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Situation confuse à Diabali, sommet de la Cédéao sur le Mali

Reuters19/01/2013 à 18:33

LA CÉDÉAO RÉUNIE EN SOMMET À ABIDJAN SUR LA FORCE AFRICAINE AU MALI

BAMAKO/ABIDJAN/PARIS (Reuters) - Les forces françaises et maliennes ont repris aux islamistes le contrôle de Konna, verrou stratégique dans le centre du Mali, mais la situation restait confuse samedi devant Diabali, ville conquise le 14 janvier par les djihadistes, à 360 km au nord-est de Bamako.

Un sommet de la Cédéao (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) sur le déploiement au Mali de la Misma, la force ouest-africaine, s'est tenu samedi en Côte d'Ivoire en présence du ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius qui souhaite accélérer le processus.

La prise de Konna le 10 janvier par les islamistes a été l'élément déclencheur de l'intervention militaire française le lendemain. L'objectif de l'opération Serval est d'aider le gouvernement malien à reconquérir le Nord, occupé depuis avril 2012 par des djihadistes liés à Al Qaïda.

En visite à Tulle, dans le sud-ouest de la France, le président François Hollande a répété samedi que cette opération durerait "le temps nécessaire pour que le terrorisme soit vaincu" dans cette région du monde.

Evoquant la prise d'otages sur un site gazier algérien, menée depuis mercredi par des islamistes, le président français y a vu une justification supplémentaire à l'intervention militaire au Mali.

La France mène depuis huit jours des frappes aériennes au Mali et a déployé mercredi des troupes au sol pour contrer l'avancée des groupes islamistes venus du Nord.

Elle espère pouvoir passer assez vite le relais à la Misma, dont les premiers renforts sont arrivés jeudi à Bamako.

Selon le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, 2.000 militaires français étaient présents samedi sur le terrain et le chiffre de 2.500, initialement prévu, sera peut-être dépassé.

Les premiers soldats togolais et nigérians sont arrivés jeudi à Bamako. Des militaires tchadiens et nigériens, en cours de regroupement au Niger voisin, y sont attendus, ainsi que les Burkinabés.

DES ISLAMISTES BIEN ARMÉS

Initialement, la Misma ne devait pas être pleinement opérationnelle avant septembre mais la soudaine progression des rebelles vers la capitale malienne a conduit les pays de la région à hâter leurs préparatifs.

Après la reprise de Konna, des sources au sein de l'armée malienne ont déclaré samedi que les forces françaises et maliennes étaient entrées dans la ville de Diabali, qui aurait été abandonnée par les islamistes vendredi après des bombardements aériens français.

"Les forces maliennes et françaises nettoient la ville, maison par maison, parce que les islamistes ont trouvé refuge dans les habitations", a déclaré un officier malien sous le sceau de l'anonymat.

Ces informations ont été cependant démenties samedi par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, selon lequel aucun combat n'a eu lieu à Diabali. Le ministre français a invité à prendre avec prudence les informations diffusées sur place.

La progression des troupes françaises et maliennes est en partie ralentie parce que les insurgés se fondent dans la population civile, expliquent des habitants.

L'armée française a indiqué vendredi avoir effectué depuis le 11 janvier 110 sorties aériennes, dont 70 ont fait l'objet de frappes.

Les islamistes d'Ansar Dine, du Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'ouest) et d'Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) sont bien armés et offrent une forte résistance grâce, notamment, aux armes saisies en Libye après la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

Selon un sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche, deux Français sur trois (65%) sont pour l'intervention militaire française au Mali, une proportion légèrement plus forte que dans un autre sondage réalisé cinq jours plus tôt par le même institut (63%).

Parmi eux, 20% sont "tout à fait" favorables (-2 points) et 45% "plutôt" favorables (+4) à cette opération qui mobilisait samedi matin 2.900 militaires français, dont 2.000 au sol au Mali.

A l'inverse, 34% des sondés ne sont pas favorables à cette intervention (-3), dont 16% "pas du tout" favorables (+2) et 18% "plutôt pas" favorables (-5).

Bureaux de Bamako, d'Abidjan et de Paris, Guy Kerivel pour le service français

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