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SYNTHESE 2-Syrie-USA et Russie disent travailler à une trêve à Alep

Reuters02/05/2016 à 19:49
    * John Kerry à Genève pour des discussions sur la Syrie 
    * Moscou et Washington discutent d'Alep 
    * La trêve étendue de 48 heures dans la banlieue de Damas 
    * L'Arabie saoudite demande à Assad de démissionner 
 
    par Suleiman Al-Khalidi et Lesley Wroughton 
    AMMAN/GENEVE, 2 mai (Reuters) - Les Etats-Unis et la Russie 
ont affirmé lundi travailler à étendre à la ville d'Alep 
l'actuelle trêve observée dans plusieurs zones de la Syrie alors 
que l'ancienne capitale économique du pays est le théâtre de 
violences accrues de nature à hypothéquer les pourparlers de 
paix. 
    Le secrétaire d'Etat américain John Kerry se trouve à Genève 
pour tenter d'éviter que les négociations indirectes de paix 
mises en oeuvre avec le soutien de Moscou n'aboutissent à un 
échec. 
    Les autorités syriennes ont annoncé la semaine passée un 
arrêt des combats dans deux zones, Damas et sa banlieue 
orientale ainsi que certaines parties de la province de 
Lattaquié, fief du président Bachar al Assad, mais elles ont 
exclu un arrêt des combats à Alep. 
    Le "régime de calme" ne s'applique donc pas à ce qui était 
autrefois la plus grande ville de Syrie où les forces 
gouvernementales poursuivent leurs bombardements aériens tandis 
que les rebelles pilonnent les faubourgs tenus par les troupes 
du régime. Ces affrontements ont fait plus de 250 morts en une 
dizaine de jours, selon une estimation de l'Observatoire syrien 
des droits de l'homme (OSDH). 
    "Nous nous rapprochons d'un terrain d'entente mais il reste 
pas mal de choses à faire et c'est la raison pour laquelle nous 
sommes ici", a déclaré John Kerry avant une rencontre avec son 
homologue saoudien Adel al Joubeïr. 
    Le chef de la diplomatie américaine a espéré y voir un peu 
plus clair dans les prochains jours dans l'espoir de rétablir un 
cessez-le-feu national. Etats-Unis et Russie ont accepté de 
maintenir des négociateurs à Genève pour travailler à ce sujet. 
    "Les deux camps, l'opposition et le régime, ont contribué à 
ce chaos et nous allons travailler de manière intensive dans les 
prochaines heures pour rétablir la cessation des hostilités", a 
poursuivi John Kerry. 
    Le secrétaire d'Etat américain a eu un entretien 
téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov au cours 
duquel ils ont appelé chaque camp à observer le cessez-le-feu, a 
dit le ministère russe des Affaires étrangères. 
    Un responsable militaire russe, le général Sergueï 
Kouralenko, a indiqué que des discussions étaient en cours pour 
étendre les trêves locales à Alep. 
     
    DE MISTURA A MOSCOU MARDI 
    En conséquence, les difficiles négociations de paix qui se 
tiennent à Genève entre les parties en guerre ont été 
interrompues et aucune date n'a été fixée pour leur reprise. 
Staffan de Mistura a annoncé qu'il s'envolait pour Moscou pour y 
avoir des discussions. 
    Les Etats-Unis et la Russie ont pris les commandes au niveau 
diplomatique dans le dossier syrien, après l'entrée en guerre de 
Moscou à l'automne dernier via une campagne de frappes aériennes 
qui a fait basculer l'équilibre des forces en faveur de son 
grand allié Bachar al Assad. 
    "Le régime de calme" entré en vigueur samedi matin concerne 
la Ghoutha orientale, la banlieue est de Damas et les zones 
rurales du nord de la province de Lattaquié. La trêve de 
Lattaquié était d'emblée prévue pour trois jours. Celle de 
Damas, initialement de 24 heures, a été prolongée de 48 heures. 
    Les combats ont été très durs dans ces deux secteurs. Mais 
ils le sont aussi à Alep, dont Bachar al Assad et ses alliés 
veulent reprendre le contrôle total. La campagne environnante 
est la dernière bande de terre à la frontière turco-syrienne 
dans les mains des rebelles sunnites. 
    A Moscou, le général russe Sergueï Kouralenko a déclaré pour 
sa part que les discussions visant à englober la province d'Alep 
dans un "régime de calme" se poursuivaient. 
     
    "DÉLOGÉ PAR LA FORCE" 
    La télévision publique syrienne a annoncé lundi qu'un 
missile avait touchés les environs de l'hôpital général de 
l'université d'Alep et que plusieurs civils avaient été touchés 
par des tirs de mortiers des rebelles dans les quartiers 
résidentiels de Djamiyat Hay al Zahra dans la partie ouest 
d'Alep. 
    En raison des bombardements intenses, le conseil municipal 
d'Alep aux mains des rebelles a annoncé l'état d'urgence dans 
les zones sous son autorité. On estime à environ 350.000 à 
400.000 le nombre de personnes restant dans les quartiers tenus 
par les rebelles dans ce qui fut autrefois une ville de deux 
millions d'habitants. 
    Dans la campagne au nord d'Alep, d'autres groupes rebelles 
combattent contre l'Etat islamique (EI), qui n'est concerné par 
aucun des cessez-le-feu. 
    Selon Amak, l'agence de presse affiliée à l'EI, les 
djihadistes ont pris les villages de Doudayan, Tel Chaer et 
Likda aux rebelles. Ces villages sont situés au nord d'Alep près 
de la frontière avec la Turquie. 
    L'armée turque a pour sa part annoncé avoir bombardé des 
positions de l'Etat islamique par delà la frontière, notamment à 
l'aide de drones qui ont décollé de la base aérienne d'Incirlik, 
et avoir tué 34 membres de l'EI, a annoncé lundi l'armée turque. 
    Ces frappes, menées en riposte à des tirs de roquettes de 
l'EI contre la province de Kilis, dans le sud-est de la Turquie, 
ont détruit six véhicules et cinq positions de tir du groupe 
djihadiste, a ajouté l'armée d'Ankara. 
    A Genève, le chef de la diplomatie saoudienne, Adel Al 
Djoubeïr, a dit voir dans l'escalade des combats ces derniers 
jours une "violation de l'ensemble du droit humanitaire" et a 
demandé au président syrien de démissionner. 
    "Il peut s'en aller via un processus politique, ce que nous 
espérons le voir faire, sans quoi il sera délogé par la force", 
a ajouté le ministre saoudien aux côtés de John Kerry. 
 
 (Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service français) 
 

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