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Suspense à son comble avant le 1er tour de la primaire

Reuters18/11/2016 à 07:43

FILLON JUGÉ LE PLUS CONVAINCANT

par Sophie Louet et Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon, qui se disputent désormais dans un mouchoir l'investiture présidentielle à droite, ont maintenu intact jeudi soir le suspense en reléguant leurs concurrents au second plan lors du dernier débat avant le premier tour de la primaire.

Pour cette ultime confrontation à sept, les trois favoris s'en sont tenus à une partition personnelle, se gardant de lancer les hostilités, et ont fait valoir leur expérience, notamment sur les dossiers internationaux (élection de Donald Trump, Syrie, lutte contre l'Etat islamique, Europe), face à des outsiders condamnés à se partager les places d'honneur.

A cet exercice, Nathalie Kosciusko-Morizet s'est montrée la plus pugnace, visant clairement à ravir la quatrième place dans les sondages à un Bruno Le Maire de nouveau déstabilisé, moqué sur son aspiration au renouveau ("tu n'es pas un perdreau de l'année", lui a asséné François Fillon), et attaqué sur ses propositions de collège diversifié et de référendum européen.

Après un deuxième débat au parfum de règlement de comptes, où Nicolas Sarkozy avait été malmené par ses ex-ministres et soutiens, le troisième a été exempt d'invectives, à quelques piques près, entre l'ancien président d'une part, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-François Copé d'autre part.

FILLON SE REBIFFE

A tel point que l'ancienne ministre de l'Ecologie, qui a de nouveau taraudé Nicolas Sarkozy sur ses prises de position "climato-sceptiques", a qualifié de "duettistes" l'ancien président et le député-maire de Meaux. Ce dernier, plus en retrait jeudi soir, s'en est pris aussi à François Fillon, en première ligne depuis son embellie sondagière, en dénonçant de nouveau l'imposture présumée de son "programme de rupture".

"S'il faut se faire insulter pour avoir le droit de parler", a réagi Nathalie Kosciusko-Morizet alors que le député de Paris ripostait. "Dans ce cas-là, j'aurais souvent la parole", a ironisé un Nicolas Sarkozy moins crispé qu'à l'habitude.

Fatigue des candidats, tension à l'approche de l'heure de vérité? Les journalistes chargés d'orienter les échanges, non sans confusion, ont été pris à partie par les prétendants à l'investiture emmenés par François Fillon qui se sont rebellés à la fin de l'exercice en choisissant leurs thèmes de discussion.

"On n'est pas là pour s'interpeller", a lancé François Fillon, reprochant aux journalistes "une conception en termes de spectacle, pas en termes de fond".

Porté par une dynamique soudaine, l'ancien Premier ministre, dont la qualification pour le second tour est désormais jugée plausible par les instituts de sondage, a marqué des points à cette occasion, épousant en tacticien le registre de l'autorité.

Interrogé sur les allégations de l'homme d'affaires franco-libanais Ziad Takieddine relatives à un financement libyen de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy a crié en outre à la l'"indignité" et à "la honte" à l'adresse du journaliste qui l'interpellait.

"NOUVEAU DÉPART"

Dans ce semblant de désordre, Alain Juppé, plus en verve que précédemment, et Nicolas Sarkozy, sourire goguenard inamovible, se sont brièvement affrontés, moment rare, sur le thème de l'immigration et de l'"identité heureuse", le maire de Bordeaux reprochant à l'ancien président d'aborder le sujet "par le petit bout de la lorgnette" en privilégiant l'encadrement du regroupement familial.

Plus offensif, le maire de Bordeaux, qui recule dans les intentions de vote au profit de François Fillon selon les sondeurs, a renouvelé ses attaques contre le projet "pas crédible" de suppressions de postes du député de Paris dans la fonction publique (500.000 sur cinq ans) alors que lui propose de supprimer 200.000 à 300.000 postes.

Accusé par ses deux principaux rivaux de préfigurer une "alternance molle" et de prôner un programme d'"une extrême prudence", l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac a promis en conclusion des "réformes radicales" pour réconcilier "la France qui est en forme" et "celle qui peine".

Nicolas Sarkozy, qui a de nouveau joué de son statut d'ancien chef de l'Etat, s'est posé en pacificateur d'une "famille" de droite "dévastée" et marqué sa détermination à "incarner" le "nouveau départ" de la France en 2017.

Fermant le tiercé, François Fillon a exhorté les électeurs à "contredire les sondages et les médias qui avaient tout arrangé à votre place". "Ne faites pas de calculs, ne choisissez pas de voter pour un candidat pour en éliminer un autre. Choisissez de voter pour vos convictions", a-t-il lancé.

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