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Soudan du Sud-Le gouvernement largement responsable des famines-Onu
Reuters17/03/2017 à 07:41

    par Michelle Nichols 
    NATIONS UNIES, 17 mars (Reuters) - Le gouvernement du Soudan 
du Sud est pour une large part responsable de la famine qui 
sévit dans certaines zones du pays en conflit, où le président 
Salva Kiir continue de piocher dans la rente pétrolière pour 
acheter des armes, estime un rapport confidentiel des Nations 
unies. 
    Les experts de l'Onu chargés de surveiller les sanctions 
estiment que 97% des revenus déclarés du Soudan du Sud 
proviennent des ventes de pétrole et qu'au moins la moitié du 
budget, et "sans doute bien plus" est consacrée à la défense. 
    "Les revenus des ventes à terme de pétrole ont atteint 
environ 243 millions de dollars (226 millions d'euros) entre fin 
mars et début octobre 2016", déclare le comité onusien dans un 
rapport au Conseil de sécurité consulté jeudi par Reuters. 
    "En dépit de l'ampleur des crises politique, humanitaire et 
économique, ce comité continue de découvrir des preuves de la 
poursuite d'acquisition d'armes par le (...) gouvernement pour 
l'armée sud-soudanaise, le service de sécurité nationale et 
d'autres milices et forces associées", précise le rapport. 
    Les Nations unies ont déclaré plusieurs zones du pays en 
état de famine, et estiment que près de la moitié de la 
population souffre de pénuries alimentaires. 
    Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, compte environ 11 
millions d'habitants. Une guerre civile a éclaté en 2013 entre 
forces gouvernementales fidèles au président Salva Kiir et 
rebelles engagés au côté de l'ex-vice-président Riek Machar, en 
exil en Afrique du Sud.  
    "Les éléments suggèrent que la famine (...) est le résultat 
du conflit prolongé et en particulier, du tribut cumulé des 
opérations militaires menées par le Mouvement populaire de 
libération du Soudan (SPLM/A) au gouvernement (...), du déni 
d'accès à l'aide humanitaire, principalement par le SPLM/A au 
gouvernement et des déplacements de populations liés à la 
guerre". 
    Selon les Nations unies, au moins un quart des Sud-Soudanais 
ont été déplacés par le conflit depuis 2013. 
    Le Conseil de sécurité se réunira jeudi prochain sur le 
Soudan du Sud. La réunion sera présidée par le ministre 
britannique des Affaires étrangères Boris Johnson. 
    Le mois dernier, le pape François a lancé un appel à la 
communauté internationale afin qu'elle fournisse d'urgence une 
aide alimentaire au Soudan du Sud.   
    En décembre, une résolution imposant un embargo sur les 
armes et d'autres sanctions au Soudan du Sud a été rejetée au 
Conseil de sécurité. Dans leur dernier rapport, les moniteurs de 
l'Onu recommandent à nouveau la mise en oeuvre d'un embargo.  
    Les parties prenantes dans le conflit continuent de violer 
les droits de l'homme "dans une impunité presque totale, et un 
manque d'efforts crédibles pour empêcher ces violations ou punir 
leurs auteurs", poursuivent-ils. 
    Des casques bleus de l'Onu sont postés dans le pays depuis 
2011. 
 
 (Julie Carriat pour le service français) 
 

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