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Signes d'amélioration pour une économie toujours déprimée

Reuters06/09/2013 à 15:07

LA CONFIANCE DES MÉNAGES

PARIS (Reuters) - Les signes de légère amélioration de l'économie française se multiplient sans annoncer la franche reprise espérée pour faire reculer le chômage et réduire les déficits publics tout en commençant à alléger la pression fiscale.

La confiance des ménages s'est améliorée pour le deuxième mois consécutif en août, après les plus bas enregistrés à la fin du printemps, les Français étant nettement moins pessimistes sur l'évolution de leur niveau de vie futur.

La confiance reste cependant très en deçà de son niveau moyen de long terme et les détails de la statistique publiée vendredi par l'Insee ne montrent aucune volonté des Français de consommer, même si leur sentiment sur l'opportunité d'épargner recule nettement.

Parallèlement, le ministère du Budget a annoncé que le déficit de l'Etat affichait à fin juillet sa première baisse depuis le début de l'année.

Cette amélioration tient uniquement à la forte hausse des recettes de la fiscalité directe (impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés), tandis que les rentrées de TVA stagnent, signe que la reprise de l'activité se fait toujours attendre.

La hausse de seulement 0,3% du produit de la TVA, la principale recette fiscale de l'Etat, depuis janvier n'est "pas le signe d'un franc dynamisme retrouvé", souligne Denis Ferrand, économiste chez Coe-Rexecode.

Pour Julien Manceaux, économiste chez ING, l'amélioration de la confiance des ménages est un signe supplémentaire que l'économie française se redresse. Mais "il est clair que ces signes ne sont que le tout début d'une reprise qui devrait être lente", estime-t-il dans une note.

Le solde de la balance commerciale s'est dégradé en juillet par rapport à juin, même si son déficit cumulé depuis janvier s'est réduit par rapport à l'an dernier, à 35 milliards d'euros contre près de 41 milliards.

RECUL DES EXPORTATIONS

Le léger recul des exportations sur trois mois par rapport aux trois mois précédents, quand la conjoncture globale était nettement plus difficile, prouve cependant, selon Denis Ferrand, que "l'amélioration climat des affaires reste à confirmer par des données 'dures'".

Ces légers signes d'amélioration interviennent après le rebond surprise du PIB au deuxième trimestre (+0,5%) et à quelques jours de l'annonce par le gouvernement de ses choix fiscaux pour 2014 et de son nouveau scénario macroéconomique.

L'OCDE a relevé mardi sa prévision de croissance pour l'économie française cette année, passant d'un recul de 0,3% encore attendu en mai à une hausse de 0,3%, soit plus que la prévision retenue pour l'instant par le gouvernement (+0,1%).

Pour 2014, l'exécutif a laissé entendre que la prévision actuelle de +1,2% devrait être abaissée, probablement aux alentours de 1%.

Le gouvernement a annoncé parallèlement une inflexion de sa politique fiscale, en promettant l'arrêt des hausses d'impôts pour les entreprises l'an prochain et, plus largement une "pause fiscale" après des dizaines de milliards d'euros de hausses des prélèvements ces dernières années.

Cette inflexion se fait à la faveur du report par la Commission européenne de l'obligation pour la France de réduire son déficit à 3% du PIB, désormais fixée à fin 2015 alors que le gouvernement le prévoyait au printemps pour fin 2014. Ce délai lui donne plus de latitude dans sa politique fiscale.

Il a néanmoins confirmé ces derniers jours le montant des économies prévues pour 2014. Quatorze milliards d'euros d'économies seraient réalisées par rapport à la croissance tendancielle des dépenses publiques, dont neuf milliards pour l'Etat. Concrètement, le budget de l'Etat baisserait l'an prochain de 1,5 milliard d'euros par rapport à 2013.

Au faible niveau actuel de la croissance, l'amélioration de la situation de l'emploi, dont François Hollande a fait une priorité, ne peut quant à elle passer que par l'accélération des contrats aidés décidée par le gouvernement.

La hausse du chômage s'est poursuivie au deuxième trimestre, avec un taux en hausse de 0,1 point à 10,5% en France métropolitaine, son plus niveau depuis fin 1997, et 10,9% avec les départements d'outre-mer.

Jean-Baptiste Vey et Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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