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Sur le départ, Fabius s'en prend aux USA à propos de la Syrie

Reuters10/02/2016 à 13:45
    * Il met en doute l'engagement d'Obama 
    * Partisan d'une ligne dure contre Assad 
    * Il dénonce la "complicité" de l'Iran et de la Russie 
 
 (Actualisé avec déclarations, contexte) 
    PARIS, 10 février (Reuters) - Laurent Fabius, appelé à 
quitter le gouvernement pour la présidence du Conseil 
constitutionnel, s'est livré mercredi à une charge virulente 
contre les Etats-Unis dans le dossier syrien en dénonçant leurs 
"ambiguïtés" à la veille d'une nouvelle réunion pour relancer le 
processus de paix.  
    Le ministre des Affaires étrangères, dont François Hollande 
a proposé mercredi la nomination à la tête des "Sages", n'a pas 
mâché ses mots envers l'allié de la France dans la lutte contre 
l'Etat islamique en Syrie et en Irak.  
    "Il y a des ambiguïtés y compris dans les acteurs de la 
coalition", a dit à des journalistes Laurent Fabius, partisan 
depuis le début du conflit syrien d'une ligne dure face à Bachar 
al Assad. "Je ne vais pas redire ce que j'ai déjà dit sur le 
principal pilote de la coalition (...), mais on n'a pas le 
sentiment que ça soit un engagement très fort" de leur part. 
    "Il y a la parole mais les actions sont une autre affaire", 
a-t-il ajouté, dans une allusion à la volte-face américaine 
d'août 2013 et à l'abandon de la ligne rouge sur les armes 
chimiques fixée par Barack Obama.  
    Prête à intervenir militairement, la France avait été coupée 
dans son élan par la décision de Washington de solliciter le feu 
vert du Congrès.  
    "Je ne suis pas sûr que l'approche de la fin du mandat de M. 
Obama le pousse à agir autant que son ministre (des Affaires 
étrangères, le secrétaire d'Etat John Kerry-NDLR) le déclare", a 
souligné Laurent Fabius.  
    Mi-janvier, en visite à Paris, le coordinateur de 
l'opposition syrienne Riad Hijab avait déploré un "recul très 
net" des Etats-Unis dans le dossier syrien et avait estimé que 
l'"Histoire ne pardonnera it  pas" au président américain. 
    Au moins 260.000 personnes ont été tuées dans le conflit 
syrien, qui a commencé en mars 2011 sous la forme d'une 
contestation pacifique du régime et s'est transformé 
progressivement, sous l'effet de la répression, en rébellion 
armée, rejointe par la suite par des groupes djihadistes. 
     
    "BRUTALITÉ, COMPLICITÉ, AMBIGUÏTÉ" 
    Sur le terrain, la situation humanitaire s'aggrave et les 
pourparlers de paix sont dans l'impasse. 
    Les discussions indirectes menées sous l'égide de l'Onu 
entre la délégation du régime de Bachar al Assad et celle de 
l'opposition ont été suspendues le 3 février. Une réunion du 
groupe international de soutien à la Syrie - qui comprend des 
représentants de 17 pays - est prévue jeudi à Munich.  
    "L'objectif que la France poursuit, c'est une Syrie libre 
qui puisse défendre ses convictions en paix, d'éviter des morts 
dans tous les coins et que la Syrie ne parte pas en éclats", a 
rappelé Laurent Fabius. "Ce n'est évidemment pas la situation 
aujourd'hui."     
    Le drame de la Syrie aujourd'hui c'est l'addition de 
"brutalité, complicité et ambiguïté", a-t-il estimé. Brutalité 
de Bachar al Assad, "criminel de guerre et qualifié de criminel 
de l'humanité par l'Onu" ; complicité de l'Iran et de la Russie 
qui "ont maintenu Bachar au pouvoir" ; et ambiguïté américaine. 
    A la réunion de Munich jeudi, l'approche de la France sera 
de soutenir l'opposition modérée, d'exiger un cessez-le-feu et 
de demander une transition politique, "c'est quelque chose de 
difficile à obtenir", a reconnu Laurent Fabius. Mais "ce n'est 
pas parce que la position est difficile à défendre qu'il faut 
l'abandonner".  
 
 (John Irish et Marine Pennetier, avec Elizabeth Pineau, édité 
par Sophie Louet) 
 

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