est sur les rails", a déclaré lundi 
Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission chargé de 
l'euro et de la stabilité financière, lors d'un déplacement à 
Francfort. "Le problème, c'est que le FMI s'appuie sur des 
prévisions de croissance et de budget très pessimistes en ce qui 
concerne la Grèce. En outre, il ne rectifie pas ces prévisions 
sur la base de faits, sur la base des résultats réels." 
    Une mission d'experts doit retourner à Athènes cette semaine 
pour ses créanciers afin d'établir son dernier rapport sur 
l'état des réformes engagées, et Pierre Moscovici a fait savoir 
qu'il les rejoindrait mercredi pour aider à boucler la "revue". 
    Le gouvernement allemand s'est également efforcé lundi de ne 
favoriser un accord rapide entre Athènes et ses créanciers. 
    "Depuis des années, les Etats membres de la zone euro, y 
compris l'Allemagne, ont montré une solidarité active vis-à-vis 
de la Grèce avec l'objectif d'amener le pays à une situation 
financière viable et à la croissance économique", a dit Steffen 
Seibert, porte-parole de la chancelière allemande Angela Merkel, 
lors d'une conférence de presse du gouvernement. "C'est une 
mission qui dure depuis des années et nous nous y tenons." 
    Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Martin 
Schäfer, a ajouté de son côté: "Nous voulons maintenir la zone 
euro dans son entier, Grèce comprise, et nous apporterons notre 
soutien à tout que ce qui peut aider la Grèce. C'est pourquoi 
nous voulons que le plan d'aide continue à fonctionner." 
    Le différend entre le FMI et les gouvernements de la zone 
euro porte notamment sur l'objectif à fixer à Athènes en matière 
d'excédent budgétaire primaire, autrement dit hors service de la 
dette.     
    La zone euro veut que la Grèce dégage un excédent de 3,5% du 
produit intérieur brut en 2018 et s'y tienne par la suite. Le 
FMI, lui, juge trop ambitieux cet objectif et pense qu'il ne 
sera que de 1,5%.             
    La Commission européenne a estimé lundi que la dette du pays 
devrait passer de 179,7% du PIB en 2016 à 177,2% en 2017, puis 
170,6% en 2018.    
    Son excédent budgétaire primaire représenterait 3,7% du PIB 
à cet horizon selon la Commission, un niveau supérieur à 
l'objectif de 3,5% convenu avec les créanciers de la zone euro. 
    La Commission prévoit également pour cette année un 
triplement de l'investissement en Grèce à 12% du PIB puis une 
nouvelle progression à 14,2% du PIB l'an prochain.  
    Concernant l'emploi, elle prévoit un taux de chômage en 
baisse à 20,3% en 2018 après 22% en 2017 et 23,4% l'an dernier. 
 
 (avec Francesco Canepa à Francfort et Renee Maltezou à Athènes, 
Claude Chendjou, Henri-Pierre André et Juliette Rouillon pour le 
service français, édité par Véronique Tison) 
 

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